SNCF : la grève cache les médias séparatistes

SNCF : la grève cache les médias séparatistes
Photo de Lukas Kurth sur Unsplash

La SNCF fait grève au travers de ses contrôleurs. Les usagers se plaignent dans les journaux et fondent leurs larmes. Or, personne n’oblige à prendre le train et encore moins de fêter Noël selon des traditions qui remontent à très loin.

Les fêtes de fin d’année laissent place à un déferlement assez inouï de haine sur les réseaux sociaux et au travers des différents médias appartenant à différentes compagnies détenues par des milliardaires. En effet, nous ne reviendrons pas sur le fait que de nombreuses personnes s’attaquent constamment à la constitution, à ses règles et au droit du travail. Qu’importent d’ailleurs les conditions de l’économie en lien avec une inflation qui n’a rien de temporaire, mais qui reste structurelle en lien au travers de choix économiques désastreux. Mais voilà, il faut trouver un sujet nécessaire afin de souffler l’idée qu’il y aurait des travailleurs qui seraient “privilégiés”. Les fables de nombreux médias qu’il faut qualifier de “séparatiste” et soutenu par un “gouvernement séparatiste” en disent long du climat qui règne au sein de l’Hexagone. Dès lors, la SNCF qui s’avère être une entreprise privée sous la forme d’une “Société Anonyme” (SA), c’est-à-dire une entreprise comme de nombreuses autres.

Mais voilà, la SNCF s’avère être une entreprise qui dispose d’une fonction que d’autres entreprises n’ont pas. En effet, lorsqu’un éditorialiste de chez BFMTV se met en grève, au mieux ça faire rire, au pire, c’est comme un événement qui ne semble pas anecdotique, mais qui ne génère aucune perturbation. Les différents grévistes de la SNCF savent très bien que l’objectif n’est pas d’embêter le monde face à une direction nommée par la bouche élyséenne, mais de contenir des acquis voir des conquêtes. Pourtant, l’entreprise ferroviaire nationale (qui ne devrait plus le rester longtemps) monte les uns contre les autres le sait : un cheminot ou un contrôleur a une force de perturbation conséquente, car ils sont au centre d’un service public que les séparatistes macronistes veulent voir fermer afin d’augmenter les profits et les prix.

Toutefois, il semble constant que les règles constitutionnelles pour le gouvernement comme de nombreux citoyens les gavent profondément. Peut-être qu’il y a dans ces différentes formes de protestation une vision constante qui se retrouve en lien avec la loi contre le séparatisme. Évidemment, cela implique le gouvernement, les ministres, Re(co)naissance et ses partis affiliés. En combattant les syndicats, ils combattent la constitution et la République. Une dissolution que nous aimerions bien voir advenir sur le court terme. Or, les dissolutions se réalisent par le gouvernement lui-même. Autrement dit, les séparatistes dissolvent qui ils veulent au nom de lois obscures et scélérates. De mémoire, les conservateurs et les néolibéraux ont toujours été des sympathisant d’un ordre politique martial et promptement réactionnaire comme nous le disions très souvent dans nos colonnes. Ils n’apportent jamais le progrès, mais toujours la réaction.

Nul ne peut douter que j’aie déjà soutenu et soutiendrais à nouveau les différents mouvements sociaux sur les différentes lignes. En effet, les conservateurs et néolibéraux vivent dans le passé et très loin puisque leur modèle date d’avant le Front populaire soit en 1936, c’est-à-dire il y a près de 90 ans. En l’occurrence, je le disais déjà dans un article 2013 :

Au niveau de la SNCF, il s’agit avant de protéger les acquis du Front populaire de 1936, si certains l’ont oublié, c’est grâce à Léon Blum. En effet, nous avons pu voyager tous plus ou moins sur ces réseaux, avant cela était destiné à une certaine élite ou la fameuse troisième classe supprimée que dans les années 1960.

La marche forcée vers le passé au travers de ceux qui appliquent les lois de Bruxelles vous fera apprécier un quotidien horripilant : suppression des trains, suppression des lignes, hausse des prix, etc. Bref, c’est ce que demandent les personnes contre les grèves (et la constitution).

Et la même journée, je rajoutais :

Dès lors, le travailleur qui a besoin de prendre son train pour aller au travail peut voir cela comme une « provocation ». Lui a-t-on dit des conséquences qui le guettent dans les dix – quinze – vingt prochaines années ? Suppression de train régulier, accident en tout genre lié au sous-investissement, retard à foison, etc. Dans les faits, cette grève a pour vocation à améliorer le service public. En effet, nous ne sommes ni du bétail, ni des sardines. Les cheminots l’ont bien compris. Pourtant, les gouvernements successifs de ladite « droite » comme de ladite « gauche » casse le service public pour engendrer dans l’esprit collectif que le rail privé s’avère plus performant. Un mensonge et une omission s’inscrivent dans cette dynamique.

Dans un article, je soulignais déjà ce qui est en train d’arriver au travers de la création de monopole privée sur les lignes ferroviaires :

Dans de nombreux pays, il n’existe pas de concurrence sur les différentes lignes que cela soit au Royaume-Uni ou chez nos voisins allemands. L’ouverture des lignes vers le privé ne signifie en aucun cas l’ouverture à la concurrence. Cette vision de la privatisation des lignes et de la logique de la concurrence ne semble guère se soucier des différents libéraux. Or, ce sont les lignes qui sont privatisées. On assiste dès lors à une multiplication des monopoles privés. L’idée de monopole sur des lignes nécessite que plusieurs compagnies utilisent les mêmes lignes. Or, ces lignes sont détenues par la compagnie elle-même. Autrement dit, la privatisation et l’ouverture à la concurrence sont deux choses différentes. Le premier tend à créer un appel d’offres dans le but de vendre des titres ou actions, alors que le second tend à admettre plusieurs compagnies sur un même trajet. Or, la privatisation programmée ne tend pas à mettre en concurrence les compagnies, mais bien de créer des monopoles privés.

Difficile de faire mieux. Loin d’être madame Irma, nous vivons une époque courue d’avance où il semble nécessaire qu’au travers des différents articles, les éléments permettent d’ajouter que la cacophonie va s’accélérer dans les prochains mois, les prochaines années et la prochaine décennie. La bataille du rail s’avère reposée sur une bataille pour le service public, une notion conçue comme séparatiste par les différents médias bourgeois, ses milliardaires et son gouvernement. Le but inavoué est de démanteler la SNCF afin de créer des trains pour les plus riches séparant le pauvre et le riche. In fine, cela se traduit par la fin de la fraternité considérée comme une valeur constitutionnelle.


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