Le voile encore une fois sous l’œil médiatique de l’extrême-droite

Philippe Merle / AFP

Ces derniers jours, on ne parle plus que du voile islamique. Ce pays a un sérieux problème avec l’islam et les musulmans et cela en devient de plus en plus critique. Le racisme et la haine anti-musulmane ne cesse de progresser ces dernières années. Les députés, les sénateurs, les néoconservateurs nous parlent sans cesse du voile, pourtant ils tentent bel et bien de mettre le voile au budget de l’Assemblée Nationale qu’ils sont en train de déposer en ce moment. Quoi de mieux qu’une énième querelle identitaire ?

Avec l’attentat qui a eu lieu à la Préfecture de Police, nous sommes également tombés dans une « société de la délation ». Bien sûr, ce ne sont pas les « bons franchouillards » qui sont visés, mais une fois de plus les musulmans. Le syndrome orwellien guète notre société alors que nous sommes une des sociétés les plus sécuritaires d’Europe, mais le sécuritarisme ne fonctionne absolument pas.

Il aura fallu que l’extrême-droite dicte une nouvelle fois la thématique politique dans notre pays pour que l’ensemble des élus libéraux et conservateurs mettent le pied dans le plat. Il parait que la gamelle est bonne en ce moment et que les élections se rapprochent. L’hystérisation de la société en dit long sur ce bout de tissu. Mais voilà, notre société dérive toujours plus à droite. La surenchère raciste va jusque dans les moindre recoin. Parfois, on se demande qui nous ne vivons pas dans des fractales que dans un hexagone. Dans chaque recoin, il y a encore des recoins et cela semble aller vers l’infini.

On peut débattre du voile, on peut avoir une opinion, mais on ne peut imposer par la force ces énièmes controverses qui souvent soulèvent corps et âme les fantasme d’une société en voie de droitisation parfois à l’extrême. On peut d’ailleurs se demander si le Rassemblement National n’est pas surpris de vitesse en étant dépassé par sa droite à travers le parti présidentiel. Dans un fantasme, il y a une certaine manière de considérer qu’il s’agit de quelque chose d’irrationnelle. Il n’y a pas longtemps, on débattait du droit ou non d’être islamophobe, c’est-à-dire d’avoir une peur irrationnelle de l’islam.

Une fois n’est pas coutume, il faudra qu’un jour, ce pays affronte ses propres démons à savoir son raciste et ceux qui n’ont pas « la gueule du patrimoine ». On se fait peur avec la vague brune, mais force est de constater que l’extrême-droite est déjà au pouvoir. Le barrage a cédé. Je répète le barrage a cédé.

 

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