La Drauche

C’était en Novembre 2013.

J’ai utilisé ce terme dans mon dernier article : « la VIème République doit arriver et vite ! ». C’est un néologisme volontaire de ma part. Certains ont pu être surpris et d’autres se sont posés plein de questions autour de la définition de ce mot-là. J’en suis tout à fait conscient. C’est pourquoi je souhaitais revenir dessus.

La drauche est le rapprochement du mot droite et du mot gauche. Celui qui se prétend de gauche et qui mène une politique de droite, appartient à la drauche.

Le discours traditionnel de François Hollande le 31 décembre devant les télévisions à l’occasion des vœux de bonnes années, fait partie de cette grande démonstration. Le Parti Socialiste se réclame de Gauche vient de franchir un cap historique dans son histoire et l’Histoire de la République Française. C’est que vrai que le Parti socialiste est de droite, mais je devais trouver une expression péjorative, chose désormais faite.

Si le Parti Socialiste a choisi la voie qu’il emprunte actuellement, il doit assumer son choix. Cela passe par le désir de toutes les personnes qui appartiennent à la gauche, la vraie, de réaliser une expulsion idéologique du Parti socialiste. Mais ce n’est pas nouveau la logique utilisée est la même que celle employée par le SPD en Allemagne, le PASOK en Grèce, le PSOE en Espagne ou le Labor Party en Grande-Bretagne. Ce n’est pas pour rien que tout ces partis ont une volonté commune : celle de sortir de la IInde Internationale. L’Alliance Progressiste fondée le 22 mai 2013 à Leipzig est le nouveau concept du social-libéralisme. À la différence du rassemblement de la IInde Internationale, ce rassemblement « socialiste » se veut sans socialisme et sur néolibéral. C’est pour cela qu’ils ont appliqué la politique de l’austérité.

Le vieux Jaurès, qui était à l’initiative de la création de la SFIO, même s’il se considérait comme un réformiste, n’aurait jamais souhaité que l’évolution du Parti qu’il a crée se fasse dans le but de casser les classes ouvrières et moyennes-basses. La lutte contre la bourgeoisie est belle et bien finie, puisque c’est la bourgeoisie qui contrôle le Parti Socialiste et qui impose sa logique néolibérale. La lutte des classes continue, mais les rapports ne seront plus les mêmes.

Jaurès aurait répété : « Le courage, c’est de chercher la vérité et de la dire, c’est de ne pas subir la loi du mensonge triomphant qui passe ». Ils essayent de nous faire croire qu’un mouton, c’est une vache alors il est nécessaire de réagir. Les faits sont là dans de ce monde de crise systémique. C’est d’affirmer que le Parti Socialiste est parti Bourgeois et de la minorité qui détient les capitaux, c’est bien l’allié de la Finance.

On va me rétorquer sur deux points qui ont marqué l’actualité en 2013 : l’éco-taxe et la taxe à 75%. Pour l’éco-taxe, c’est l’application stricte du principe pollueur-payeur même si la forme de cette taxe est sous la forme d’un PPP. Ensuite pour la taxe à 75%, il n’y a pas de quoi faire un scandale puisqu’elle touche les 2,5 Millions les plus riches, c’est juste une tranche de plus dans l’impôt. Mais il y a un soutien difficilement acceptable aux amis du PS, qui ont sabré l’état en abaissant l’impôt des 100 Mds d’euros et créé le déficit public de la République Française.

La Drauche, c’est vrai que c’est laid comme mot. Mais la politique du PS est aussi d’une certaine laideur. En pleine crise médiatique de l’antisémitisme et de la liberté d’expression, François Hollande a décidé de reprendre à compte le programme de l’UMP dont la mesure phare de Jean-François Copé est la gouvernance par Ordonnance comme le prévoit l’article 38 de la constitution. Il a prévu aussi de renforcer la cogouvernance avec le syndicat Patronal.

Avant je me posais la question :  « le PS est-il encore de Gauche ?», le temps y a répondu.

