Une loi scélérate contre l’hypocrisie des séparatismes

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La loi contre le séparatisme arrive au point culminant de la politique conservatrice et réactionnaire du gouvernement. Le séparatisme visait une communauté en particulier à savoir les musulmans. Sous la direction de Gérald Darmanin, ancien de la section jeune de l’Action Française, l’islamisme est dans le viseur. Faire reculer cette idéologie s’avère nécessaire. Pourtant, il existe deux autres séparatismes plus violents : le séparatisme des riches et le séparatisme du Front National et consort.

Au moment où il le fallait, la dissolution du Front National s’avérait nécessaire, peu de personnes ont répondu à l’appel. Le néofascisme avance tel un caméléon. Pour arriver au stade tel qu’il est actuellement, les médias et les différentes personnalités ont dédiabolisé la bête immonde afin d’en faire un parti respectable comme les autres. Dans le même temps, il en ressort une base et dans les abysses de son électorat une vision ignare de la société. Maintenant, la question de la dissolution du Rassemblement National ne se pose plus au vu du nombre d’électeurs qu’il pèse dans le champ politique. La tendance conjoncturelle parvient à la hausse progressive au sein de l’Union Européenne d’une frange se radicalisant de plus en plus sur la toile et pouvant passer à l’action à travers des attaques contre des lieux de cultes, des cimetières ou encore des personnes ne partageant pas avec eux : le genre, l’origine ou la religion. Ce séparatisme n’est pas interrogé, mais il pèse lourdement sur le débat politique.

Dans cette dynamique, tous les séparatismes ne se valent pas. Au moment où nous écrivons ces lignes, la sphère droitière se déchaîne en dehors du caractère républicain. Les lois scélérates de notre époque démontrent progressivement une fuite en avant du pouvoir pour prospérer sur une thématique propre à l’extrême-droite. Le débat entre Gérald Darmanin et Marine Le Pen démontre d’une façon ou d’une autre que tous les deux prospèrent sur la démagogie et le populisme légaliste. Nous sommes d’ores et déjà entrer dans une précampagne à la présidence de la République. La copie et l’original s’affrontant rappellent que la démocratie française vacille d’ores et déjà vers des temps obscurs. La construction d’un Islam de France rappelle sans cesse la position néocoloniale de la France. Ainsi, la volonté de créer un “islam républicain” nécessiterait de restructurer l’ensemble de la Loi de 1905 séparant l’État et l’Église. La volonté de réguler l’Islam derrière une volonté républicaine conservatrice laisse apercevoir des jours sombres où la suspicion devient de plus en plus forte à l’égard des mosquées.

La dérive liberticide du pouvoir ne permet pas de lutter structurellement contre l’islamisme et le djihadisme. Il s’agit d’une Loi de façade ajoutant un peu plus la crainte et la peur au sein de la population musulmane. La stigmatisation sans cesse ne permet pas de reconstruire un idéal républicain progressiste. Au contraire, les partisans du modèle versaillais se retrouvent les uns et les autres dans la réaction. La fracture de deux mondes liée à la Commune de Paris et de la Semaine Sanglante permet d’apercevoir l’influence de certains micropartis politiques comme le Printemps Républicain et de leurs nuisances au sein du sommet du pouvoir exécutif. L’obsession de l’islam et des islamistes intervient dans une volonté où cette pollution idéologique intervient dans le champ politique où l’islam politique ne recule pas. Désormais, chaque mosquée a désormais une épée de Damoclès au-dessus de la tête où l’arbitraire permet de la faire fermer sous des prétextes officiels. Dans le même temps, le squat de l’Église de saint Nicolas du Chardonnet à Paris n’inquiète pas les autorités. Les intégristes ne sont pas tous logés à la même enseigne.

Et pourtant, la loi de 1905 protège et punit les discours haineux au sein des établissements religieux. Dès lors, les mesures s’inscrivent dans une dérive globalement populiste et autoritaire. Le séparatisme que l’on nous agite n’est ni plus ni moins que le drapeau de la haine. La République possède les outils pour combattre toutes les dérives sectaires, antirépublicaines et amenant sur la voie du terrorisme. Nous sommes face à des amateurs qui possèdent des outils performants liés des différentes lois sécuritaires et de la pérennisation de l’état d’urgence dans le droit commun. La seule chose que l’on puisse dire réside dans le fait que l’État n’a jamais eu autant d’outils pour combattre l’intégrisme religieux.

La question de l’islamisme et du djihadisme ne se réglera pas à travers des lois, dont la finalité aboutie à une hausse de la peur chez les ignorants. Un travail de fond a le mérite de souligner que la loi n’interdira jamais une personne d’avoir des positions extrêmes. Il faut rappeler à Gérald Darmanin que les mosquées affiliées à l’UOIF ont défilé avec un certain nombre d’élus de droite et d’extrême-droite pour s’opposer au “mariage pour tous”. Les valeurs sociétales et la vision sur la famille laissent entrevoir des alliances clairement objectives. Au moment, où la presse de droite parle d’islamo-gauchisme à tout bout de champ. La droite s’allie quand elle en a besoin aux islamistes et djihadistes pour récolter des voix. Ce paradoxe ne les empêchera pas de voter les lois scélérates permettant de couvrir le séparatisme bourgeois et des identitaires.

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