Chômeurs, précaires, intermittents, cheminots : ça va péter !

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La culture au service de la grève des cheminots en mai 68.

La lutte sociale est intense contre le gouvernement de Manuel Valls. Enfoncé dans le pacte de responsabilité, les cadeaux au patronat s’accumulent et les privilèges suivent. De ce fait, les travailleurs doivent payer pour les avantages du patronat et renflouer la crise créée par le patronat et le capitalisme. Dans un moment de crise sociale particulière, la solidarité envers le patronat est agitée avec force, par le Parti qui se réclame du Socialisme et ses alliés sur l’aile droite.

La ratification de l’assurance-chômage, la réforme ferroviaire, etc., tant d’effort pour augmenter les dividendes des actionnaires, le salaire des patronst, mais aussi continuer dans la logique du chômage. On entend au loin, dans ces moments de grèves, des chômeurs nous dirent : « vous n’avez pas le droit faire grève, nous sommes au chômage ». C’est vrai que le chômage n’est pas drôle, c’est même épuisant, parce que le capitalisme n’a pour volonté de créer de l’emploi. Son but reste la création des dividendes, l’augmentation du taux de marge et les profits. Marx admettait que le chômage était « l’armée de réserve » du capital.

Pour les personnes qui n’ont pas d’emploi ou un emploi, le constat est le même.

Une crise pas pour tous le monde en premier lieu pour les entreprises du CAC40

On nous parle que c’est une crise profonde, que les marchés n’arrivent plus à se relever et pourtant depuis l’élection de François Hollande, le CAC40 n’a jamais été aussi haut. Il est aujourd’hui au-dessus 4 500 points. Comme vous pouvez le voir sur le graphique ci-dessus évaluant la courbe sur une période de deux ans, ce n’est pas la crise pour tout le monde. En réalité, la crise économique sert uniquement la même classe alors que les classes populaires et moyennes connaissent le poids de la crise créée par la bourgeoisie.

courbe cac 40Dans le Figaro daté du 03 juin, Roux de Bézieux assure sans rire que « La baisse de la fiscalité des entreprises est une supercherie ». Si c’est une supercherie pour le MEDEF, les citoyens n’ont pas à faire d’effort pour le patronat qu’eux-mêmes ne croient pas dans les mesures néolibérales. Ils le savent très bien, ce n’est pas la production qui créent le travail, mais le carnet de commandes. Le ton moqueur trouve alors une argumentation stérile : « Elle [la baisse des cotisations sociales] va engendrer environ 20 % d’impôts sur les sociétés (IS) en plus ».

D’autant qu’il est à souligner que si le premier partenaire ultralibéral du gouvernement est le MEDEF, ce dernier ne représente une minorité des entreprises et donc une revendication minime de ces dernières. Et pour cause le MEDEF, c’est à peine 10 % des entreprises, soit presque rien.

Le MEDEF représente essentiellement les multinationales et de ce fait, lorsque nous intéressons de près aux aides versés par rapport aux résultats, il y a de quoi d’être déçu, les dividendes toujours plus grands, les licenciés toujours plus.

Scan0057Les intermittents sont pris en étau entre le patronat, le gouvernement et les syndicats jaunes

Dans ce contexte de politique à sens unique, la mobilisation sociale nécessite un soutien populaire massif. Pendant ce temps-là, le ministre de l’Emploi, François Rebsamen, a déclaré dans le rapport remis au Conseil national de l’emploi qu’il « envisage d’agréer la convention du 14 mai et les textes qui lui sont associés », écrit le gouvernement et de ce fait qu’elle « entrera en vigueur le 1er juillet pour une période de deux ans ».

Dans de telles conditions, le gouvernement perd toute crédibilité et s’enfonce dans la logique patronale. Les conséquences sont dores et déjà inévitables. Sur le plan des intermittents, un certain nombre de festivals sera annulé au détriment des citoyens. La culture n’est plus à l’ordre du jour, cela augmentera nécessairement la menace de l’extrême-droite, vu qu’elle prolifère là où la culture baisse en autre. De ce fait, le bras de fer engagé par les intermittents durera autant que c’est possible, les manifestations sont régulières et quasi quotidiennes.

Dans le même temps, la précarisation continuera et le déficit de l’UNEDIC augmentera, puisque n’en déplaisent aux réactionnaires, le trou de l’UNEDIC est créé par l’abus des CDD, c’est-à-dire du patronat. L’exception n’est plus une exception à ce jour et c’est bien cela le problème. Comme le patron considère le CDD comme la règle générale, alors le trou va se creuser … Par conséquent, c‘est au patronat de payer les abus, pas aux salariés.

