La politique de l’offrande est au service du néolibéralisme

Le gouvernement et le président de la République ont mis sur la table un gigantesque plan de relance à hauteur de 100 Mds d’euros pour soutenir une économie en crise lié à la COVID-19 et un réajustement des marchés financiers. Le verrou de la règle d’or a certes sauté à Bruxelles. La dette s’est envolée à 117 % du PIB. On aurait pu croire que ce plan s’inscrirait dans une logique néo-keynésienne. La politique de la demande ayant laissé place à la politique de l’offre. Pourtant, nous ne sommes pas dupe. La politique menée par le parti présidentialiste s’inscrit dans le cadre d’une politique de l’offrande. Qu’est-ce que c’est ? Il s’agit d’une politique de la demande sous couvert d’une politique de l’offre assez classique. Les différents ministres ont affirmé que la baisse du déficit public ne se solderait pas par de nouveaux impôts. Cela signifie que les néolibéraux appliqueront une politique d’austérité pour rembourser la dette publique et résorber le déficit public en créant des excédants budgétaires. L’avenir de la France se traduira à l’image de ce que la Grèce ressemble aujourd’hui à savoir un laboratoire d’expériences pour les politiques “néo-” et “ultra-libérales”. De facto, la crise économique que nous allons vivre dépasse l’entendement et ses répercussions risquent d’être particulièrement catastrophiques pour les classes populaires et moyennes. Au lieu de soutenir financièrement les classes laborieuses, le gouvernement lance une tactique dangereuse pour l’avenir du pays.

En début de quinquennat, le président de la République et le Premier ministre ont fait passer” les ordonnances Pénicaud” visant à flexibiliser le marché du travail dans le cadre d’une création d’un système de “flexisécurité à la Française”. L’un des arguments consistait à affirmer que plus les entreprises pouvait licencier avec simplicité un employé, plus les employeurs étaient rassurés, plus ces derniers pouvaient créer des emplois et en ricoché les employeurs embauchaient faisant diminuer le taux de chômage. Cette argumentation est valable dans une économie en extension. Mais dans le cadre d’une économie en récession, les employeurs se débarrassent plus facilement de leurs employés. Les employeurs par ce mécanisme maintiennent le taux de rendement important quitte à supprimer de la valeur ajoutée. Or, les plans de licenciement liés à la crise économique et sanitaire se multiplient. Nous sommes face à l’effet pervers de la “flexisécurité”. En cas de “crise économique”, le taux de chômage s’envole plus rapidement que dans une économie où la “flexisécurité” n’existe pas. Avant la crise économique, le gouvernement se pavanait d’obtenir de bons résultats sur la question du taux de chômage. Hélas, la “flexisécurité à la Française” montre également son vrai visage : un chômage structurel et conjoncturel qui s’envole.

Le gouvernement et les libéraux de toutes obédiences se retrouveront dans un véritable cul-de-sac. Faudra-t-il continuer à flexibiliser le marché du travail ? Selon la thèse néolibérale, le taux de chômage est lié à une rigidité du marché du travail. Il s’agit dès lors d’un cercle sans fin. Dans le même temps, nous allons assister progressivement à une “responsabilisation du chômeur” vis-à-vis de sa situation. Emmanuel Macron a bien affirmé avant la crise qu’il suffisait “de traverser la rue pour trouver un emploi”. Les mesures du gouvernement risquent une nouvelle fois de plus de diviser les différentes organisations syndicales. Le syndicalisme révolutionnaire se retrouvera confronter au syndicalisme réformiste ou néolibéral. Toutefois, il faut constater que les critiques des syndicats défendant l’intérêt des travailleurs se métamorphosent et se matérialisent à une vitesse effrénée. La pauvreté et la paupérisation massive de la population française ne sont pas des solutions soutenables pour redresser l’économie.

Au contraire, si le gouvernement poursuit dans cette voie, il y a un risque dramatique de la baisse de la consommation des différents ménages en prévision d’un avenir qui ne chante pas du tout. Dans une société hyper-individualisée, le consommateur est un acteur majeur de l’économie. Dans ce contexte, il n’est pas anodin que le recul de la consommation se traduise par une déflation indirecte. Le plan de relance de l’Union Européenne doit se traduire également par une politique monétaire hétérodoxe. Il semble nécessaire d’injecter plus de 1 000 Mds d’euros dans l’économie réelle pour que la relance soit au rendez-vous. En effet, une inflation soutenue permettrait de rassurer les investisseurs et cela créerait un cercle vertueux permettant une relance de l’économie.

Pendant que la crise se renforce, le président de la République se targue de présenter un projet de loi sur le séparatisme concernant avec exclusivité les musulmans. Nous assistons également à une zemmourisation de l’espace public. Nous assistons dans le même temps à des attaques inouïs contre le corps des femmes et de la manière dont elles doivent s’habiller. La vague conservatrice et réactionnaire qui se poursuit apparaît comme un vaste écran de fumée servant à masquer un parti présidentialiste en bout de course.

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