Newsletter n°5 – la transformation de la lutte des classes

Temps de lecture : 6 minutes

La ligue spartakiste reste un marqueur au sein de l’ultragauche. En effet, les textes tout comme l’analyse ont largement influencé nombre de militants. Rosa Luxemburg a entièrement dédié sa vie à la « cause communiste » et s’est faite assassiner par les corps-francs alliés au SPD durant la semaine sanglante de Berlin au début janvier 1919.

La transformation des secteurs économiques

Le spartakisme s’inscrit dans la ligne où la matérialisation d’une « guerre de classe » entre la bourgeoisie et le prolétariat se manifeste d’une certaine manière par la théorie de la barricade. Par ailleurs, il semble cohérent de souligner qu’une partie des exploités se soulèvent contre le « pouvoir » et « l’ordre politique ». Dans ce cadre, le concept de la « lutte » entre deux camps, dont la quête du pouvoir s’avère fondamentale. Ainsi, nombreux sont les pièges que la « bourgeoisie » met sur le chemin pour entraver la réalisation d’une « démocratie ouvrière », c’est-à-dire une démocratie gérée par les ouvriers eux-mêmes. Cela nécessite également de s’intéresser à la « condition ouvrière » et sa mutation au sein de l’économie capitaliste. Dès lors, la « bourgeoisie » a créé une tendance à transformer les « ouvriers » dans le secteur secondaire vers des « salariés » dans le secteur tertiaire.

La transformation du capitalisme a créé de nouvelles conditions dans l’organisation de la société. Ainsi, il y a une vision tendancielle de transformer et d’individualiser les travailleurs au sein des nouvelles entreprises. De ce fait, les entreprises tendent à créer des conditions visant à détruire la logique interne de tous mouvements allant vers la « lutte des classes ». Dès lors, l’individualisme méthodologique est brandi comme seule vision pour permettre une exploitation toujours plus forcée des salariés. Dans ce cadre, le prolétariat transformé dans un salariat où la « lutte de tous contre tous » s’inscrit dans le Thatchérisme et la « révolution néolibérale ».

L’antithèse du « projet progressiste » est présentée par les détenteurs du monopole du pouvoir économique comme la seule issue possible. Dans le même temps, l’effondrement de l’Union Soviétique a créé une désillusion très forte dans le « socialisme » et la corruption des valeurs du « communisme » nécessite de sous-tendre que le « capitalisme d’État » tel que le cite Léon Trotski dans sa critique vis-à-vis du stalinisme. Dans ce cadre, un « communisme révolutionnaire » s’écarte des différents problèmes bureaucratique. En effet, il existe d’une certaine manière une action offensive des anticommunistes en soulevant les éléments pas très glorieux de certaines figures qui ont commis des crimes contre l’Humanité. De par ce principe, l’échec laisse place à une vision très forte du fait que le « keynésianisme » a subi un enrayement dans les années 70. Ainsi, il n’y aurait guère d’alternative face à la vague « néoconservatrice » et « néolibérale ». Dans ce contexte, les différents projets qui se tinteraient de « marxisme » ou de « keynésianisme » seraient dès lors voués à l’échec.

La « démocratie » est devenue un outil pour permettre à ces derniers de prendre le pouvoir et d’y imposer des « réformes structurelles » modifiant de fond en comble la nature du capitalisme. En effet, le « néolibéralisme » fonctionnerait mieux lorsque les « libertés économiques » sont appliquées dans une vision poussée à l’extrême. Le « monde libre » se base notamment sur une vision où tout est laissé au sort du « marché ». Dans le même temps, les « ultralibéraux » ne portent plus simplement un programme visant à « libéraliser » l’ensemble de la société partout où c’est possible. Le projet « ultralibéral » se fonde en parallèle avec le projet « néoconservateur ». Ainsi, la « révolution » tant promise ne serait qu’un « tsunami obscurantiste » (voir notre article). Il semble nécessaire de voir qu’il y a dans l’extrême-droite la volonté d’instaurer une certaine forme d’illibéralisme, c’est-à-dire une société « ultralibérale » concernant les « libertés économiques » et très autoritaire comme répressive à propos des « libertés démocratiques ».

Dans ce contexte, il convient de souligner que le patronat ne réclame pas nécessairement la défense de la « démocratie libérale », mais simplement d’une vision articulée autour de la « liberté d’entreprendre », la « concurrence libre et non faussée », etc. Sous la vision « néolibérale », se cache en réalité le « bruit des bottes ».

Le « projet capitaliste » tend à modifier dans son ensemble la situation actuelle du prolétariat. Le fait que « l’individualisme méthodologique » prend son ancrage au nom d’une certaine « méritocratie » permet de broyer et ses désirs de « révolution ». De ce fait, les différents partis ou organisations syndicales qui proposent des « appels à la révolution » pour faire tomber les gouvernements successifs se retrouvent face à un élément fondamental : la révolution ne s’anticipe pas, ni se décrète sur des éléments factuels. Elle a pour ambition de créer la « surprise ». Dans le même temps, le « dialogue social » entre les syndicats et le patronat ne peut créer une gestion de fond où les « théories révolutionnaires » se retrouvent entremêlées d’un « compromis de classe », c’est-à-dire une « trahison » vis-à-vis de la « lutte prolétarienne ». Rien ne se gagne avec un dialogue vis-à-vis du patronat. De ce fait, il y a une vision certaine qui se dégage : les « droits sociaux » sont des conquêtes » et non « acquis ».

