Scolaire, le petit Nicolas apprend enfin sa calligraphie…

Capture d'écran de l'Huffington Post

En Sarkozie : signer, c’est écrire puisqu’emballer, c’est peser.

Comme tant d’autres événements pompiers, surnuméraires, inutiles et dispendieux, la supposée Université du Medef est à l’image industrielle du Salon du livre à Paris : n’importe quel illettré, tel un automate indifférent, y encre les pages de garde à la chaîne de son propre seing, sans même avoir nécessairement lu la première de couverture de son bouquin. Par tradition d’apparat véniel et spectral, c’est plus facile et rapide de signer un livre que de l’écrire ; même les analphabètes accomplis en conviennent sans gêne.

En 2016, déjà, RTS, la méchante chaîne de télévision suisse de la communauté romande, avait ridiculisé la capacité littéraire de Nicolas le hargneux. Le médium genevois, irrespectueux de Son Altesse présidentielle, révéla alors l’étrange résultat de la comparaison de ses ouvrages passés au crible assassin d’un logiciel spécialisé dans la critique stylistique — lequel était édité par la vilaine société OrphAnalytics.

Aucun des éditorialistes surpayés par les oligarques français n’avait alors osé divulgué pareille « désinformation », car outrager un roi, fût-il déchu, paraît grossier et vulgaire selon leur éthique collective de majordomes respectueux de leurs maîtres.

Même Jacques Attali, « l’omni-spécialiste polygraphe » selon ses propres éditeurs, se mit à craindre que la bête numérique ne s’intéressât un jour prochain à ses publications pesantes…



Mais revenons plutôt à notre Nicolas « Tracassin », l’inénarrable homme de lettres robotiques…

L’analyse, par le programme outrageux et anarchiste, commença avec  sa biographie « grandiose » Georges Mandel : le moine de de la politique, publiée en 1994 (un vrai parpaing scripturaire dont le parfum de plagiat n’a pas été confirmé par l’odorat médiocre de notre système judiciaire…), et se termina avec son dernier chef-d’œuvre supposé,  La France pour la vie  : il s’agissait, là encore ,d’un titre tout plat et bien ronflant qui aurait fait honte à son ancêtre idéologique, le fameux scribouillard nationaliste Napoléon III (lui aussi qualifié de « petit » par le grand Victor Hugo). Le premier ouvrage, sous le couvert d’hagiographie d’un personnage historique de troisième rang, était un crachat à la figure contre tous les fonctionnaires ordinaires. Cependant, le bonapartiste (par pur hasard carriériste) n’y attaquait jamais ses amis de la caste bien rémunérée, celle des « hauts commis de l’État », je vous rassure tout de suite ; en revanche, les petites mains de la fonction publique en prenaient pour leur grade de gratte-papiers, d’enseignants, d’hospitaliers ou même de « bonniches » selon son propre vocabulaire, au lexique châtié avec modération : leurs statuts à peine protégés s’en trouvaient bien « dégradés », d’ailleurs, à l’occasion verbeuse.

Vous aurez deviné tout seuls que Jojo la mandale y manifestait un courage extrême (selon les critères sarkozystes) : celui de traiter (en permanence autant qu’avec dédain) les petits agents publics de parasites, de feignants et d’incompétents.

Comme quoi, pour le Prince du néant républicain (lui-même déchu par un autre apparatchik creux, François Nullande), tout le monde ne peut pas être aussi intelligent et travailleur qu’un gosse de riche : Nicolas le baveux en est un lui-même, s’en entoure à l’envi et a tantôt fini son programme d’études en toute logique bourgeoise lors de ses dernières épousailles — lesquelles furent lucrativement négociées par amour sincère et profond envers l’héritière de la richissime dynastie italienne des Bruni-Tedeschi. Selon ses observations approfondies de zoologiste émérite, les bien nés de la faune sociale s’épuisent sans fin au turbin, car la puissance et l’ardeur sont inscrites dans le patrimoine génétique des porphyrogénètes. Pour confirmer la véracité biologique des faits inégalitaires, le principe absolu de leur supériorité ontologique est aussi bien connu des beaufs professionnels qui officient régulièrement aux Grandes Gueules sur RMC (médium adoré dudit chihuahua à ses mémères gaullistes, dont se prévaut aussi la raffinée rombière Claire O’Petit). Sans ignorer que tant d’autres émissions réactionnaires confirment ce prédicat imparable au quotidien ménager, c’est pourquoi celles-ci paraissent tout aussi « populaires », à ses yeux aristocratiques autant qu’à ses oreilles populacières.

