La presse libérale face à la grève des cheminots : ça ose tout !

Quelque détour dans la presse libérale et réactionnaire concernant la grève des cheminots face à la réforme ferroviaire. En effet, depuis le milieu de la semaine, les centrales syndicales sont en grève, la presse bourgeoise trouve alors des raisons pour s’en prendre aux cheminots à travers des arguments provocateurs. Le populisme réactionnaire est le pilier du capitalisme et de l’exploitation des travailleurs.

Le Figaro au secours de la Troïka et de la Commission Européenne

lefigaro-coverLe Figaro, journaliste populiste du Milliardaire Serge Dassault, continue dans la provocation libérale et réactionnaire. Le numéro de ce week-end intitulé « SNCF : les grévistes prennent en otage le bac » montre la ligne politique du plus vieux journal français. La symbolique de l’image en dit beaucoup sur la désinformation réelle de cet article.

Quand des grévistes sont comparés à des preneurs d’otages, le malaise entre les otages retenus dans le monde et leur famille est inévitable. Les journalistes dans le monde sont retenus dans certains pays, ils seraient plus d’une trentaine. Le non-respect envers leurs collègues est le plus total. Une indignation terrible surgit alors du citoyen normalement constitué. En effet, lorsque les preneurs d’otages et les cheminots sont comparés alors il est plus qu’évident qu’entre les ravisseurs d’organisation terroriste telle que Boko Haram dans le monde sont mis à égalité avec des travailleurs défendant l’intérêt général face à l’intérêt financier. Cela en dit énormément de la manière dont le capitaliste regarde les travailleurs qui se défendent pour leur cause.

Les otages français dans le monde sont au nombre de deux, afin de mieux se rendre compte de leur calvaire, j’ai souhaité les nommer : Gilberto Rodriguez et Serge Lazarevic. Ils sont détenus depuis novembre 2011 par Al-Qaida au Maghreb islamique (AQMI). D’autant que le 19 mars 2013, AQMI affirmait avoir exécuté Philippe Verdon, âgé de 53 ans, sa mort est confirmée par le président Hollande.

Il est toujours utile de rappeler à la famille Dassault, le préambule de la IVième République : « Tout homme peut défendre ses droits et ses intérêts par l’action syndicale et adhérer au syndicat de son choix ». D’autant que la décision n° 79-105 DC du 25 juillet 1979 du Conseil Constitutionnel rappelle que le droit de grève est un droit constitutionnel. Les cheminots agissent dans leur plein droit et de fait ne sont point des criminels comme le prétend le journal Le Figaro. La tentative de criminalisation du mouvement de grève organisé par la presse bourgeoise dont Le Figaro et bien d’autre appartiennent, nous rappel ce journalisme de bas côté. La défense d’un service public par la CGT-cheminot et Sud-Rail s’inscrit dans une ligne combative face à l’ensemble des mesures libérales venant de la Commission européenne. Dans le cas présent, il s’agit ni plus ni moins que de criminaliser la grève par tous les moyens à disposition sans pour autant parler du fond et de la forme. Ce journalisme de surface ne surprendra plus personne.

Il est vrai que les lycéens passent le baccalauréat la semaine en commençant par l’épreuve de Philosophie. Le Baccalauréat est une épreuve importante dans la vie et difficile, pour l’avoir raté au cours de ma vie, j’en connais le sacrifice qu’il faut donner pour avoir ce diplôme.

Maintenant, lorsqu’il y a une prise d’otages, il s’agit d’un acte souvent réfléchi à l’avance, ce qui n’est pas le cas. Le fait que la loi sur le rail est examinée Mardi et l’échéance du Baccalauréat reste un pur hasard de calendrier. En outre, que veut-on laisser aux jeunes générations ? Le figaro n’en parle pas, alors je tiens à préciser qu’il souhaite un modèle basé sur la compétitivité, la concurrence, la division, les gains pour les actionnaires et donc de la baisse de la qualité, de la sécurité, de la propreté du transport ferroviaire.

