L’épargne attire les Français

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L’épargne, symbole d’une consommation différée dans le temps, attire de plus en plus de Français malgré un faible taux. Le Livret A attire de plus en plus de personnes malgré le retour de l’inflation et de son taux proche de zéro. Le moral des ménages n’est pas au plus haut niveau. La crainte de l’avenir se répercute sur la gestion des budgets des ménages.

Une épargne faible, mais attrayante

Dans le contexte économique incertain, l’épargne des Français gonfle progressivement. Le gouvernement souhaite que cet argent aille vers l’économie productive au lieu de dormir dans les banques privées. Nous sommes à un moment où l’inflation risque de réverbérer sur les prix des matières premières. Ainsi, la valeur refuge de l’épargne risque de baisser proportionnellement à la hausse de l’inflation. De telle sorte que les épargnants risquent de devenir les perdant de demain.

Pourtant, la stabilité du taux du Livret A risque clairement de se situer en dessous de l’inflation prévue. Le rendement reste faible, mais il permet de sécuriser l’avenir. L’épargne reste toutefois un moyen de différer sa consommation le temps que la crise sanitaire soit traversée. La peur de se retrouver dans une situation économique instable pousse les épargnants à économiser. Nous assistons aux conséquences de l’austérité et de la politique de l’offrande. L’épargne reste la roue de secours de ceux qui craignent d’un avenir peu radieux. D’une certaine manière, ils ont raison. La crise économique qui succédera à la crise sanitaire risque d’être d’une ampleur inédite.

Un autre Livret plus attrayant et sécurisé apparaît comme fondamental. Le fait de faire sortir l’argent des banques pour les amener dans l’économie sous forme d’investissement où la valeur ajoutée est pérenne. De ce fait, il semble nécessaire de sortir de la crise sanitaire dans un premier temps avant de se lancer dans toutes formes de stratégies de relance de l’économie. Le taux de chômage s’envole avec une hausse des plans de licenciement dans les grandes entreprises. Or, les grandes entreprises sont un pilier pour les sous-traitants et l’ensemble du tissu économique qu’elles génèrent.

Le moral des Français ne va pas fort

Le spectre du déclassement apparaît comme une vision terrifiante. L’ensemble d’une carrière peut s’effondrer en recevant un simple courrier. Face à cela, le moral ne semble pas être au plus haut niveau. Le “moral des ménages” est calculé par l’INSEE dans une vision conjoncturelle. La prochaine parution se fera à la fin du mois prochain. Toutefois, les éléments permettant ce calcul restent alarmants. La crise sanitaire a amputé une partie du budget des ménages et poussé les classes populaires vers les banques … alimentaires. Ainsi, la peur pour les classes moyennes de se voir déclasser au même rang que leurs homologues des classes populaires pousse à prévenir les risques sur l’avenir. Le futur devient une épreuve épouvantable tant, l’incertitude est liée à un ensemble de variables que le ménage n’est plus en mesure de contrôler.

Les aléas de la crise économique provoquent également une certaine amertume face à la baisse de la consommation des ménages en relation avec le chômage partielle. Le “pouvoir d’achat” des ménages malgré les différentes aides gouvernementales a baissé au cours de l’année 2020. Les restrictions sanitaires provoquent également une “baisse de la consommation”. Dans le cadre du néolibéralisme, la loi de l’offre et de la demande bat son plus haut niveau. Si les marchés financiers sont rassurés par les mesures budgétaires creusant le déficit public alors les ménages devraient se sentir rassurer d’un État qui s’adapte par rapport à la situation économique. Pourtant, les effets économiques entre les grandes entreprises cotées en bourse et le salarié ne sont pas immédiates. Les premiers de cordée peuvent voir leur niveau de vie augmenter comme nous avons assisté à l’enrichissement des milliardaires, mais les derniers de cordées peuvent attendre plusieurs années avant que les effets commencent à se faire sentir.

Une reprise économique retardée par les variants

La crise sanitaire aurait pu se terminer sur le début de la campagne de vaccination. Toutefois, le virus a muté dans différentes parties du globe. Ainsi, les variants viennent perturber une politique sanitaire complexe. En effet, les confinements locaux ont été décrétés dans les départements où le taux de reproduction R0 du virus s’avère élevé. Dans ce contexte, les politiques macroéconomiques de relance budgétaire pour faire redécoller l’accroissement de la richesse créée s’avèrent inefficaces. La reprise économique interviendra au moment où la crise sanitaire aura été vaincue tant au niveau national que mondial. Cependant, les efforts demandés en vain risquent de se traduire par un “boom économique” lorsque les conditions permettront l’économie de se trouver dans une phase d’expansion. Au lieu de cela, nous sommes dans une spirale où la décroissance reste omniprésente. Cela permet de répondre aux “décroissants”, la question de l’impact de leur modèle sur les conditions de vie réel qu’il entraîne.

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