L’action à travers les mouvements de masse

Les différents mouvements prolétariens qui ont réussi à instaurer de la visibilité ces dernières années dans le champ politique émanait d’une certaine façon dans la spontanéité. En effet, nous relevons dans ce cadre, des points fondamentaux qui transcendent une partie du mouvement des salariés : la pensée sceptique vis-à-vis des syndicats et des partis politiques. Dès lors, la structuration d’un mouvement de masse ne semble plus être dans l’immédiat réaliste.

Dans le même temps, les différents mouvements sociaux de masse déstructurés de tout organe politique se basaient entre sur une absence de culture politique et une vision tendancielle pour l’action critique. Le processus conduit dès lors à ce que des mouvements comme les « gilets jaunes » soient transcendés par l’ensemble des mouvements présents sur l’échiquier politique. En ce qu’il concerne, l’origine du mouvement des « gilets jaunes », il s’agit à l’origine d’une pensée clairement « poujadiste » poussée par la construction d’un « ras-le-bol fiscal » entièrement politisé par les différents pouvoirs.

L’une des questions fondamentales réside dans le coût de la vie s’inscrivait non pas dans la hausse des salaires, mais dans la baisse des « différentes taxes », notamment concernant celles à propos du carburant. Dès lors, il existe d’une certaine manière d’une vision entièrement antagoniste par rapport à la question du « progrès ». Les révoltes contre le coût de la vie sont nécessaires et nous ne reviendrons pas dessus. La question d’une revendication qui fut celle du Parti Communiste Français : « Pain, Paix, Libertés ». Combattre la question du « patronat » s’articule d’une certaine manière dans l’appropriation des « outils de communication » et de combattre les structures internes du capitalisme.

Au lieu de se positionner en faveur d’une critique structurelle du capitalisme, nous avons eu pour ambition une vision amorphe. Or, l’amélioration des conditions de vie ne se traduit pas à travers des « réformettes », mais sur une position claire et nette vis-à-vis de la bourgeoisie. Il semble nécessaire de « politiser » les questions sociales et de rompre avec la dépolitisation actuelle des « mouvements de masse ». Ainsi, le gouvernement a mis en place un ensemble de mesures destinées à relever le « pouvoir d’achat ». La question de l’opposition entre la « bourgeoisie » et le « prolétariat » demeure l’alpha et l’oméga de la « lutte des classes ». La classe dominante domine et dresse le débat. Elle a pour ambition de réduire à néant la culture de ces derniers. Usant de différentes plateformes numériques, les leaders des « Gilets Jaunes » ont utilisé une démarche pour émettre des critiques vis-à-vis de la société. Leurs raisonnements pouvaient être « abstraits » voir « obscures ». La « culture politique » de ces derniers se résumait à être celle des vidéos « Youtube » et encore plus des « réseaux sociaux ».

De ce fait, cette dépolitisation tend à soustraire une partie des « luttes sociales » à la volonté claire d’abattre « le capitalisme », mais de modifier dans le fond quelques structures du « capitalisme ». Autrement dit, le « mouvement de masse » apolitique tend à créer des conditions propres à la « social-démocratie ». Dès lors, il se crée une vision réformiste de la part des « leaders » des Gilets Jaunes.

Les affrontements violents durant le mouvement sur les Champs-Élysées ont clairement effrayé une « partie de la bourgeoisie » pour une réalité d’une politisation du « mouvement autonome » vis-à-vis d’une « classe sociale » qui « accumule le capital ».

La bataille idéologique de « la lutte des classes »

Il convient de constituer la nécessité non pas de démontrer que l’angle de la « lutte des classes » s’avère dépasser, mais au contraire de tendre que la « lutte des classes » n’a jamais été aussi violente lors des mouvements sociaux de ces dernières années. En effet, l’avancée claire et cohérente du néolibéralisme à travers les « réformes structurelles » et la « libéralisation de la société » s’intègre profondément dans une logique de la « lutte des classes », mais dans un contexte où la « bourgeoisie » tend à accroître son pouvoir et en particulier de faire progresser la question de l’accumulation du capital. La « classe dominante » se base également sur la question dans sa possession du « monopole législatif ». Ainsi, le « parlementarisme » comme une vision rhétorique pour changer de fond en comble la société se résume clairement d’une pensée « petite-bourgeoise ». Ainsi, il y a une vision qui ne permet pas à la mise en place d’une « démocratie ouvrière ». Au contraire, il s’agit d’une pensée où le changement peut se réaliser de l’intérieur.

Il existe un courant à l’intérieur du « mouvement alternatif » qui pense que la révolte se traduit à travers les urnes pour intégrer la dynamique la « révolution citoyenne ». Mais cela suggère d’en finir avec la notion d’une « révolution » liée à la contradiction des « classes sociales ».

La pensée prédominante consiste à démontrer factuellement du fait que la « lutte des classes » ne repose guère sur une théorie. De ce fait, les conditions qui opposent la « classe dominante » aux « classes populaires », se renforcent. Les bourgeois ont bien vu que les « classes moyennes » se situaient entre ces dernières. Dès lors, la bourgeoisie essaye d’arracher une « politique sociale » orientée vers les « classes moyennes » à travers la promotion de différentes valeurs, mais il s’agit notamment de créer un « ras-le-bol fiscal » contre les impôts, les cotisations, les taxes (sauf pour la TVA), etc. De ce fait, la société est transcendée par une tendance qui accroît la « lutte des classes » dans sa globalité.

Les différentes « luttes sociales » ne se basent pas sur les « classes moyennes ». Au contraire, ces dernières tendent à se développer et à soutenir les différentes politiques d’ajustement structurelles des différents marchés. La question d’une vision « petite-bourgeoise » ne peut que déboucher sur une vision sociale-démocrate du concept politique. Ainsi, la « social-démocratie » actuelle s’inscrivant dans le « keynésianisme de gauche » n’est que la « roue de secours » du capitalisme.

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