La rupture du CNR voulu par l’ensemble des personnalités qui se réclament de gauche jusqu’à l’extrême droite, prolongera la crise et notamment la précarisation des travailleurs.

Les cheminots en lutte contre la privatisation et le chaos à la SNCF

La création de trois entreprises autonomes favorisa l’accès à la libéralisation prévue vers 2019. C’est dans ce cadre bien précis que les cheminots sont en grève, et cela, pour le bien des usagers. Il est nécessaire de le rappeler au vu de la propagande médiatique actuelle.

Si certaines centrales syndicales préfèrent le front ouvrier-patronat, il ne reste pas moins que la CGT et Sud prennent les devant pour un vrai service au public pour l’intérêt du voyageur et du citoyen (non du client). Le rapport de force entre les médias bourgeois, la bourgeoisie et le gouvernement face aux ouvriers est significatif de la réalité de la lutte des classes en France tout comme en Europe.

La dégradation des conditions de voyage est voulue par la SNCF afin de permettre aux citoyens non-politisés de penser que la privatisation sera mieux, alors qu’elle ne sera que la poursuite de la dégradation actuelle du réseau et des infrastructures.

Lorsque Pierre Laurent rappelle que le gouvernement ne cesse « de diviser les Français, d’opposer les cheminots aux usagers, les lycéens aux cheminots, les cheminots aux intermittents ». Il a raison, les luttes sont différentes, mais la finalité est la même. Par exemple, ces dix dernières années, l’éducation nationale a également été sacrifiée sur l’Hôtel de l’austérité.

Les soutiens aux cheminots par les utilisateurs se multiplient. Tout en rappelant que les camarades suédois sont en grève depuis deux semaines pour la nationalisation du rail. Une pétition de soutien a d’ailleurs été lancée, elle déclare que : « cette soi-disant « réforme » s’inscrit dans le cadre de la libéralisation du transport européen  et revient à soumettre les transports ferroviaires à la logique du marché alors même que l’échec de l’ouverture à la concurrence dans le fret est patent. Dans la réalité, cela risque encore d’accroître le risque de retards et d’accidents au nom de la rentabilité. »

Aussi qu’on le sache, la déposition du projet de loi n°1468 n’est pas nouvelle, elle a été enregistrée à l’Assemblée Nationale le 14 octobre 2013 sous Jean-Marc Ayrault. Toutes les informations sont présentes sur le site de l’Assemblée Nationale.

Parce que l’examen de la réforme libérale est examiné aujourd’hui, il est plus qu’utile de rappeler les actions du jour :

– Manifestation près de l’Assemblée Nationale vers 10h40
– Occupation Mairie de Lille vers 12h00
– Occupation à Montparnasse vers 13h30, suivie d’une répression

La convergence des luttes se réalise

Au final, malgré l’ensemble des tentatives de divisions de la bourgeoisie et des néolibéraux vis-à-vis des travailleurs en lutte, la convergence se fait de manière brutale et dans la douleur. Les attaques des néolibéraux renforcent la convergence.

La presse libérale face à la grève des cheminots : ça ose tout !

Quelque détour dans la presse libérale et réactionnaire concernant la grève des cheminots face à la réforme ferroviaire. En effet, depuis le milieu de la semaine, les centrales syndicales sont en grève, la presse bourgeoise trouve alors des raisons pour s’en prendre aux cheminots à travers des arguments provocateurs. Le populisme réactionnaire est le pilier du capitalisme et de l’exploitation des travailleurs.

Le Figaro au secours de la Troïka et de la Commission Européenne

lefigaro-coverLe Figaro, journaliste populiste du Milliardaire Serge Dassault, continue dans la provocation libérale et réactionnaire. Le numéro de ce week-end intitulé « SNCF : les grévistes prennent en otage le bac » montre la ligne politique du plus vieux journal français. La symbolique de l’image en dit beaucoup sur la désinformation réelle de cet article.

Quand des grévistes sont comparés à des preneurs d’otages, le malaise entre les otages retenus dans le monde et leur famille est inévitable. Les journalistes dans le monde sont retenus dans certains pays, ils seraient plus d’une trentaine. Le non-respect envers leurs collègues est le plus total. Une indignation terrible surgit alors du citoyen normalement constitué. En effet, lorsque les preneurs d’otages et les cheminots sont comparés alors il est plus qu’évident qu’entre les ravisseurs d’organisation terroriste telle que Boko Haram dans le monde sont mis à égalité avec des travailleurs défendant l’intérêt général face à l’intérêt financier. Cela en dit énormément de la manière dont le capitaliste regarde les travailleurs qui se défendent pour leur cause.

