Fillon sur les traces dépressives de Hoover

fillon-hooverFrançois Fillon est l’un des prétendants à la victoire de la primaire de la droite et du centre. Son programme profondément libéral et autoritaire s’inscrit dans la logique de la dévaluation interne.

François Fillon, député de Paris, candidat à la primaire, soutenu par les identitaires entre, a de grande chance de gagner la primaire de la droite, du centre et de l’extrême-droite (de nombreux frontistes ont également participé à cette primaire. Dans ce cadre, son programme s’inscrit dans une rhétorique patronale, avec un programme issu de la société civile dont le principal acteur est le Mouvement des Entreprises de France.

L’augmentation de la TVA de deux point (de 22% contre 20%, 7,5% contre 5,5% et 4,10% contre 2,10% aujourd’hui) entraînera une hausse mécanique des prix de près de 1 à 2%. Cette hausse ne signifie pas pour autant une hausse de l’inflation. En effet, l’inflation est calculée en fonction de la masse monétaire en circulation. La hausse de la TVA a pour objectif de générer près de 16 Mds d’euros afin de “libérer” les entreprises. De plus, cette hausse permet de supprimer l’ISF (qui a rapporté en 2015, près de 5,224 Mds), mais aussi les niches fiscales qui y sont associées, tout en sachant que l’ISF se déclenche si le patrimoine net taxable est supérieur à 1,3 millions d’euros. En complément de mesure d’austérité, cela a pour objectif de baisser l’IS à 25% et  les cotisations sociales patronales. De ce fait, il s’agit d’affirmer que les ménages participeront à la prise en charge partielle de la baisse d’imposition sur les entreprises à travers leur consommation. Cependant, il convient de notifier que plus un foyer a un revenu faible, plus il paye de TVA en pourcentage. De ce fait, ce sont une nouvelle fois, les classes populaires qui seront touchées.  La hausse structurelle des prix ne peut que faire baisser la consommation temporairement le temps du réajustement. Sauf qu’au vu du programme, le réajustement ne suffira pas à ne pas faire baisser la demande.

De même, il a été démontré à plusieurs reprises que les cotisations sociales que payent les entreprises qu’ils appellent le coût du travail ne sont pas proportionnelles au taux de chômage.

La question du droit du travail semble être faite d’un axiom important chez les libéraux de droite comme de gauche, la taille du code du travail (dont certains prennent les commentaires pour des articles de loi) serait proportionnel au chômage. Ainsi, déstructurer le Code du Travail pourrait permettre de faire baisser le chômage. La mesure phare prévu par la droite vient avec la question de la facilité du licenciement, et leur inclusion dans les contrats, afin d’éviter les recours devant les tribunaux pour les entreprises délinquantes. Faciliter le licenciement permet de licencier plus vite, et donc la hausse du chômage. L’une des clauses importantes à son regard est le licenciement pour cause de restructuration d’une entreprise, quand bien même cette dernière ferait des bénéfices. Dans le même temps, les syndicats sont condamnés par les libéraux. Si ces derniers négocient plus de 80 % des accords d’entreprises et de branches, leur tâche sera limitée et les syndiqués seront visés, sanctionnés, réprimés et licenciés au nom de campagne patronale diffusable à la télévision.

L’augmentation du temps de travail à 39h00 ou plus permet la suppression des heures supplémentaires qui étaient réalisées entre 35h00 et 39h00. A défaut d’accord, le taux de majoration est de 25% pour les huit premières heures supplémentaires et de 50% au-delà. Dans le cadre d’un accord, il est prévu par la loi El-Khomri de 10% et ensuite 20%. Pour une personne travaillant 20h00 en plus par mois (soit 40h00 par semaine), les heures supplémentaires seront supprimées. Ainsi 8*0.25 + 12*0.5 = 8 h 00. Le travailleur pourrait perdre 8h00 de travail rémunéré, soit une baisse de son salaire équivalant à 4.4%, avec les paramètres de la Loi Travail, il pourrait baisser de 2.2%. Cela ne peut que s’articuler par le fait de travailler plus, pour gagner moins. Mais, si les personnes travaillent 40h00 payées 35h00, cela équivaut à baisser les salaires de 12.5%. Fillon disait à ce titre : “Tout le monde doit faire un effort, travailler un peu plus et gagner un peu moins. Je n’accepte pas qu’on dise ‘c’est impossible’

