Le Nigéria pris en étau par Boko Haram – #Bringbackourgirls

bring-back-our-girls-graffiti-1La secte Boko Haram est dans le viseur de l’actualité internationale ces derniers jours. Les sujets sont évidemment très sensibles, puisqu’ils sont des poudrières lorsqu’ils sont maltraités. En effet, le thème comporte une grande dérive et un boulevard pour les plus réactionnaires et les plus islamophobes. Il va de soi qu’il s’agit de traiter un sujet bien spécifique dont le fond réside par la radicalité, l’extrémisme et le totalitarisme de l’application d’une minorité (environ 30 000 personnes) se revendiquant (à tort) de l’islam. De ce fait, il n’y a pas de raison à parler de l’islam dans ce post afin de faire la différence entre les réactionnaires de Boko Haram et ceux qui sont progressistes. Le lecteur en prendra pleinement conscience.

Aussi, il est nécessaire d’éviter toute comparaison avec entre Boko Haram et les différents groupes islamistes terroristes, leurs méthodes d’action et leurs revendications sont en tout point différentes. Les méthodes d’actions de la secte de Aboubakar Shekau sont la barbarie, le pillage, les exécutions de masse. Ils pratiquent le Jihad de la façon la plus extrême qu’ils soit. Chaque année, des dizaines de villages sont réduits à néant et rayés de la carte. Les citoyens de ces villages sont massacrés et exécutés. Des milliers d’innocents sont tués chaque année. Sans minimiser les conséquences d’AQMI et des autres groupes islamistes ainsi que le nombre de morts et d’attentat terroriste, l’ordre de grandeur parait effectivement différent. Face à toutes ces tueries dans le Nord du Nigeria, Amnesty International n’a pas hésité à qualifier ses actions comme « Crime contre l’Humanité » [1] .

Dans le communiqué Makmid Kamara, , spécialiste du Nigeria à Amnesty International argumente que « ces homicides et le fait que ces groupes armés prennent systématiquement pour cible des personnes ordinaires constituent des crimes contre l’humanité. Les auteurs présumés de ces exactions, y compris les chefs des groupes armés responsables, doivent être traduits en justice dans le cadre de procédures équitables ».

Les Nigérians sont au courant de ce problème, un article du journal Le Monde titrait : « Au Nigeria, ” Boko Haram est une menace permanente” » [2] . La toile se réveille, mais l’article montre bien que les exactions existent depuis près de trois ans de manière massive.

Les lycéennes âgées de 12 à 17 ans Kidnappées dans la ville de Chibok sont une monnaie d’échange pour les ravisseurs, mais aussi un point de pression internationale comme nous le verrons plus bas. En effet, cela permet d’orienter de manière spectaculaire l’actualité internationale autour de Boko Haram. Médiatiquement parlant, il s’agit d’une opération de communication très bien réussit, puisque tout le monde s’intéresse à cette secte. On pourrait vraiment comprendre que la secte cherche de réel ennemi potentiel, afin de commencer une autre étape dans son processus de radicalisation. La secte avait déjà commis des enlèvements, mais ce n’est que la première à un enlèvement d’un telle intensité.

La secte nigériane Boko Haram depuis l’enlèvement de près de 200 lycéennes dans le Nord du pays n’a cessé de rentrer dans une stratégie de provocation basée sur la peur du prostitution, véritable fléau au Nigeria. Depuis, mi-avril, nous avons que peu de nouvelles de ces filles. La situation parait effectivement alarmante. Les provocations de Boko-Haram ne cessent de grandir.

« Comment est-il possible qu’à l’ère des drones, de Google Map et des frappes aériennes, plus de deux cents jeunes filles aient pu disparaître sans laisser de traces ? », a déclaré Hadiza Bala Usman, l’organisatrice de la marche et le début de la campagne #Bringbackourgirls.

Sans le savoir, vraiment la première manifestation numérique individuelle d’ordre internationale dont un ensemble de personnalités prennent le relai de cette campagne commencée au niveau local pour le globaliser. Des manifestations de ce fait ont lieu un peu partout sur l’ensemble de la planète, même après un mois de captivité. La mondialisation de la lutte pour la libération des otages grandit. Cette campagne est toutefois contradictoire, en effet si un bon fond laisse envisager une réelle libération de ces jeunes filles, certaines personnalités le font de manière opportuniste.

Aussi, le trafic d’être humain touchant actuellement le Nigeria reste aussi un problème majeur. Goodluck Jonathan, dans la limite de ses fonctions doit pouvoir mettre en avant une politique vers l’Humanité et contre le fléau qui touche son pays. La prostitution et les mariages forcés existent à travers un réseau structuré, il a les moyens de se battre pour contre Boko Haram par tous les moyens à sa disposition. Ensuite, il est important de réformer son armée, afin qu’elle soit d’avantage professionnel qu’actuellement, afin qu’elle soit respectée et appréciée de sa population, ce qui n’est pas le cas du fait des méthodes appliquées.

Toutefois, face à la monter de tout intégrisme, il est nécessaire de se soulever, je crois que le but est au final que ces jeunes filles soient libérées et que le Nigeria reprennent la pleine souveraineté de son territoire sans aucune intervention des forces étrangères.


[1] Voir : http://www.amnesty.fr/Presse/Communiques-de-presse/Les-tueries-perpetrees-dans-le-nord-du-Nigeria-constituent-des-crimes-contre-humanite-10895
[2] Voir : http://www.lemonde.fr/afrique/article/2014/04/17/nigeria-boko-haram-est-une-menace-permanente-pour-les-habitants_4402698_3212.html

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