Nissan, le monstre aux mœurs policées

Capture d'écran Le Monde

Nissan est un monstre aux mœurs bien étrangères,
Pour qui n’en connaît que Ghosn, venu de chez Renault.
Lui-même n’a rien compris à cette secte étrangère :
Persuadé d’en tirer moult privilèges tantôt.

Ainsi, le Libanais aux multiples passeports,
Se fit renverser là, sans même un seppuku.
Les Japonais inquiets qu’il volât leur tas d’or,
Nommèrent ce Saikawa avec sa corde au cou.

Honteux de gagner trop sans jamais détrousser,
L’excuse lui vient aux lèvres, pour nous rendre notre honneur.
Carlos, l’autre incompris, en est tout bouleversé.

Cipango, terre nippone, lui dénie tout courage.
En France, on l’admirait comme un immense héros.
Le fier soleil levant n’aime pas son vil outrage.

Sonnet de Patrice Leroux.

 



Autre dirigeant, autre pays, autre rapport à l’honneur…

Quand un écart est constaté, un patron japonais doit s’excuser publiquement et rendre les revenus indus ; notre petit Hiroto en pleurs a reçu trop d’émoluments (bien moindres que ceux de son présomptueux prédécesseur français par ailleurs…) et doit présentement faire acte de contrition devant tout le monde : le nouveau chef de Nissan s’exécute instamment sans protester, car maugréer paraîtrait vulgaire et indigne à ses propres yeux !

Pour sa part insensée, Carlos Ghosn nie toujours ses forfaits malgré les preuves affligeantes : le dément et son épouse de luxe osent supplier leur précieux ami Bruno Lemaire devant les caméras du monde entier, afin qu’il continue d’influer en leur faveur par l’entremise obscure de ses réseaux diplomatiques. De fait, la pudeur et l’élégance n’ont jamais été leurs premières qualités, au contraire de l’étalage tape-à-l’œil.

Cet arrogant, sans patrie autre que son intérêt immédiat, est allé vivre somptueusement en touriste au Japon. Lui, un simple mortel, a voulu y régner tel un dieu vivant, sans jamais tenter d’en comprendre les antiques coutumes ; lesquelles sont pourtant si envoûtantes et si admirables. Ivre d’argent, le colonialiste (grossier, impudique et hautain dans l’âme) a mérité sa présente déchéance, aussi soudaine que navrante.

En effet, vivre parmi tout un peuple (quel qu’il soit, d’ailleurs…) nécessite de le respecter et de rester modeste.

Même en Hexagone, son comportement versaillais jusqu’à l’outrance choquait à en inspirer une colère révolutionnaire parmi ses salariés maltraités et méprisés.

Pour mieux le damner, la cupidité a donc endormi sa maigre conscience de parvenu sans manière.

« L’argent, c’est de l’éther » — Proverbe martiniquais

Voici un conte oriental empli de malentendus culturels et de magouilles internationales. Allez le lire avec un étonnement de gaulois autant qu’avec une fausse candeur sur le site numérique du Monde → « Hiroto Saikawa, patron exécutif de Nissan, admet avoir été trop payé. Le successeur de Carlos Ghosn a présenté ses excuses “pour le trouble causé”, affirmant qu’il avait l’intention de restituer les émoluments indûment perçus… »

 



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