Il y a 150 ans, la Commune de Paris se soulevait

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Il y a 150 ans, des femmes et des enfants se levaient contre le retrait de l’artillerie à Montmartre. La Commune de Paris était née. Les généraux qui avaient capitulé devant Bismarck en cédant l’Alsace et la Lorraine voulaient empêcher que les classes laborieuses s’emparent de l’artillerie.

Les 150 ans de la Commune de Paris

Après des mois de siège intense, les Parisiens tinrent coûte que coûte au prix de nombreux sacrifices. Lorsque les troupes étrangères défilaient dans les avenues de la capitale, le drapeau noir était en berne, signe d’une protestation grandissante. Pendant ce temps-là, sous les ruines du Second Empire, fut proclamée la Troisième République avec à sa tête Mac-Mahon et Adolphe Thiers. Le caractère bourgeois de cette République ne faisait aucun doute. Ainsi, ceux qui avaient pris la tête du pays collaboraient en humiliant les Parisiens. De ce fait, la révolte grondait dans les classes populaires parisiennes. La guerre avait divisé une partie de la population. Lorsque les femmes se soulevèrent face au retrait de l’artillerie de Montmartre. En effet, pour la bourgeoisie de l’époque, il était hors de question de laisser aux classes laborieuses les moyens de se défendre. Une vague de protestation générale gagna la capitale.

La Commune de Paris était née une nouvelle de gouvernance, plus démocratique, plus directe. Il s’agissait de mettre en mettre œuvre la République Sociale de 1848. Dans la continuité du processus révolutionnaire au sein de la République, la Commune de Paris s’attachait profondément aux valeurs républicaines, mais pas celle d’un républicanisme ignorant, obscurantiste et rétrograde. Ainsi, le travail de nuit fut abrogé, la laïcité promulguée, la réquisition des logements vides est mise en application, etc. Ainsi, les mesures prises doivent encore nous inspirer pour mener une campagne d’une part républicaine, mais aussi une campagne pour la reconnaissance de la Commune de Paris. Pourtant, les conservateurs freinent des deux pieds pour éviter toutes reconnaissances légales, notamment sur le plan constitutionnel.

Au moment où les Versaillais célèbrent le champagne de l’accomplissement de la Cinquième République comme étant le fruit de la semaine sanglante.

L’apport politique de la Commune de Paris

En cette période de crise économique, la Commune de Paris a beaucoup de choses à nous apprendre, notamment sur l’apparition spontanée des mouvements révolutionnaires. Pendant que les Versaillais qui s’étaient auparavant réfugiés à Bordeaux, les Communards s’auto-organisaient. Cette expérience de l’autogestion au niveau de la capitale témoigne également d’une alternative profonde au capitalisme et ses formes arbitraires.

Il y a forcément une interrogation dans la représentation nationale. Les élus sont pour la plupart déconnectés de la réalité des classes populaires moyennes. Dans ce cadre, au sein des différents morceaux de musique que j’écoute, je suis tombé sur une pépite rappelant que la politique Versaillaise continue de se mettre en pratique :

Ils disent nous r’présenter, mais connaissent quoi d’nos existences ?
Sont-ils déjà venus dans nos rues histoire de voir c’qui se passe ?
À moi seul, j’te représente plus que ton député
Tes sénateur, ministres et autres fils de …
C’est sinistre, on demande pas la Lune, mais des logis décents
L’État nous répons par quoi, des flics qui abusent du pouvoir lors des descentes
On demande pas grand chose : des emplois, l’État nous répond avec quoi?
Nous envoie quoi ? Des CRS et des convois.

Fonky Family – la Légende

De ce fait, il apparaît cohérent que les partisans du “parti de l’ordre” ne veulent pas entendre parler d’une expérience démocratique et libertaire qui résonna dans l’ensemble du globe. De ce fait, les différentes cérémonies de la Commune de Paris jusque dans le conseil de la ville de Paris. Le fait que la ville soit détenue par “la Gauche plurielle” fait frémir les conservateurs et libéraux de toutes obédiences.

Une République Sociale mise en application

Le drapeau rouge de la Seconde République de 1848 eut un autre échos avec le drapeau noir, symbole du deuil lorsque les troupes étrangères défilèrent dans la capitale. Le drapeau noir fut repris par les anarchistes et le drapeau rouge par les communistes. Tous les deux font partie intégrante du patrimoine historique de la République Française. La République est certes “une et indivisible”, mais l’un de ses mots dans la constitution de la Cinquième République demeure qu’elle réside dans une “République Sociale”.