Les otages français dans le monde sont au nombre de deux, afin de mieux se rendre compte de leur calvaire, j’ai souhaité les nommer : Gilberto Rodriguez et Serge Lazarevic. Ils sont détenus depuis novembre 2011 par Al-Qaida au Maghreb islamique (AQMI). D’autant que le 19 mars 2013, AQMI affirmait avoir exécuté Philippe Verdon, âgé de 53 ans, sa mort est confirmée par le président Hollande.

Il est toujours utile de rappeler à la famille Dassault, le préambule de la IVième République : « Tout homme peut défendre ses droits et ses intérêts par l’action syndicale et adhérer au syndicat de son choix ». D’autant que la décision n° 79-105 DC du 25 juillet 1979 du Conseil Constitutionnel rappelle que le droit de grève est un droit constitutionnel. Les cheminots agissent dans leur plein droit et de fait ne sont point des criminels comme le prétend le journal Le Figaro. La tentative de criminalisation du mouvement de grève organisé par la presse bourgeoise dont Le Figaro et bien d’autre appartiennent, nous rappel ce journalisme de bas côté. La défense d’un service public par la CGT-cheminot et Sud-Rail s’inscrit dans une ligne combative face à l’ensemble des mesures libérales venant de la Commission européenne. Dans le cas présent, il s’agit ni plus ni moins que de criminaliser la grève par tous les moyens à disposition sans pour autant parler du fond et de la forme. Ce journalisme de surface ne surprendra plus personne.

Il est vrai que les lycéens passent le baccalauréat la semaine en commençant par l’épreuve de Philosophie. Le Baccalauréat est une épreuve importante dans la vie et difficile, pour l’avoir raté au cours de ma vie, j’en connais le sacrifice qu’il faut donner pour avoir ce diplôme.

Maintenant, lorsqu’il y a une prise d’otages, il s’agit d’un acte souvent réfléchi à l’avance, ce qui n’est pas le cas. Le fait que la loi sur le rail est examinée Mardi et l’échéance du Baccalauréat reste un pur hasard de calendrier. En outre, que veut-on laisser aux jeunes générations ? Le figaro n’en parle pas, alors je tiens à préciser qu’il souhaite un modèle basé sur la compétitivité, la concurrence, la division, les gains pour les actionnaires et donc de la baisse de la qualité, de la sécurité, de la propreté du transport ferroviaire.

Je rappelle tout de fois une fameuse citation de Serge Dassault qui permet de mieux comprendre la position du Figaro : « À quoi ça sert un syndicat ? Ça sert à faire la grève parce qu’on fait des licenciements qui sont nécessaires pour l’entreprise ou parce que l’on veut augmenter les salaires, ce qui aussi nuit à l’entreprise. Reconnaissons qu’ils ne sont pas gentils, les syndicats ! [...] Il faut encadrer le droit de grève [...] la grève politique doit être interdite, la grève de soutien doit être interdite [...] C’est scandaleux. Quand le gouvernement veut réduire le temps de travail [sic] ou augmenter le temps pour la retraite ou les points retraite, on fait la grève mais ça rime à quoi ? On est en anarchie ! ».

Le rêve ultralibéral de Serge Dassault se concrétise par l’intermédiaire de son journal. D’ailleurs, Le Figaro en tant que journal met en avant la politique de la droite forte, tendance de l’UMP. Ainsi, le journal en question est un rideau de fumé qui cache le journal de l’UMP. Le populisme du Figaro invite le lecteur à une stratégie d’action-réaction.

Tout de même, le syndicat des cheminots de Bourg-en-Bresse a écrit un tract à ce sujet pour répondre aux attaques néolibérales :

10302365_296323883867524_5644614278073965345_nLe Monde contre le droit de grève.

Parlons également du dernier édito du journal Le Monde qui se place dans un positionnement particulièrement néolibéral. La volonté de supprimer la grève est la première demande des capitalistes, il ne s’agit d’ailleurs pas d’argumenter de manière différente, on retrouve la même trace que Le Figaro. Ces Médias se servent et manipulent les personnes qui passent le baccalauréat. À un moment donné, il faut assumer le journalisme d’opinion et de conviction face au journalisme neutre.

c3a9dit2A l’étranger, nos camarades suédois nous rappel les dangers de la libéralisation du rail.

Néanmoins, les cheminots suédois sont en grève depuis deux semaines contre l’exploitant Véolia. Le système suédois est un système semi-privatisé. Mais après les diverses mesures prises par le gouvernement suédois, dans un pays où le libéralisme est considéré comme une réussite reste un échec : 70 % des Suédois favorables au retour au monopole public.