Un nouveau confinement dans certains départements ?

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L’année dernière, le confinement a démontré son efficacité dans le cas de la crise sanitaire que traverse le pays en baissant le taux R0. Le taux de reproduction repart en hausse dans certains départements où la situation est alarmiste comme à Dunkerque. Les variants sont à l’œuvre. Le Coronavirus s’adapte rapidement. La mutation du SARS-CoV-2 laisse apparaître de nombreuses déclinaisons. Dans un contexte incertain, les mesures de santé publique adviennent urgentes.

Une mutation rapide demande une réponse éclair

Aujourd’hui, la troisième vague semble s’emballer. Le plateau de stabilisation de la pandémie reste trop élevé. La mutation du virus nécessite une réponse éclair de la part des autorités publiques. Un confinement total où les départements où sévit la pandémie avec ses variants s’impose. La santé publique demeure un sujet majeur, les questions budgétaires seront remises plus tard dans le cadre d’un débat national. Nous ne pouvons pas prendre le chemin des États-Unis d’Amérique où la barre des 500 000 morts a été dépassée. La santé publique nécessite une stratégie puissante.

Le gouvernement réfléchi sur la question d’un reconfinement partiel dans certains départements. Il s’agit d’une bonne initiative, mais cela ne va pas assez loin. Pour que la méthode utilisée soit efficace, les départements doivent être soumis à des déplacements internes et entre les départements le plus limité possible. De ce fait, la santé reste une affaire publique. Il y a tout de même une réticence de bloquer l’économie. En effet, une baisse de la consommation se traduit par une baisse des recettes. Toutefois, le gouvernement et la majorité à l’Assemblée Nationale ont démontré qu’il y avait de l’argent magique. Par ailleurs, un peu plus, un peu moins de dette publique n’est qu’un regard subjectif au vu de la situation actuelle.

Il n’y aura pas de reprise économique tant que la pandémie dans son ensemble n’aura pas été vaincue. Au même moment, il convient de persévérer dans les politiques préventives et d’agir dans une transparence absolue. Certains collectifs comme “Réinfo COVID” se développent sur la peur et la sensation d’une politique sanitaire défectueuse pour y diffuser des théories complotistes et obscurantistes. Face à cela, l’impatience de reprendre une vie commence à se faire ressentir au sein de la population et la lassitude de la situation laisse perplexe. Un confinement vivace au sein de certains départements semblent nécessaire.

L’État d’urgence sanitaire, héritier de la guerre d’Algérie

La colère gronde contre les mesures de l’État d’urgence sanitaire. Pourtant, si sur le fond, elles sont nécessaires pour faire baisser le R0, sa structuration rappelle les heures sombres de la République. Le confinement reste nécessaire, mais il doit s’établir en dehors de l’État d’urgence sanitaire. Il n’est pas question de transformer ces lois exceptionnelles dans le droit commun comme son grand frère. En effet, sous la mandature législative précédente, la légifération de “l’État d’urgence” dans le droit commun a été votée par les députés de la majorité du “Parti Socialiste” et du parti “Les Républicains”.

Il faut rappeler que la disposition législative dans laquelle nous sommes, reste un résidu de la guerre d’Algérie. Dans ces conditions, il convient de transformer l’ensemble du rouage juridique afin de changer radicalement l’approche en matière de politique sanitaire. Sortir de la structure de l’État d’urgence ne veut pas dire la fin du confinement, mais une articulation légale différente.

Quels effets de sortir de l’État d’urgence sanitaire ? Il s’agit de laisser les collectivités territoriales une plus large autonomie pour appliquer des politiques sanitaires en accord avec l’ARS. La nécessité d’un passage vers le fédéralisme permettra d’un spectre plus large, mais aussi de disposer d’outil législatif propre à chaque région, et des dispositions réglementaires différentes de celles des préfectures en accord avec les dispositions de la région tout comme l’État fédéral.

Toutefois, ne jetons pas la pierre au gouvernement, la France tout comme l’Union Européenne n’était pas préparée pour faire face à une pandémie. Les pays occidentaux apprennent à réagir face à une situation inédite. Les erreurs se traduisent par un “deep learning“. Cependant, la politique sanitaire liée aux réformes structurelles de l’Hôpital public a des conséquences lourdes sur le bilan de la pandémie.

Les beaux jours laissent rêveur

L’approche des beaux jours semble créer un certain relâchement de la population au niveau des mesures de prévention. Il est vrai qu’après plus d’une année, nous voudrions tous rêver d’un relâchement des mesures de restriction. Pourtant, le rêve laisse songeur ceux qui pensent à une solution alternative. Une quatrième vague n’est pas dans l’absolu une hypothèse farfelue, mais cela suggère que vague, après vague, cela sape le moral des Français. Cela se traduit par une certaine morosité, les espaces de libertés qu’il reste sont empruntés et les abus se créent. Toutefois, la vaccination permet d’entrevoir un songe positif sur l’avenir. Le rêve d’un monde différent de celui-ci devient évident. 

Les beaux jours demandent des sacrifices et de rogner une partie des libertés. Le confinement fait partie de cet effort. Mais les outils pour faire reculer la pandémie s’accumulent et des traitements sont en cours d’étude pour diminuer le taux mortalité lié au Coronavirus. La chaleur revient, c’est vrai, mais c’est le bon moment de penser que ce cauchemar laisse apparaître une société nouvelle. 

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