Aujourd’hui, LaREM, ce nid hypocrite de vipères petites-bourgeoises (toutes confites de confort, de lucre voire de stupre marchand), ne fait que piller sans vergogne ces « idées scientifiques » aux cerveaux reptiliens de LR : néanmoins, oublions vite ce parti d’extrême droite honteuse autant que rancie ; ce n’est qu’un ramassis d’opportunistes sans morale, cent fois rebaptisé pour faire oublier ses fangeuses affaires judiciaires (réitérées par millions), et présentement en pleine décrépitude électorale — par ailleurs, totalement méritée malgré son trop tardif avènement.



A contrario, certains défenseurs du nabot mordeur ont prétendu qu’une machine (helvétique en plus…) ne pourrait jamais comprendre la diversité créatrice du bonhomme neuilléen. À les écouter jacqueter et vociférer de tous côtés médiatiques, l’érudit de la veille était censément si cultivé (en magazines dits « people ») et si versé dans l’art rhétorique (à la syntaxe approximative).

Tombés sur la polémique comme la vérole sur le bas-clergé d’antan, les apologètes1)un apologète est une sorte de défenseur de la théologie de l’édile matérialiste se montraient remuants et colériques comme jamais. À commencer par Nadine Morano, une critique littéraire renommée pour sa puissance intellectuelle, sa logorrhée constructive et sa poésie délicate. Ainsi quand on évoquait la possibilité qu’il y ait eu des « nègres scripteurs » pour pondre en série lesdits pavés, seulement bons à caler une table, celle-ci s’énervait sur-le-champ, mais semblait ne pas comprendre le sens ironique de l’expression, certes très discutable de nos jours post-coloniaux et heureusement antiesclavagistes.

Sur le coup, la grande analyste dans l’urgence politicienne pensait qu’on lui parlait d’Africains « scolarisés aux frais de ses propres compatriotes hexagonaux, si intelligents par nature», plutôt que d’obscurs écrivaillons payés au lance-pierres par les caisses noires de la camarilla2)terme espagnol qui signifie coterie, clique) droitière. La dame vengeresse, au verbe lourd sans jamais être franc, ne pouvait guère supporter l’évocation de ces étrangers si « différents », dont elle détestait les coutumes « primitives et barbares », prétendument incompatibles avec nos mœurs gauloises selon ses propres dires alcoolisés ; la poissonnière, aussi bien par vocation que par instinct et présentement mosellane par accident législatif, en craignait « l’invasion propice au “grand remplacement”, tout autant que les menhirs avinés qu’on nomme Le Pen. La vraie blonde (sans décoloration péroxydique sur son petit crâne et surtout dans sa tête d’hydrocéphale prétentieuse) se défendait toutefois d’être raciste et aboyait seulement qu’elle était « réaliste et pleine de bon sens » comme son nerveux mentor, déjà à la retraite — ce dernier hystérique, sous anxiolytiques visiblement inefficaces, ne fréquentait encore que les dictateurs argentés d’Afrique et non leurs compatriotes opprimés. Ces impécunieux, sans intérêt pratique pour notre gnome déliquescent, étaient évidemment bien moins généreux que leurs horribles tyrans, dès qu’il s’agissait d’entretenir leurs vieilles amitiés françaises en espèces, élégamment cachées dans des mallettes discrètes et sécurisées.