Dans la vague que le pays actuellement au travers de la “République en Marche” ou encore “Les Républicains” au niveau de la Région, il y a une volonté d’en finir avec la “République Sociale” pour laisser place à la “République Libérale”. Le passage progressif du néolibéralisme à partir 1983 durant le tournant de la rigueur du mandat de François Mitterrand s’est prolongé pendant près de 40 ans pour aboutir à Emmanuel Macron. La “République Sociale” est toujours à la recherche de sa dénomination lorsque les étudiants font des fils d’attente de plusieurs heures dans les banques alimentaires et que les parlementaires continuent à refuser le RSA pour les jeunes de moins de 25 ans.

Le libéralisme est allé tellement loin que la “Commune de Paris – 1871” est une marque sans que cela dérange personne. Ainsi, l’Histoire se retrouve privatisé alors qu’elle est censée appartenir dans son absolu à l’Histoire de France. Une vague de protestation du détournement d’une épopée des communards témoigne d’un capitalisme prêt à tout pour réaliser des bénéfices.

Une délégation à la Préfecture de Police

La Commune de Paris démontre qu’il existe un projet progressiste après l’effondrement de L’État. Dans un contexte où la droite reste particulièrement revancharde autant sur le plan national que local, elle se passerait très bien d’une révolte à caractère national remettant en cause la Troisième République. Ainsi, les projets anarchistes et communistes ne se résument plus à n’être que des utopies, mais des constructions matérialistes de l’Histoire.

La Préfecture de Police née en 1800 sous Napoléon. Elle reste le symbole d’un autoritarisme pour réprimer tous les soulèvements dans la capitale. Sous toutes les expériences progressistes au sein de la capitale, la remise en cause de cette administration sous l’autorité directe du ministère de l’Intérieur fut accélérée.

Karl Marx écrivit :

Puis Paris fut harcelé par les frénétiques manifestations anti-républicaines de l’Assemblée «des ruraux» et par les déclarations équivoques de Thiers lui-même sur le statut légal de la république; parla menace de décapiter et de décapitaliser Paris ; la nomination d’ambassadeurs orléanistes ; les lois de Dufaure sur les échéances commerciales et les loyers, qui menaçaient de ruine le commerce et l’industrie parisiens ; la taxe de Pouyer-Quertier, de deux centimes sur chaque exemplaire de toutes les publications quelles qu’elles soient; les sentences de mort contre Blanqui et Flourens ; la suppression des journaux républicains; le transfert de l’Assemblée nationale à Versailles; le renouvellement de l’état de siège proclamé par Palikao, et aboli le 4 septembre ; la nomination de Vinoy, le décembriseur, comme gouverneur de Paris, celle de Valentin, le gendarme de l’empire, comme préfet de police, enfin celle de d’Aurelle de Paladines, le général jésuite, comme commandant en chef de la garde nationale.

Karl Marx – La guerre civile en France (1871)

Du mur des Fédérés au Sacré-Cœur

Les affrontements se terminant dans le cimetière du Père Lachaise se sont terminés sur le mur des Fédérés où les derniers communards furent exécutés. Pour les survivants, la Troisième République envoya dans le bagne de Cayenne les derniers communards lorsqu’il n’était pas fusillé sur place.

Dans ces conditions les héros qui se soulevèrent contre un pouvoir arbitraire et une République passéiste, symbole d’une défaite absolue. En effet, les intégristes catholiques intégristes virent au rouge le fait que le matérialisme se souleva au nom de la raison face à un obscurantisme. La tentative d’une réécriture du “roman national” pour faire passer les communards pour des séditieux et autres mouvements de fond. `

Dans ce contexte, les “conservateurs” revanchards de près de 100 ans d’attaque contre le catholicisme décidèrent de construire au sommet de Montmartre, la Basilique du Sacré-Cœur. Aujourd’hui, elle reste un des monuments les plus visités au niveau des touristes. La question de l’inscrire au patrimoine national soulève de nombreux débats houleux. En effet, elle résulte d’une philanthropie obscurantiste. Les “classes bourgeoises” et les “notables” effrayés par l’épisode de la “Commune de Paris” mirent la main à la poche pour demander “pardon à Dieu”, notamment dans la “semaine sanglante”.

De nos jours, les progressistes ne rêvent que d’une chose : la destruction de ce monument obscurantiste. S’il le faut, il sera démolit pierre par pierre.

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