La loi sur les séparatismes : tentation anti-musulmane ?

Le président de la République l’a annoncé dans un discours, il n’y aurait point de séparatisme dans la cinquième république. Mais sous ce terme “fourre-tout” se cache en réalité une vision visant à mettre le focus sur les musulmans et de dévoyer une fois de plus la laïcité au profit des intérêts d’un parti présidentialiste en pleine débâcle. Le gouvernement ne réussit pas à gérer correctement la crise sanitaire et à endiguer l’afflux de chômeurs qui devrait augmenter de 1 million d’ici la fin du quinquennat alors il trouve une parade sécuritaire et clairement orientée vers un racisme étatique sous prétexte de lutter contre l’intégrisme religieux (et les mouvements d’extrême-droite et les suprémacistes blancs).

Sur la question de l’alt-right française, rien n’est fait malgré un danger important qu’elle représente pour la République avec un parti politique servant d’avant-garde politique. Pourtant, la hausse des dégradations contre les édifices musulmans, la haine sur les réseaux sociaux ou encore mieux des chroniqueurs sur des chaînes de télévision publique versant les pires théories de cette alt-right ne semble guère intéresser le parti présidentialiste. En effet, il faut comprendre qu’il existe un vase communiquant entre LREM et le RN au niveau local comme nous l’a démontré les élections municipales où une des colistières de LREM avait appelé publiquement à soutenir Louis Aliot et que le parti présidentialiste s’était retiré laissant la mairie à l’extrême-droite. Louis Aliot a été élu maire de Perpignan. Cette stratégie témoigne qu’il n’y a dores et déjà aucune volonté de la part du gouvernement de lutter activement contre l’extrême et l’ultra-droite. Pire, le gouvernement en reprenant la “dialectique sécuritaire” propre à l’extrême-droite s’inscrit dans le cadre du séparatisme républicain prôné par cette dernière. Quel ironie vous me diriez !

Alors que la répression étatique contre le mouvement antifasciste s’intensifie ces dernières années sous prétexte de lutter contre l’ultra-gauche. On constate qu’il y a de la part des ministres de l’intérieur (et des différents préfets) comme les gardes des sceaux successifs de renforcer l’encrage progressif de l’extrême-droite locale. Dans le même temps, les actions de l’extrême-droite locale ne sont que très rarement condamnés. Pire, des responsables n’hésitent pas à faire de ces organisations pour semer la terreur sur les différents campus. Mais, dans les discours cela prétend lutter contre le séparatisme.

Pendant que les différents ministres avec Gérald Darmanin en tant que ministre de l’intérieur surfent sur la notion de “séparatisme”. Un autre séparatisme apparaît sous un autre visage qui fait une sacrée entorse à la Loi de 1905 : le financement de l’école privé par l’argent du contribuable. Alors que les religions se sont ralliés à la Loi de 1905 avec ses écoles, seul l’Église catholique a fait sécession. Aujourd’hui, près de 97% de l’enseignement privé est lié à l’Église Catholique. Ce séparatisme s’inscrit dans le fait que les catholiques pratiquant préfèrent envoyer leurs enfants dans un enseignement religieux, dont son Histoire fait historiquement référence à un séparatisme de fond. Pourtant, ce n’est pas avec le projet contre le séparatisme que la Loi Debré sera abrogée, bien au contraire elle sera renforcée.

Jean-Michel Blanquer, Ministre de l’Éducation nationale, de la Jeunesse et des Sports s’en prenait récemment aux collégiennes et lycéennes sous prétextes que leur tenu ne seraient pas républicaines. Derrière la volonté de vouloir créer un code du vêtement implicite pour les femmes, il y a la volonté de réaccaparer le corps de la femme par l’homme. Dans le même temps, il pointe du doigt le séparatisme islamiste.

Pour terminer, comme le disait la FNLP :

Ce qui nous empêche de vivre ensemble, c’est « le séparatisme musulman ». Fallait le trouver ! Tout son discours a été uniquement consacré à l’Islam, c’est un discours de guerre civile pour que les gens s’affrontent entre eux. Sont ainsi désignés à la vindicte populaire les 4 millions de nos concitoyens d’origine arabo-musulmane, coupables de laisser faire le « radicalisme islamiste ».


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