La recomposition du paysage politique après les élections européennes

La recomposition du paysage politique se traduit par l’effondrement du parti « Les Républicains », du parti socialiste et de la France Insoumise. Le dualisme mortifère dans le discours « progressistes » versus « populistes » (ou nationalistes) semble avoir porté ses fruits. Le parti « La République en Marche » a fait plus de 22% tandis que le Rassemblement National a fait plus de 23% des voix. Pour une alternative tangible au néolibéralisme, il faut sortir de ce duel létal.

La droite conservatrice s’est également prise une claque monumentale. Le parti « Les Républicains » se voit infliger une certaine défaite. La ligne politique de Laurent Wauquiez d’aller à droite toute ne porte pas ses fruits. Avec 8% des voix, le parti qui a pris la relève de l’Union pour un Mouvement Populaire a perdu plus de quatorze points par rapport aux dernières élections européennes. Dans ce contexte, la droite doit pouvoir se reconstruire, mais avec un triolisme que représente Emmanuel Macron laisse une droite comme un cerbère. Elle a trois visages : les macronistes, les centristes et les Républicains. De plus, le conservatisme devient un échec puisqu’Emmanuel Macron est en train d’appliquer le programme de façon light des conservateurs. Ils sont perdus entre rejoindre l’opposition et aller vers la majorité.

Les « écologistes » ont augmenté leur score par rapport aux dernières élections européennes, ils se sentent battre des ailes. Toutefois, il s’agit d’un vote de circonstance. En effet, le parti de Yannick Jadot se nomme « Europe-Écologie Les Verts » et non « France-Écologie Les Verts ». Il s’agit d’un parti politique tourné vers l’Union Européenne et l’Europe. Les adhérents et les votants pensent qu’il est possible de créer une dynamique portée vers l’Europe alors que le problème de l’écologie reste le libéralisme et plus ouvertement le capitalisme. Ce parti se situerait à gauche, mais Yannick Jadot souhaite insuffler une stratégie « Ni de gauche, ni de droite » pour porter les valeurs du parti écologiste Allemand. Il y a un risque de dérive fasciste lorsque nous lisons Ni droite, ni Gauche de Zeev Sternhell. Le dépassement du clivage gauche-droite apparaît comme particulièrement dangereux. En effet, il y a toujours eu un clivage dans ce pays, mais cela risque également de renforcer les libéraux et la politique du Greenwashing. Pourtant dans le cadre du réchauffement climatique, les accords de Paris, assez minimal en soi, il semble nécessaire de rompre avec le modèle actuel qui ne pourra qu’aggraver les conséquences du réchauffement climatique.

Le phénomène de la sixième extinction de masse commence à prendre une ampleur jusque-là trop minorée. On ne connaît pas vraiment la dimension de cette catastrophe, mais on peut dire une chose : sans un changement radical, cette catastrophe risque de s’amplifier de façon très extrême. L’anthropocentrisme y est pour beaucoup de choses. Dans les cycles géologiques, nous sommes d’ailleurs entré dans l’anthropocène : l’ère de l’être humain. Ce n’est pas anodin si le consensus scientifique admet que l’impact de l’être humain constitue une nouvelle ère géologique. Cette dernière a commencé depuis le début de la révolution industrielle. L’impact de l’être humain a un impact sur l’ensemble des écosystèmes.

D’après la théorie de Darwin, l’adaptation des animaux à leur nouvel environnement deviendra primordial. De nouvelles espèces verront le jour, mais combien d’espèces risquent de disparaître ? La sixième extinction massive des espèces aura des conséquences sur le court-terme de façon évidente, mais aussi sur le long-terme. Les écosystèmes seront fortement modifiés. Ces derniers sont dynamiques et évoluent sans cesse, mais face à une telle catastrophe, la dynamique de ces derniers risque d’être entièrement déstabilisé avec un problème de fond dans l’autogestion de la faune et de la flore. Chaque espèce joue un rôle fondamental. La moindre petite espèce qui disparaît entraîne une réaction en chaîne. Au niveau national, nous irons vers un climat continental entraînant un changement radical dans les conditions de vie de la population pour une raison simple, la fonde du Pôle Nord entraîne la disparition programmée du Gulf Stream (courant marin chaud) du fait l’injection de l’eau non-saline dans l’Océan Atlantique Nord. Dans le même temps, les étés seraient beaucoup plus chaud : les canicules seraient d’avantage létales pour la population avec une durée comprise entre dix à vingt jours par an.

