Guerre de succession à LR entre des « modérés » à l’extrême…

Guerre de succession à LR entre des « modérés » à l’extrême…

Heureusement que les « républicains » alias LR ne cessent de nous redire qu’ils sont aux antipodes idéologiques du RN de la blonde araignée parce que sinon…

Par certains moments d’égarement, totalement impromptus, il arrive que nous confondions les marchandises avariées de chacun, malgré toutes nos précautions d’usage en bons électeurs sourcilleux.

Par lassitude affligée jusqu’au dégoût malencontreux, il faut croire que la vue et la raison baissent encore chez les militants vieillissants du parti « gaulliste sans jamais être gaullien » ; lesquels semblent souvent souhaiter que Marion Maréchal Le Pen soit leur prochaine candidate au vain trône de papier élyséen. À côté de cette fanatique hystérique, sa tantine boulevardière fait aussi figure de modérée, c’est-à-dire une outre empreinte d’un laxisme imbibé dans le gin bistrotier ; voir la chose atterrante, c’est admettre combien LR a fait du chemin idéologique depuis l’UNR de l’illustre et ombrageux « Mongénéral » — lequel était certes un président très conservateur, voire rétrograde sur d’innombrables sujets essentiels, mais abhorrait à en vomir les anciens collaborateurs qui osaient demander son absolution royale en cachette.

Par ce choix sinistre de la nièce du nouveau menhir féminisé, les machos invétérés de cette antique association de malfaiteurs fatigués se convertiraient à une forme très étrange de féminisme : les pires réactionnaires sont parfois à l’origine de révolutions aussi abominables qu’assassines.

Ainsi, en attendant cet événement fatidique avec une rondeur bourgeoise autant qu’avec de l’indifférence irresponsable, Christian Jacob, Julien Aubert et Guillaume L’arrivée s’en tiennent à une toute nouvelle fable de La Fontaine, vite écrite depuis sa tombe : « La vilaine dispute entre un serpent, un scorpion et une méduse à propos du meilleur poison à avaler ou à administrer » — ladite production « littéraire » n’est malheureusement pas la meilleure historiette du fabuliste trépassé, puisque la rhétorique archaïque de l’ysopet, déclamé aujourd’hui devant nous tous à grands cris empreints de rage obsessionnelle, est très mal ciselée ; la désolation critique nous étreint mieux qu’un seppuku, sans compter que les rimes, prétendument riches et variées, sont nullissimes à se pendre, en triste réalité.

En cherchant bien, derrière tout ce fatras de haine recuite, d’arrogance imméritée et de vulgarité affligeante, il y a pourtant quelques différences évidentes avec l’engeance que constituent, tous ensemble, les prédateurs d’extrême droite :

En premier lieu, les banquets organisés grassement par la droite dite « classique » sont bien mieux garnis et autrement plus savoureux que chez leurs cousins cryptofascistes ; cela démontre une bienheureuse intégration au système politique actuel que ne renierait pas notre regrettée stryge au somptueux ministère de la Transition nécrologique (la goulue mangouste de noblesse très tardive et réellement nommée Goullet plutôt que prétendument De Rugy) ; laquelle est morte récemment au combat de l’écologie de luxe pour publicité de supermarché, après avoir fait une horrible allergie au homard et aux vins fins devant son cuisinier confit aux petits oignons, le gourmand gastronome Mediapart — paix à son âme dorée à la feuille comme un certain sèche-cheveux de très mauvais goût et à sa corpulence filiforme malgré le gavage en Macronie…

En deuxième lieu, les anciens chiraquiens, aussi versatiles et insoucieux que l’ancien châtelain de Bity, sont bien sûr contre l’Union européenne (malgré les sourdines convenues sur ce sujet sensible devant les caméras fouineuses), mais les tourmentés ahuris sont cependant tout aussi résolus à conserver l’euro. Ah non ! Pardon… C’est pareil pour Marine, la fameuse poivrote qui étale aussi cette incohérence absolue tout au long de son inepte programme de gouvernance économique : gêné par cette constatation effarante, je retire donc cette proposition de mon argumentation sur les différences entre les alcoolémies respectives des deux monstres politiques.

En troisième lieu (ou le deuxième, je ne sais plus… car, en terre ultra-droitière, nous en perdons tous nos repères spatio-temporels les plus ordinaires…), il y a beaucoup plus d’élus dans le parti de l’éternel revenant, Nicolas le hargneux, que dans son odieux concurrent sur le marché de la détestation d’autrui et de l’égoïsme bien ordonné. Le Sénat de sire Larcher et son merveilleux restaurant sont d’ailleurs envahis d’édiles boursouflés issus de LR : la cohorte bedonnante et décrépite est énorme, c’est cependant bien plus que de raison électorale ou sondagière : remarquez, mes bons amis sous-citoyens, vu le nombre de mairies et de conseils départementaux ou régionaux qui risquent de sombrer dans la peste brune aux prochaines élections, ladite brasserie de luxe pour apparatchiks rondouillards va peut-être bientôt devoir ajouter de la choucroute rhénane et des bretzels bavarois à son riche et gras menu…