PLB

Combattons le PS comme nous avons combattu l’UMP

sarko-hollande-sarkozy-hollande-sarko_933729Cela devient de plus en plus récurant et consternant, les citoyens pensent encore que le Parti Socialiste est de gauche sur l’échiquier politique.  C’est vrai que le nom est trompeur, le mot « socialiste » est bien une référence de gauche, je le conçois. Pourtant entre le nom qu’il porte et les actes réalisés, c’est le jour et la nuit. Le mot « socialiste » est dénaturé de son contexte. Le Parti Socialiste est bien un parti de droite, je le conçois, je le dis et je l’affirme encore une fois de plus. La politique du Parti Socialiste est ratée, toute fois, c’est une très bonne politique pour ceux qui votent à droite : ANI, CICE, loi FIORASO, etc. Toutefois, il y a eu la « loi Taubira » sur le mariage pour tous, qui est le seul élément positif depuis le début du quinquennat.

Faut que j’admette que ce n’est pas nouveau  que je m’en prenne autant au Parti Socialiste, j’ai l’occasion d’écrire : « Le PS est-il encore de Gauche? » () :

Le libéralisme de « gauche », ces dernières années s’est accentué sur des valeurs très particulières. Papandréou, Barroso, Zapatéro, Schröder, etc. , sont considérés comme des socialistes et des hommes de gauche. Une gauche basée sur un socle en béton armé des idéologies et des dogmes de droite et d’extrême-droite. Le social-néolibéralisme est en marche, pour une politique de droite, des valeurs de droite, un concept de droite, mais une étiquette de gauche.

J’ai pu écouter comme tout le monde les vœux du Président de la République. Mais je trouve cela consternant, nous allons droit dans le mur, il n’y a pas de mesure de gauche, uniquement les remèdes de droite à travers la rigueur, l’austérité, etc.  La politique que nous avons subie, continuera un peu plus chaque jour fait gonfler l’extrême droite. À titre personnel, je n’ai plus rien à attendre du Parti Socialiste, des élus socialistes qu’ils soient députés, sénateurs, conseillers régionaux ou généraux ou conseillers municipaux. Je pense qu’il faut être franc à ceux qui me lisent, je combattrais le PS et sa politique comme lorsque j’ai combattu la politique de Nicolas Sarkozy. Il y a peut-être quelques bons élus au Parti Socialiste, mais je pense que s’ils sont de gauche, ils doivent rendre leur carte et aller au Front de Gauche.  Libre à ceux de croire qu’Hollande pourra changer quelque chose.

On pourra dire que je suis un gauchiste après avoir lu « le Cri du Peuple », mais non, je vous rassure que non, je ne suis pas malade. Je suis juste droit dans mes bottes. Il en faut dans ce monde de politique où certains ne marchent pas droit et n’ont pas vraiment une vision bornée de leurs idées (sans être sectaire). Il est essentiel d’ouvrir le débat, pour que le Front de Gauche puisse se renforcer de la désillusion du Parti Socialiste afin de rassembler les déçus de gauche qui souhaite une vraie gauche pour une vrai alternative et une politique anticapitaliste.

Pour pallier à cela, à cette mascarade d’un « socialisme » qui a le gout de la droite patronale, il faut se retourner dernière notre drapeau rouge ou noir. « La commune n’est pas morte » écrivait Eugène Pottier est mis en musique sur l’air de T’en fais pas Nicolas de Victor Parizot, le « Socialisme n’est pas mort » pourrait-on dire pour se rappeler qu’il y a bien eu des expériences qui ont fonctionné et mis en avant que le Capitalisme n’est le saint-système, mais plutôt l’origine de tous les problèmes.

Lorsque les zapatistes se soulèvent pour faire face au néolibéralisme, ils mettent en avant un système alternatif proche de l’autogestion et de l’auto-organisation sans passer par le pouvoir de l’état à travers un ensemble de Commune, ils nous ont dits le 21 décembre 2012 à travers une grande manifestation que le néolibéralisme annonçait la fin d’un monde et que la construction est ailleurs.

En partant de ces deux faits-là, la Gauche et l’Extrême Gauche doivent lutter contre le Capitalisme pour en sortir et appliquer un programme que les classes populaires et moyennes adhèreront de manière nette. Avancer avec une vision à long terme. La révolution ne se fera pas en un jour, j’en suis persuadé.

Je pense que l’on ne peut faire de compromis avec ceux qui cassent les luttes ouvrières et les classes populaires et moyennes. Je pense qu’il faut que chacun insiste pour dire haut et fort, le PS est un parti de droite.

PLB