Vers un troisième confinement ?

Ludovic MARIN / POOL / AFP)*

L’année 2020 n’aura pas été un bon cru pour la France, mais l’année 2021 subira-t-elle les mêmes conditions en attendant une vaccination de masse sur la base du volontariat. En effet, nous avons toujours un train de retard lorsqu’il s’agit de prévenir au lieu d’être dans le curratif et l’accompagnement des personnes malades.

Le début de l’année offrait une part d’espoir très important dans l’accès à une vaccination d’une majeure partie de la population. Les lumières se sont éteintes au pays des lumières. La question vaccinale demeure un débat perpétuel entre les obscurantistes et sectaires vis-à-vis de ceux qui maîtrise la Science tout comme les données scientifiques. La prévention permet de sortir la tête de l’eau, mais elle s’inscrit pour de nombreuses personnes par un choix idéologique.

La sphère ignare ayant choisi de militer contre la vaccination au nom de différents dogmes et d’embrigadement sectaire nous entraîne tout droit vers un troisième confinement. L’économie française ne pourra pas supporter éternellement ces mesures de restriction des libertés individuelles. En effet, pour qu’une société fonctionne correctement, elle se base sur la richesse qu’elle produit. Dans le même temps, nous marchons sur la dette. Pour les néolibéraux, il s’agit de jeter un plan de sauvetage massif, mais sur le long terme, ces sauvetages à répétition ne tiennent pas la route.

Le déficit s’accumulant ne pourra être éternel à moins de trouver une solution pour résoudre le problème de la dette lié à la crise sanitaire. Je crois profondément que l’on ne pourra pas continuer à s’endetter perpétuellement pour sauver une économie se trouvant au bord du gouffre. Il semble nécessaire et cohérent de trouver un équilibre et dans la rationalité de la gestion des différentes crises. Il semble nécessaire également d’en finir avec les politiques de confinement qui ne permettent que de résoudre le problème sur le court terme, mais pas sur le long terme.

La question vaccinale apporte une solution claire pour endiguer clairement la problématique qui se crée au niveau budgétaire. Il semble nécessaire de combattre l’ensemble des thèses eugénistes des militants contre la vaccination. En effet ces incultes génèrent une véritable catastrophe en chaîne. Il conviendra à ces personnes que je pourrai qualifier de dangereuses de payer une partie de la crise et non que ce soit l’ensemble des citoyens de contribuer à la charge de la dette.

Entre les deux, se trouvent les personnes indécises. Ce sont ces personnes qu’il semble nécessaire de convaincre de la nécessité de la vaccination dans le cadre d’une politique de santé publique efficace. Je pense que beaucoup de personnes souhaitent revenir au mode de vie qu’ils avaient avant l’épidémie. Or, rien ne sera acquis sans une large vaccination de la population. Il est même regrettable qu’elle ne soit pas obligatoire au vu des conséquences sur notre mode de vie à travers la généralisation du port du masque, les confinements à la chaîne, les loisirs suspendus, etc. On peut dire qu’il y a un moment donné, il faut savoir prendre des mesures qui ne sont pas populaires sur le court terme, mais qui améliorent notre façon de vivre sur le long terme et d’une certaine manière qu’on retrouve notre mode de vie.

Il faut également comprendre que le plan de relance de l’économie au niveau national comme européen ne résoudra pas la question de fond tant que l’on ne remet pas en question le fonctionnement de la diffusion de la pandémie à savoir une mondialisation de plus en plus agressive. Nous ne sommes plus dans les thèses de Ricardo à travers l’avantage comparatif, mais dans une lutte sans limite entre les différents Etats afin qu’ils soient dans une compétition internationale où chaque entreprise est prêt à utiliser toutes les stratégies afin de gagner des parts de marché à l’international tout en faisant pression afin que sa compétitivité soit la plus attrayante pour les actionnaires et les investisseurs. De ce fait, les accords bilatéraux de libre-échange s’inscrivent dans une mondialisation sans frein. Il semble nécessaire de revoir les fondements de l’Union Européenne afin de trouver une Union qui protège, mais qui actionne les différents leviers économiques pour rendre plus performant la bataille économique et sanitaire dans laquelle se trouve l’Union Européenne.

Il ne va pas sans dire que le fédéralisme aurait été une logique totalement adaptée face à ce type de menace, c’est-à-dire prendre des mesures globales à l’échelle européenne, et des mesures locales à l’échelle nationales. Pourtant, le fédéralisme est rejeté par de nombreuses personnes sous prétexte que cela enlève une partie de la souveraineté alors qu’il s’agit simplement d’un transfert de souveraineté d’un Etat vers une Fédération. Dans le cadre présent, les seules mesures globales sont un léger plan de relance de 300 Mds d’euros avec un emprunt au niveau de l’Union Européenne. Cela apparaît comme un début vers l’après-crise sanitaire, mais cela ne suffira pas à stopper le gouffre économique dans lequel certains de ces Etats membres vont se trouver en particulier la France.

La politique de l’offrande mise en place à l’échelle nationale satisfait entièrement les grandes entreprises, mais cela ne suffira pas à relever la tête de l’eau pour les artisans, les petites et moyennes entreprises. En effet, ce n’est pas un soutien financier que ces dernières réclament, mais la remise à niveau des carnets de commande. Pour cela, une politique néo-keynésienne demeure fondamentale et non-politique entre l’offre et la demande. Les entreprises vont subir un choc économique d’une ampleur inédite. On peut voir la crise économique dans le sillage de la crise sanitaire comme celle de 1929, mais en pire. La tempête a commencé à s’abattre sur les pays occidentaux subi actuellement le calme avant l’ouragan dévastateur. Une période difficile à durée indéterminée va toucher les différents pays, dont la France où le recul de la création de la richesse s’avère être titanesque d’un trimestre à un autre. Les bonnes résolutions pour l’année 2021 vont être difficiles à tenir notamment le cadre de l’orthodoxie budgétaire que s’est fixé le gouvernement actuel, même si du leste a été réalisé sur le déficit budgétaire.

On ne connaît pas encore vraiment les détails de ce nouveau confinement, mais disons qu’il impactera une partie de la vie de nos concitoyens. Nous vivons depuis le début selon la diffusion du virus. On dit qu’il y a jamais deux sans trois. Espérons que ce soit le “dernier confinement” pour l’ensemble des habitants résidant en France. Il semblera nécessaire d’agir avec une politique d’avenir et non d’une politique réalisée dans l’urgence. La recherche scientifique a clairement avancé permettant une meilleure approche de ce virus et de la gestion qu’il entraîne. À l’heure actuelle, nous vivons selon les modalités du virus. Il semble nécessaire de redonner une forme d’espérance à la population d’une façon globale. On peut dire qu’il y aura une vie réelle après le virus.