Sur la question de la réorganisation de la fonction publique et de la suppression de 500 000 fonctionnaires supplémentaires, cela permet de mettre en évidence que nombreuses structures de l’état essentiel seront fermés. Sa coupe drastique concerne les trois fonctions publiques : l’état, hospitalière et territoriale. Dans le cas, des Hôpitaux à bout de souffle, où les burn-out sont légions, cela revient à augmenter le nombre d’heures effectuées (en plus de celles qui ne sont pas payées), alors que la logique actuelle est justement est la baisse des heures pour faire des économies en matière de RTT. Une somme si importante risque évidemment de créer un taux de chômage supplémentaire. Pour les catégories A/B/C/D/E, le nombre de chômeurs est de 6 238 800 en juillet 2016. Cela veut dire que selon le programme de Fillon, il part avec une hausse mécanique de 6 738 800, soit près de 7 % en 5 ans. Le non-remplacement des personnes partant à la retraite génère immédiatement du chômage. Les chômeurs sont vus comme les responsables de la crise et par une oisiveté conséquente qui débouche mécaniquement à la mise en avant d’une aide dégressive de l’assurance-chômage. Au moment où le chômage est de plus en plus long, cela va précariser les chômeurs. De plus, les entreprises sont incitées à ne pas embaucher, mais augmenter la durée de travail déjà en cours.

On en vient à la question des aides sociales. Comme le voulait l’IFRAP et d’autres think thank patronaux, il n’y aurait plus d’aides adaptés à la personne, mais une aide unique. Ils l’appellent l’ASU (allocation sociale unique) regroupant le RSA, l’APL, l’AAH, etc. Les familles seront encore plus précarisées.

De ce fait, il convient d’affirmer que les revenus baisseront de 2 à 4 %, la consommation de 2 % sans compter la part des aides dans la consommation, qui pourrait se situer aux alentours de 5 à 7 %. Il s’agit d’un cercle dépressif, puisque l’offre des entreprises est adaptée aux besoins du marché.

Enfin, la baisse de 100 Mds du budget de l’état, au moment où celui-ci est déficitaire de 72 milliards d’euros (en 2016). Cela génère un excédent brut de 28 Mds, soit un excédent budgétaire net de 1.2 % du PIB (en considérant que le PIB en 2017 sera de 2 234.47 Mds, avec un taux croissance de 1.2%).

Les moyens mis en place pour arriver à l’application de ces mesures seront évidemment le 49-3, les ordonnances, les débats accélérés et le matraquage de l’opposition sous des nuages de lacrymogènes. La liberté de la bourgeoisie se fait par la répression des classes populaires et moyennes. Tout ce qu’il y a de plus autoritaire pour passer rapidement ces mesures, afin que ces dernières génèrent immédiatement des effets. Dans l’inconscience, ils pensent que les mesures économiques produisent immédiatement les effets du droit, alors qu’il faudra 6 mois à 1 an.

François Fillon parlait d’un climat de révolte, mais avec de telles mesure, la révolte pourrait se transformer au-delà de la révolte. La “révolution libérale” ne se passe pas toujours comme il le souhaite.

On peut clairement affirmer que ces mesures évoquées partiellement vont créer :

  • Une baisse mécanique de la demande
  • Une augmentation du chômage dû à la baisse de la demande
  • Une situation déflationniste : la baisse de la demande avec l’idée que les prix baisseront (conséquence de la politique de l’offre) malgré la hausse de la TVA de 2 points
  • Une hausse de la dette publique : l’augmentation du nombre de chômeurs et de personnes en état de précarité plus ou moins extrême, avec la création d’un cercle d’austérité sans fin
  • Une hausse importante de la paupérisation

Hoover disait que “la reprise est au coin de la rue”. Ne rien faire, tout libéraliser ne fonctionne pas, cela augmente la spirale dépressive.


On passera les sujets sociétaux, puisque ce dernier s’inscrit dans un recul profond ancré autour de la famille traditionnelle et de la nation. Sur le plan international, celui qui avait écrit “vaincre le totalitarisme islamique”, souhaite s’allier avec la république des Mollah d’Iran et subventionner l’organisation terroriste islamiste du Hezbollah. Si les organisations identitaires font le pari de François Fillon, elles font aussi l’affirmation d’un soutien irrémédiable au terrorisme international islamiste, ce qui n’est pas nouveau en somme.

Il paraît que l’un des sujets phares est la “famille”. Mais lorsqu’on voit la manière dont les revenus, les aides vont cruellement baisser au sein des foyers, nous sommes en mesure d’affirmer que les foyers / familles sont bien dans le cœur du viseur de François Fillon.


Il n’y a pas de scénario Trump comme le montre le sondage ci-dessus. Et encore, il faudrait revenir sur le nombre de voir concernant les élections américaines pour remarquer que les sondeurs ne s’étaient pas trompés. Dans le cadre de cette lecture, on constate que selon le sondage Elabe pour BFMTV du 17 novembre, François Fillon culminait à près de 39%. Il aura fait près de 44.2% dans les suffrages. Avec une marge d’erreur de 5% qui n’est pas grand chose.

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