Et surtout, finalement, en énième dilemme sordide et minable bien avant d’être cornélien, beaucoup d’élus du parti bonapartiste hésitent entre s’allier avec l’orléaniste LaREM du nouveau Giscard, divinement prénommé Emmanuel, et s’acoquiner avec les anciens frontistes de l’ogresse mussolinienne ; alors que, pour sa part affamée et vorace, la faction raciste désire seulement engloutir ses rivaux de jumeaux à pleine gueule lupine. Ladite dévoration se déroulerait sous couvert d’obtenir leur soutien « désintéressé » lors des échéances à venir, car chaque requin a sa propre stratégie de court, moyen ou long terme pour dominer le marigot affairiste de la chaîne alimentaire.

Selon sa coutume logique et narquoise, le Diable vous propose de conclure un pacte « équitable », évidemment rédigé en série polycopiée parce qu’il a beaucoup trop de clients auprès desquels bonimenter : la proposition infernale s’effectue toujours avec un sourire aimable de commerçant afin de masquer sa mâchoire carnassière — le Démon connaît tout des méthodes entrepreneuriales et marchandes ; une amitié feinte sous son air exagérément jovial est nécessaire pour arnaquer un crétin, avec son consentement entier d’hypocrite abruti par le confort et par les vaines promesses sans lendemain.

En conséquence vaseuse autant que fangeuse, les oppositions entre les deux hydres s’avèrent claires et nettes comme l’eau de roche en pleine boue ; c’est déjà cela de distingué pour nos petites consciences évanescentes jusqu’à l’amnésie plus ou moins volontaire, après tout !

Dans quelques années, quand notre République bananière sera définitivement tombée dans l’escarcelle de l’outrage totalitaire (lequel est déjà bien entamé sous les forfaitures répressives du gouvernement actuel), certains des candidats à la succession du vieux jeunot Wauquier, le marquis venimeux à la fausse chevelure grisonnante, pourront joyeusement cirer les bottes victorieuses de leurs « alter ego » en misanthropie acharnée.

Ainsi tourne le vieux monde des politicards professionnels depuis des lustres, car aller à la soupe parlementaire nécessite toujours de mettre un peu d’eau tiédasse dans son lourd vin de messe passéiste. Même si pour cette fois, il s’agit naturellement de l’eau de chaux la plus vive et du fait que la piquette agressive vous prenne à la gorge juste avant de vous liquéfier les boyaux, illico presto. Pour châtier nos menus péchés de mécréants libertaires, le contenu du prochain catéchisme officiel de la Droite s’annonce donc aussi âcre et brûlant que soûlant.

Pour l’instant impérieux et hypnotique, les présents ambitieux ne s’inquiètent que de l’actualité la plus bêtement immédiate : une belle carrière pleine d’avenir lucratif demande du temps (sans se perdre dans trop de réflexions éthiques bien surnuméraires, toutefois…) et se construit étape par étape comme un vrai chemin de croix, dont les électeurs aveuglés par leur foi trop mal placée sont d’ailleurs les Jésus meurtris, malgré leurs prières sincères autant qu’à cause de leurs lâches imprécations.

Parfois, même les victimes sont les premiers complices des coupables sur la scène du crime. Par sa nature cynique et barbare, l’enfer politique déploie sa propre justice, très éloignée des critères ordinaires, et la sentence prononcée s’avère toujours très lourde, toute crue, voire inhumaine.

Selon la tradition aristotélicienne, la politique est l’art de faire vivre les gens ensemble et en paix, malgré leurs divergences d’opinions autant que de bas intérêts, car la chose, parfois amère, ennuyeuse ou embarrassante, est toujours préférable à la perpétuelle guerre civile.

Pourtant, dans le domaine du bien commun, ces piètres politiciens, situés au tribord du paquebot démocratique, ne sont pas près de mériter le titre d’« artistes », ni même d’artisans besogneux…

Demain est toujours présenté comme un autre jour, avec son éternel recommencement (propice à l’oubli, à la rédemption et à une nouvelle chance), mais le nouveau potron-minet finira peut-être par se changer en longue nuit avec une lune noire pour seul soleil. Telle sera sans doute la facture salée pour notre aveuglement condamnable et honteux…

Notre prudence endormie appelle désormais la terreur éveillée. À la suite angoissée de nos renoncements, les ténèbres s’installent lentement, mais sûrement.

Faudra-t-il bientôt voir s’éteindre tous nos espoirs et même nos droits les plus élémentaires ?

Qui cliquera sur l’interrupteur de nos lumineuses libertés ?

À lire et à cauchemarder sans attendre sur le site numérique du Monde → « Présidence du parti Les Républicains : la course à la droite de la droite. Pour séduire les militants et exister face à Christian Jacob, Julien Aubert et Guillaume Larrivé multiplient les “propositions-choc”… »

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