En passant, saluons vaillamment les potentats en question pour leurs gentillesses désintéressées : merci Laurent Gbagbo et Mouammar Khadafi  !

Oh, non ! Tout ahuri par d’aussi splendides largesses, j’en avais oublié que lesdits donateurs avaient été renversés, voire lynchés à mort sous les ordres d’un obscur commanditaire : un individu aussi infâme que cupide et malhonnête, dont nous ne connaîtrons sans doute jamais la véritable identité… Encore un autre mystère insondable en Sarkozie, comment se fait-ce donc ?

Ah, le quinquennat « sarkozien » ! C’était un temps lointain, mais heureux, où le pouvoir tombait comme un fruit mûr dans la main pourrie d’un démagogue agité : l’impétrant de la ploutocratie, régnante autant que triomphante, était un immigré hongrois de seconde génération et pourtant assez xénophobe en ses paroles bêtifiantes, sauf pour les touristes plaqués d’or, naturellement…

Voilà un énième point commun avec ses chers acolytes en réseaux ténébreux, les légendaires Balkany : voilà bien des pieuvres aux tentacules arborescentes à l’infini et que la justice peine encore à déraciner de leur baronnie cossue de Levallois-Perret — cette cité-là est à présent en proie à la faillite totale, mais veuillez ne pas répéter ce secret de Polichinelle à quiconque aux alentours. Cette révélation incroyable ferait de la peine aux électeurs aveuglés par les charmes méphistophéliques de ces édiles franciliens…

Depuis sa chute, et même sa rechute minable face au si temporaire cardinal Fillon, alias Oncle Fétide ou Lord Voldemort, de plus jeunes arrivistes sans foi ni loi ont pris la place du sire de Nagy-Bocsa, dont un certain Emmanuel Macron de sinistre augure. Le puéril dauphin est, tout comme notre petite chose vouée à l’amnésie de l’histoire, un odieux arrogant que les Pravdas nationales, BFM et CNEWS, nous ont présenté avec un infini ravissement comme un immense philosophe. En effet, le jeunot à la marâtre professorale s’affirme toujours comme un éminent spécialiste de l’herméneutique « ricœurienne », sous l’excuse atterrante d’avoir jadis rangé quelques dossiers poussiéreux du penseur cul-bénit. Pourtant malgré sa brillante réputation radiotélévisuelle, le divin infant n’a toujours pas publié sa fameuse somme annoncée (sans autre pareille) sur ce sujet immense en théologie pantouflarde pour rentiers, car son génie ultime se passe aisément du vain labeur graphomaniaque. Par bonheur pour le gamin élyséen, Paul Ricœur, son mentor céleste, ne lui en a pas tenu rigueur, puisqu’il avouait à ses proches qu’il se souvenait à peine de son secrétaire stagiaire, juste avant de mourir en mai 2005. Les trépassés ne peuvent plus témoigner ni médire contre leurs connaissances éphémères, dit-on…

Aujourd’hui, il n’est plus besoin de parapher en toute lumière ce que d’autres ont laborieusement composé dans l’ombre : il suffit à notre jouvenceau vieillissant de sourire avec ses quenottes toutes pointues et préalablement passées au dentifrice de luxe, car la bobine du bambin « surdoué » repasse sans cesse pour enchanter la télévision clinquante — laquelle a bien sûr été préalablement privatisée aux bons soins des amis milliardaires dudit gamin. Et ainsi, par pure magie de la propagande lénifiante, l’aura littéraire du nouveau pantin des oligarques semble aussitôt surpasser celle de Voltaire ; enfin…, pour qui n’a jamais rien lu de sa vie…

