Podcast n° 2 : le fédéralisme intégral

Les Fédéralistes Girondins devant le tribunal révolutionnaire
Temps de lecture : 3 minutes

La question du fédéralisme demeure un sujet préoccupant au sein de notre système, notamment dans le cadre de la construction européenne, mais aussi dans les réformes de décentralisation.

Pour un fédéralisme à la Française

La construction d’une forme de régionalisme apparaît comme l’aboutissement d’une politique publique. Toutefois, le fédéralisme demeure proscrit au sein de la constitution à travers l’article premier qui rend indivisible la nation. Ainsi, l’apparition d’une nouvelle république en opposition au “jacobinisme” apparaît opportune. Le retour en force du “girondisme” devient un élément moteur pour dynamiser le tissu démocratique. Toutefois, il apparaît cohérent que le fédéralisme défendu s’inscrit dans une totale opposition avec le fédéralisme libérale et autoritaire.

De ce fait, le fédéralisme intégral apparaît comme nécessaire. Ainsi, il y a manifestement une influence au sein du modèle que nous défendons des théories de Johannes Althusius. Ainsi, l’unité démocratique s’avère être la commune. La capacité de création juridique doit s’inscrire autrement que le fait de prendre des arrêtés. La commune de Paris nous a montrés qu’une commune peut parfaitement se gérer sous la forme des décrets. Ainsi, “le fédéralisme par le bas” apparaît en contradiction avec “le fédéralisme par le haut”. L’un s’enracine dans une bureaucratie et technocratie alors que l’autre permet de tisser le lien entre les habitants et la démocratie locale.

L’abstention réside dans un problème qu’il convient de résoudre. L’éloignement des élus au niveau du Parlement bicaméral des citoyens se traduit par une vision ne s’enracinant pas dans le quotidien de millions de Français. Dans le même temps, les citoyens ne voient pas l’amélioration de leurs conditions de vie. Ainsi, le “jacobinisme” au niveau national tend à créer une frustration de fond chez les personnes vivant hors de l’agglomération parisienne. De ce fait, le régionalisme intervient dans une alternative nécessaire, mais aussi comme le processus ultime de l’ensemble des réformes de décentralisation. Toutefois, il semble nécessaire ne pas créer un “jacobinisme régional”. La région devra également être décentralisée au sein des départements qui eux-mêmes se décentralisent au travers de la Commune.

Le fédéralisme européen : bonne idée, mauvaise application

La technocratie du Parlement Européen et de sa commission européenne apparaît comme une grossière erreur. En effet, la démocratisation progressive des institutions européennes demeure fondamentale. À ce jour, nous sommes dans un statu quo. Ainsi, l’Union Européenne essaye de se fédéraliser, mais n’apporte pas une solidarité entre les pays. La question de l’harmonisation sociale et fiscale demeure prépondérante. De ce fait, le long chemin vers une autre Europe plus solidaire et plus fraternelle. Ainsi, le parcours vers le fédéralisme passe par un ensemble d’obstacles difficile à surmonter, mais réalisable sur la durée.

Dans un contexte de crise sanitaire, nous nous rendons compte que le manque de cohésion au sein de l’Union Européenne sur la stratégie vaccinale par exemple ou le fait d’engager un véritable plan de relance à la hauteur. De ce fait, l’Union Européenne paraît rester sur le bord de la route par rapport aux États-Unis d’Amérique. Sur la question de l’inflation, le fait que la Banque Centrale Européenne puisse faire la pluie et le beau temps sans qu’elle soit soumise au Parlement Européen s’inscrit dans les thèses monétaristes. Or, l’austérité et la rigueur ne peuvent être une politique absolue et un modèle stable. Ensuite, concernant l’inflation, il s’avère qu’elle sera maîtrisée par les différents outils monétaires comme le relèvement du taux directeur. Toutefois, il y a tout de même un risque à long terme d’empêcher le développement de la croissance et de limiter la phase expansive de l’économie.

Ainsi, il faudra réformer structurellement les différents traités de l’Union Européenne afin de rapprocher les peuples. En effet, la construction ne doit pas se baser sur une logique basée sur l’idée préconçue de la cigale et la fourmi. Au contraire, la solidarité intraeuropéenne permettra une plus grande intégration et finalement faire baisser le chauvinisme, le nationalisme et l’extrême-droite.

 

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