Quand la spéculation est de retour au pouvoir, la crise financière est de facto son polichinelle dans le tiroir.

Capture d'écran Le Monde

Quand la spéculation est de retour au pouvoir, la crise financière est de facto son polichinelle dans le tiroir.

Oh ! Encore un krach abracadabrant et une récession dantesque au pays natal de l’enivrant tango, la danse érotique du diable énamouré…

Comment se fait-ce !

Pourtant, la purge ultra-libérale prescrite par l’« ultra-marchéiste » ministre des Finances, Nicolas Dujovne, devait sauver l’économie argentine de l’odieux communisme, une horreur héritée de la « liberticide » Cristina Kirchner…

Finalement, les « purgés », anciennement ravis par la Droite si proche des milieux d’affaires, préfèrent désormais le sauve-qui-peut de leur porte-monnaie.

Au menu infect de ce jour déchu, ce sera donc une faillite pour tous et chacun pour soi…

Ainsi, l’ancienne présidente, injustement vilipendée pour des broutilles comme le fut Lula au Brésil, tient sa revanche après que le flambeur Mauricio Macri a promis monts et merveilles aux électeurs les plus cupides.

Néanmoins, c’est sans doute malheureusement trop tard pour récupérer avec rapidité la société argentine, que ladite passionaria meurtrie avait cependant réussi à remettre debout après la précédente crise monétaire ; cette dernière implosion de l’économie (immense, mais très vite oubliée à l’avènement du vieux play-boy Macri, le Macron de là-bas…) était aussi due à l’impéritie chronique de ses rivaux boursicoteurs, aujourd’hui à nouveau désavoués par le désastre de la stagflation extrême qu’ils ont encore provoquée.

Suite à un énième échec d’une politique laxiste, trop favorable aux agioteurs, la future alliance pourra-t-elle de nouveau faire front commun face au FMI et aux financiers américains ou européens ?

Rien n’est jamais sûr en ce domaine et, malgré les espoirs apportés lors de la dernière consultation aux primaires législatives, le tragique est bel et bien de retour au pays du maté, une infusion euphorisante à en devenir aphrodisiaque ; ladite contrée latine tire d’ailleurs son nom brillant des mines d’argent qui l’ont jadis grêlée à outrance — lesquelles avaient, de plus, déjà enrichi les colons étrangers et appauvri les natifs, tous réduits en esclavage pour y creuser des galeries argentifères, comme s’il s’agissait de leurs propres tombes ; comme quoi, tout drame se répète sans fin jusqu’à la farce…

Au précédent scrutin présidentiel, les promesses enchantées des banquiers internationaux avaient séduit la petite bourgeoisie locale, pourtant sauvée in extremis de la ruine par les deux présidents Kirchner (le premier, mari regretté et adulé de la seconde, est littéralement mort de fatigue extrême au travail, contrairement à notre indolent chanoine François Nullande…). Aujourd’hui, cette classe d’arrivistes inconséquents et ingrats pleure comme lors du dernier effondrement social.

Retiendra-t-elle longtemps l’amère leçon après cette sinistre redite ?

Certainement pas…

Comme toujours, quand on desserre la bride des contrôles monétaires comme le permit récemment le gigolo carnassier Macri, le PIB, en bon maelström comptable sans queue ni tête,  frémit d’enthousiasme jouisseur pendant six mois avant de stagner six autres, puis enfin de s’écrouler lamentablement les années suivantes… C’est là un cycle très connu, celui des addictions aux drogues dures : on se sent toujours tout-puissant au début de la prise de risque, mais tout le monde sait très bien comment le voyage psychédélique se termine : en soins intensifs, voire au caveau.

Par pure médiocrité égomaniaque,  de nombreux citoyens prétentieux se sont laissé corrompre par les envies de lucre facile et rapide . En conséquence logique et inévitable, les authentiques ploutocrates, vite expatriés à l’occasion pour leur propre sauvegarde, leur présentent aujourd’hui la facture salée en remerciement comptable pour solder leur bêtise crasse !

Comme trop souvent, les petits pigeons bien arrogants se rêvaient en vifs faucons qui fondent sur le saint-frusquin, tombé du ciel comme la manne miraculeuse ; les sots furent alors d’autant mieux plumés et croqués par les vrais oiseaux de proie !

Cristina Kirchner, la militante très épuisée par les innombrables outrages à sa personne (la grande dame a tantôt failli suivre son mari adoré dans l’au-delà…), saura-t-elle contrôler son comparse d’opérette, le péroniste édulcoré à l’eau tiède, Alberto Fernandez, pour le bien futur de l’Argentine ?

Espérons-le vivement pour ses compatriotes désœuvrés, même si l’histoire nous a appris, avec cruauté autant qu’avec cynisme, que le pouvoir ne se partage pas très longtemps…

Pour régner sans entrave, même sur des ruines, il ne peut y avoir qu’un seul César aux manettes ; sinon, c’est le désordre de la tétrarchie, une anarchie politique préalable à la chute de l’empire et donc de la prétendue « civilisation ».

Pour leur part impérieuse, les ténèbres mercantiles savent régner sans partage. Un tel aigle, prétendument collectif, n’a jamais plus d’une tête pensante en réalité, mais ledit animal possède seulement de multiples masques pour mieux la cacher.

Pas besoin de visage identifiable quand on détient les idées qui font tourner le monde…

Méditons donc avec une sobriété distanciée sur ce proverbe argentin : « Le passé est un prédateur ».

Cette histoire affreuse, propice à la banqueroute en pleine gueule de bois qui fait suite à la si brève économie festive de casino, est assez vite étayée sur le site numérique du journal Le Monde — lequel est une revue encore trop « bien-pensante » sur le mythe inepte du libre-échange à tout crin : le papelard parigot jugeait d’ailleurs tantôt que Mauricio Macri, l’autre Macron argentin, allait apporter une croissance « formidable » à son peuple ainsi que le ferait actuellement le puéril Dauphin en France.

Devinez donc ce qui nous attend bientôt sans doute ici à notre tour gaulois…

« En Argentine, crise de légitimité pour Macri à deux mois de la présidentielle. L’échec spectaculaire du chef de l’État de droite, Mauricio Macri, aux primaires du 11 août a paniqué les marchés financiers… »

 

Soyez le premier à commenter

Laisser un commentaire