Si Nicolas l’aigri avait su qu’un tel prodige était possible, il aurait pu passer plus de temps à regarder la délicieuse série Dallas qu’il adorait tant, au lieu de se crêper le chignon avec ses myriades de prête-plume malappris. Son malheur d’artiste maudit dans le cénacle des littérateurs (propice aux ricanements les plus cruels de la part d’authentiques critiques littéraires, si dédaigneux des impostures…) fit suite à son étude peu diplomatique de La Princesse de Clèves : un récit illisible à en devenir saoulant selon lui , alors qu’il fut néanmoins admirablement bien écrit par la délicate Marie-Madeleine de La Fayette. En sus, les bureaucrates présents dans l’auditoire, implicitement comparés par le politicard présomptueux à une « guichetière » sans capacité de lecture noble, furent alors ravis du cours magistral…

En effet de manche, si le conquérant vaincu à plate couture se fit appeler Mazarin avec orgueil quand il monogrammait mécaniquement ses livres oubliés, ce fut, d’abord, pour ses façons de voyou de haut vol et non pour sa langue de charretier ravi, malgré ses luxueux souliers vernis, tout serrés et très inconfortables. La presse duplice de Paname, la capitale distinguée entre toutes les mégalopoles, se souvient encore de ses mots fleuris en tant que Paul Bismuth. Voici, en outre, un étrange pseudonyme que notre héros de la Droite avait volé pour raison judiciaire à un citoyen inconnu qui l’indifférait — lequel fut meurtri de rage lorsqu’il eut connaissance que son honneur personnel eut été sali à tort en plein tribunal au profit d’un ponte politique aussi vil…



Aux États-unis d’outre-Atlantique, tout est plus simple pour briller aux élections, ces dispendieuses mascarades de carnaval. Nicolas le rêveur aurait tellement aimé y être nommé aux plus hautes magistratures grâce aux énormes subsides de ses « sponsors », pécunieux jusqu’à l’outrance.

Là-bas, dans ce pays encore religieux et mystique, le prestige du saint-frusquin passe bien avant celui de l’écrivain — lequel s’adonne à une activité « solitaire », considérée comme typique d’un individu efféminé et éthéré : passer son temps à lire et à écrire, c’est comme vivre à Sodome et Gomorrhe réunies pour un Appalachien fanatique du rouquin perruqué de Washington, D.C.

Par coutume moutonnière, l’électorat borné et inculte de Donald Trump veut être représenté par des cowboys virils, prêts à tirer au débotté avec leur révolver hors de prix, car cela est bien plus aisé à comprendre qu’une discussion longue et ennuyeuse. Pour les machos américains obsédés par leurs petits attributs et pour leurs compagnes (rendues dociles par force ou par complaisance), il faut savoir « buter » son prochain bien avant de penser en sa compagnie et de lui parler. Une bible (à peine lue ou assimilée) et un flingue suffisent aux âmes simples pour apaiser tout débat démocratique jusqu’au cimetière chrétien le plus proche ! L’individualisme sans entraves des suprémacistes blancs peut se résumer ainsi : « Dieu pour tous les aryens et chacun pour soi ! »…

Pour tout cela, Nicolas l’outrecuidant adore le système religieux, social et médiatique qui prospère chez les Yankees, même s’il trouve que les journalistes à succès y sont beaucoup trop indépendants vu leurs innombrables investigations, ravageuses et délétères à l’endroit des personnes « importantes », au contraire d’ici. Nul n’est parfait en affaires douteuses, concédera-t-il en singeant un vieil homme faussement sage, rien que pour amuser la galerie…

Ne l’avait-on pas surnommé Sarkozy l’américain, lors de sa vaine intronisation sur le trône de papier en 2007 ?

« Le désespoir conduit au plagiat bien plus que l’infamie. », Jeux de mains, Ruth Rendell.

La forfaiture livresque est à lire autant qu’à moquer par deux fois sur l’Huffington Post, un journal numérique qui est trop rarement aussi drôle et insolant aux dépens des puissants :

1) « Le livre de Nicolas Sarkozy passé au crible d’un logiciel qui détecte les « nègres littéraires »

2) « Sarkozy dédicace son livre à un rythme effréné (et il a une astuce ) »



Notes   [ + ]

1. un apologète est une sorte de défenseur de la théologie
2. terme espagnol qui signifie coterie, clique

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