Je rappelle tout de fois une fameuse citation de Serge Dassault qui permet de mieux comprendre la position du Figaro : « À quoi ça sert un syndicat ? Ça sert à faire la grève parce qu’on fait des licenciements qui sont nécessaires pour l’entreprise ou parce que l’on veut augmenter les salaires, ce qui aussi nuit à l’entreprise. Reconnaissons qu’ils ne sont pas gentils, les syndicats ! [...] Il faut encadrer le droit de grève [...] la grève politique doit être interdite, la grève de soutien doit être interdite [...] C’est scandaleux. Quand le gouvernement veut réduire le temps de travail [sic] ou augmenter le temps pour la retraite ou les points retraite, on fait la grève mais ça rime à quoi ? On est en anarchie ! ».

Le rêve ultralibéral de Serge Dassault se concrétise par l’intermédiaire de son journal. D’ailleurs, Le Figaro en tant que journal met en avant la politique de la droite forte, tendance de l’UMP. Ainsi, le journal en question est un rideau de fumé qui cache le journal de l’UMP. Le populisme du Figaro invite le lecteur à une stratégie d’action-réaction.

Tout de même, le syndicat des cheminots de Bourg-en-Bresse a écrit un tract à ce sujet pour répondre aux attaques néolibérales :

10302365_296323883867524_5644614278073965345_nLe Monde contre le droit de grève.

Parlons également du dernier édito du journal Le Monde qui se place dans un positionnement particulièrement néolibéral. La volonté de supprimer la grève est la première demande des capitalistes, il ne s’agit d’ailleurs pas d’argumenter de manière différente, on retrouve la même trace que Le Figaro. Ces Médias se servent et manipulent les personnes qui passent le baccalauréat. À un moment donné, il faut assumer le journalisme d’opinion et de conviction face au journalisme neutre.

c3a9dit2A l’étranger, nos camarades suédois nous rappel les dangers de la libéralisation du rail.

Néanmoins, les cheminots suédois sont en grève depuis deux semaines contre l’exploitant Véolia. Le système suédois est un système semi-privatisé. Mais après les diverses mesures prises par le gouvernement suédois, dans un pays où le libéralisme est considéré comme une réussite reste un échec : 70 % des Suédois favorables au retour au monopole public.

Pour les deux journalistes de RFI éxécutés près de Kidal, il est important de leur rendre hommage

rfi
Ghislaine Dupont et Claude Verlon

Ghislaine Dupont et Claude Verlon, deux journalistes de Radio France Internationale (RFI) en reportage dans le nord du Mali à Kidal, ont été enlevés, samedi par un groupe armé, puis exécutés.

C’est ainsi, qu’en mon propre nom, je rends un hommage à ceux qui risquent leur vie en allant dans des zones dangereuses pour que l’information soit en continue en métropole et de facto en outre-mer. Mais aussi, j’affirme que c’est une manière lâche d’enlever lâche d’enlever un journaliste dans un conflit politique. Les journalistes sont aujourd’hui considérés comme des personnes faisant de la presse d’opinion. De plus en plus de personnes ont oublié qu’il reste des journalistes indépendants, qui se battent pour une presse indépendante. De plus, le fait que le MNLA (groupe de Touaregs rebelles) n’a pas expliqué son acte terroriste reflète bien l’image que le journalisme possède vis-à-vis du terrorisme international. Il n’est en ce moment qu’un moyen de rançon pour faire augmenter le conflit.

Il reste encore une dizaine d’otages dans le monde dont la plus part sont des journalistes.

