Quand le fanatisme machiste rend des (prétendues) dévotes responsables de leur propre esclavage sexuel…

Capture d'écran Télérama

Quand le fanatisme machiste rend des (prétendues) dévotes responsables de leur propre esclavage sexuel…

L’horreur absolue, qui nous remémore tant de totalitarismes passés, est à voir sur le « replay » d’Arte jusqu’à vendredi, puis sur les rediffusions en VOD ou plus libres sur YouTube. Thomas Dandois et François-Xavier Tregan ont réalisé ce documentaire terrifiant sur l’aspect « féminin » de l’islamisme terroriste ; le film hypnotique est d’ailleurs intitulé avec une simplicité désarmante Les femmes de Daech.

Les enquêteurs y démontrent rigoureusement avec une patience empreinte de stupéfaction comment certaines dames ont pu être des complices militantes de la misogynie criminelle sous l’emprise de cette mafia « religieuse ».

La constatation brute d’âpreté nous confirme que toutes les bigotes de toutes les confessions sont possiblement dignes des fameuses « Tantes », ces gardes-chiourmes aussi pieuses qu’enragées et pourtant décrites avec une économie narquoise dans le fameux roman La servante écarlate de Margaret Atwood. Ainsi, cette fiction déprimante n’est donc pas qu’une dystopie distanciée, mais bien aussi la narration déguisée d’une réalité terrifiante, profonde et pas si lointaine.

Si le patriarcat est d’abord la domination primaire des mâles, préalablement réduits à leurs fonctions guerrières et barbares (au risque d’être violentés, puis éliminés eux-mêmes s’ils ne se conforment pas scrupuleusement à ce modèle infantile et impersonnel à en être délétère…), il n’ignore pas ses consœurs dans l’entremise de son organisation interne.

En effet, ladite dictature les asservit d’autant mieux qu’elle peut en pervertir l’engagement militant à son profit, sous l’apparat faussement candide du fondamentalisme religieux.

Présentés avec beaucoup de calme et de sobriété, les témoignages de victimes traumatisées à vie (et néanmoins très courageuses devant les caméras) comme ceux des pourvoyeuses sadiques et assassines (elles-mêmes parfois victimes en un sens…), sont glaçants autant qu’effarants. Cependant, leur écoute attentive remet bien nos pendules naïves à l’heure désenchantée face à cet univers cruel et immonde.

En réalité, il ne s’agit même pas ici d’exactions orchestrées sous la férule hallucinée de la foi pure et parfaite, mais plutôt de crimes sordides, perpétrés surtout par jalousie du voisin, par perversion salace ou plus constamment par lâcheté ordinaire. La « Vérité divine », fière et glorieuse, demeure l’excuse bien pratique de nos propres pulsions et de nos mensonges intimes — lesquels sont tout honteux autant que minables.

Misérable à l’envi, cette folie collective en Syrie et en Irak n’a été qu’un maelström de bêtise, de méchanceté et de bassesse, où chaque peuple du monde a par ailleurs vu un·e ou plusieurs de ses membres commettre ladite besogne carnassière.

La guerre se révèle alors aussi sous d’autres aspects inattendus : en premier lieu, c’est l’occasion « rêvée » d’un tourisme de masse d’une certaine manière ; dans un second, la chose est aussi un spectacle géant, trop chéri par les médias duplices, voyeurs et si avides de sensationnel jusqu’à la pornographie morbide…

Certes, certains prophètes déclarés ou leurs disciples énamourés ont pu antan prêcher le respect, voire l’amour du prochain, mais cela n’évitera jamais que des « fidèles » prient pour sa haine, pour son outrage et pour son meurtre. Et cela, quelles que soient la contrée, la population ou l’idéologie concernées…

On nous criait tantôt « Plus jamais ça ! », mais la bête immonde revient toujours depuis que l’humanité existe parce qu’elle reste tapie bien cachée au fond de tout un chacun. Patiente et prête à bondir à tout moment, l’araignée se contente toujours de changer son vilain nom afin de masquer sa véritable identité, celle d’une âme vide et informe. De fait, la terreur dans la banalité du quotidien pour nous tous est sa première pitance, bien avant l’attentat ou le conflit. L’angoisse totale fait alors système…

La peur sauvage nous attend-elle au coin de la rue ?

Devons-nous aussi craindre la terreur elle-même ?

Potentiellement, nous sommes tous des tortionnaires ou leurs souffre-douleur ; on peut même être les deux tout à la fois, c’est dire combien l’esprit humain est insondable…

En conséquence ultime, il est absolument inutile d’oublier le sang versé pour des mythes puérils ou pour de vils intérêts bas de plafond, puisque ce genre de souvenir nous retournera bientôt l’esprit durant les cauchemars inévitables, tout endormis autant que pleinement éveillés.

À quelle heure dois-je faire sonner le réveil ?

Je souffre souvent d’insomnie et vous ?

→ Voir l’article en ligne de Télérama

 

 

 

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