Le journaliste est devenu une monnaie d’échange courante, dans les anciens ou nouveaux conflits, où l’image du terrorisme international est omniprésente. Un journaliste pour un groupe terroriste a plus de valeurs sur le plan de l’échange, car il n’est pas un politicien (qui doit prendre des choix politiques et les mettre en application), mais informer les personnes les personnes sur le terrain avec deux types d’enquêtes : les informations courtes plongées dans l’actualité et des informations longues plongées dans l’investigation. D’autant plus que le journaliste est dangereux pour les missions terroristes, car il peut servir aussi les renseignements de certains états. Les deux fonctionnent souvent à l’étranger. Ce double visage qui n’est pas obligatoire, est pourtant une vision que se donnent les groupes terroristes vis-à-vis du journalisme.

C’est dans ce contexte-là, il est essentiel que la masse-média et la masse-blog puisse se réveiller sur la vision que nous devons avoir du journalisme en ce début de XXIe siècle. Qu’est-ce qu’un journaliste, aujourd’hui, alors que le nombre de sites d’information ne cesse d’augmenter ? À quel moment, nous pouvons être considérés comme des journalistes ? Quelles sont les différences entre les citoyens qui informent et les journalistes ? C ‘est ainsi, qu’il est important de donner un statut spécifique au journaliste qui existe déjà, mais aussi de donner un statut particulier aux personnes qui font de l’information librement sans pour autant leur donner un statut copier-coller de celui du journaliste.

Aujourd’hui, il est essentiel de rendre hommage à ces deux personnes qui ont payé le prix de leur vie pour nous informer. C’est autour de l’information que nous devons avoir ensemble avoir une réflexion de fond en comble. C’est le métier qu’il faut faire évoluer, et le regard que la masse pose sur lui. Sans lequel les journalistes sont toujours de plus enan> plus victimes de certains au fur et à mesure que les crises augmenteront en intensité. Aussi, un peu partout, il est essentiel de mettre en avant la sécurité du journaliste (quand il n’est pas dans le cadre d’un média dit « d’opinion »), car ce n’est pas les journalistes qui ont un regardé détourné sur les éléments, c’est ce que je pourrais dire, le visage de la crise.

Maintenant, il est vrai que se pose le problème du capital financier dans nombre de journaux dont on pourrait dire que le but du journal n’est plus la recherche de la vérité, mais la création du buzz (rumeur créée pour faire parler de soi, de quelque chose ou de quelqu’un). En effet, la bourse, les actions, l’instantanée nécessitent le fait que les articles soient tournés autours du souhait des lecteurs. Ce sont en réalité les lecteurs qui choisissent les sujets, car c’est pour eux que sont écrits les articles. La finance dans le monde des médias pose la question de l’éthique, mais aussi la question de l’indépendance des journalistes vis-à-vis des actionnaires. La question des corporations dans le monde journaliste pose aussi la question pour l’avenir, de la mise en place de coopérative médiatique sous la forme d’une association comme le sont largement certains secteurs industriels ou agricoles.

Ainsi quand Florence Aubenas (ex-Otage) parle des assises du journalisme pour revoir les méthodologies du métier de journaliste, pour les endroits dangereux. Il est important d’en parler, le journalisme n’est pas simplement un métier facile, c’est un métier à risque dans certains endroits, il faut le rappeler, car ces derniers temps, trop souvent les journalistes ont été pris pour cible par des groupuscules armés se revendiquant du terrorisme international pour des causes locales, ou internationales. De plus, si l’accès à l’information est un droit, les journalistes ne doivent pas risquer leur vie pour mettre en application ce droit-là. Il est important d’admettre que tant que le journaliste n’aura pas un minimum sécurité, les missions longues distances vont être de plus en plus difficile vu la situation géopolitique de la France. Pour autant soyons certain et je ne dis pas que les risques dans ce métier n’ont jamais existé, mais ils se sont aggravés avec le temps.

Aussi, je rassure, toutes les zones dans le monde ne subissent pas le terrorisme international. C’est ainsi qu’il faut voir la sécurité des journalistes selon la dangerosité des régions. Évidemment, les zones calmes, cela ne nécessite aucune règle de sécurité spécifique.

Le journalisme a de sombres jours qui l’attendent.

PLB