Le mouvement de Jean-Luc Mélenchon a pris un certain revers aux élections européennes. En attendant que le calme retombe, les insoumis sont en pleine tourmente pour modifier la stratégie politique de leur mouvement. En attendant les conclusions du tribun sur cette défaite, Clémentine Autain a proposé un « big-bang » de la gauche radicale. Pour de nombreux insoumis, la remise en question passe parfaitement mal. Sur les réseaux sociaux, on sent une logique proche du lynchage. Cela pose de sérieuses questions quant à l’endoctrinement des insoumis vis-à-vis de Jean-Luc Mélenchon. De plus, il y a un sacré souci d’égocentrisme qui se traduit par le culte de la personnalité. Pour éviter toute critique, ils ont d’ailleurs lancé sur Twitter le Htag #JaiFIavecJLM. Jean-Luc Mélenchon ne pensait peut-être pas que les personnes de son propre mouvement le considéraient comme le sauveur suprême ou même le tribun pouvant sauver la France. On ressort l’Internationale d’Eugène Pottier de 1871, il est clairement dit : « Il n’est pas de sauveurs suprêmes, Ni Dieu, ni César, ni tribun, producteurs sauvons-nous nous-mêmes !« . La Commune de Paris fut une expérience autogestionnaire de grande ampleur qui marqua l’ensemble des esprits du prolétariat d’hier à nos jours. Or, dans la campagne pour les élections présidentielles, il a été rappelé à plusieurs reprise que l’objectif n’était pas de défendre Jean-Luc Mélenchon, mais bien le programme présidentiel. Autant dire, la France Insoumise peut changer de « porte-parole », cela ne poserait pas véritablement de problème. Sur la question sémantique, on constate que l’utilisation du terme « big-bang » n’a pas été comprise de la même façon pour tout le monde. Que peut-on réellement y voir dans le « big-bang » ? Tout d’abord, il s’agit de la création de l’univers résultant d’une explosion entre les différentes particules. Il s’agit du plus grand phénomène créateur que nous connaissons à ce jour. Il est responsable des galaxies, des étoiles, des planètes gazeuses ou telluriques, des lunes, et même des astéroïdes. Les insoumis les plus sectaires y voient une certaine forme de morcellement de la gauche sous prétexte que le « big-bang » est une explosion et que cela reviendrait à revenir à l’état antérieur du Front de Gauche. Or, jusqu’à présent, il n’a jamais été question de revenir au morcellement d’avant. Faut-il dire que ces personnes ont détruit le Front de Gauche ?

Toutefois, l’anticommunisme primaire devient dangereux. Les communistes doivent être des alliés structurels et non conjoncturels. Cette vision se traduit par le fait que Jean-Luc Mélenchon soit passé au Parti Socialiste et qu’il y soit resté jusqu’en 2008. L’un des objectifs du Parti Socialiste a été de détruire le Parti Communiste Français et de le rayer de la carte électoralement, mais aussi politiquement. N’est-ce pas pour rien qu’il avait envoyé un message à Pierre Laurent lors des dernières élections municipales que nous étions « la mort et le néant« . Pour un parti politique mort, il faut bien admettre qu’avec plus de 50 000 adhérents, deux groupes parlementaires et près de 8 000 élus, il y a tout de même un sacré écart. Combien d’élus a la France Insoumise ? Très peu. Depuis que le mur de Berlin est tombé, la droite et les néolibéraux n’attendent qu’une chose : enterrer le communisme. Or, pour quelqu’un qui se réclame de la gauche, il partage de nombreux concepts des libéraux. Pourtant, le communisme au-delà d’être affilié à de nombreux partis politiques se traduit le plus souvent par des mouvements sociaux-démocrates. Pour reprendre la parole de Karl Marx : « un spectre hante l’Europe : le spectre du communisme« . Le communisme fait toujours autant peur, peut-être parce que le programme de la mise en commun des biens a près de 150 ans d’avance sur « l’avenir en commun » et qu’il s’attaque non pas à une oligarchie fumeuse, mais bien à la bourgeoisie et à la classe dominante.

Il faut dire également que le fait qu’Andréa Kotorac  — un élu inconnu au bataillon  —  soit partie au Rassemblement National quelques jours avant les élections a fait un tort considérable à la France Insoumise. Il a affirmé que c’était par logique souverainiste. Or, le Rassemblement National a opéré un changement crucial de ligne sur la question de l’Union Européenne. Il n’est plus question d’en sortir, mais de la réformer de l’intérieur un peu comme tous les autres partis politiques. Malgré ce fait, il a tout de même trouvé que le Rassemblement National défendait le mieux les intérêts de la France. Il paraît que selon la Revue Éléments, c’est un « insoumis vraiment insoumis« . Il a déclaré que « je suis assez en lien avec la fibre sociale« . Il n’est pas certain que le national-libéralisme défend les intérêts du pays au sens des travailleurs, mais aussi qu’il y ait une fibre social dans ce dernier. C’est bien le contraire, il a été séduit par la « fibre libérale » du programme de Marine Le Pen. Dans les faits comme toutes formes de libéralisme, le national-libéralisme défend les intérêts des entrepreneurs, des entreprises et ultra-riches comme nous l’avons vu dans les réformes mises en avant par Donald Trump, mais aussi dans la tentative de Jaïr Bolsonaro de réformer le pays selon les intérêts de la bourgeoisie, mais c’est un échec assez cuisant. De même, il semble nécessaire de souligner que les États-Unis d’Amérique risquent de se retrouver en récession pour la fin de l’année 2019 et quasiment sûr pour l’année 2020 avec une crise financière de très grande ampleur à l’horizon. En Autriche, les alliés de Marine Le Pen ont tout de même fait passer la semaine à soixante heures avec un paiement différé du salaire dans les deux à trois années qui suivent. On peut tout de même se demander s’il a lu le programme de l’extrême-droite. La défense des intérêts se traduit par des accords bilatéraux de libre-échange, une réduction des dépenses publiques, remboursement de la dette à marches forcées. Autant dire que s’il trouve que Macron porte une politique détestable, il va encore plus apprécier le Rassemblement National. On cherche encore la fibre social de l’extrême-droite tout comme lorsque dans la petite ville métallurgique d’Hayange, elle s’attaque au Secours Populaire et aux milliers de démunis. Sur la question de l’immigration, il pense que des frontières fermées règlent le problème alors que cela le déplace sur d’autres continents. On notera qu’il est tout de même d’une certaine manière complice de la traite et de la mise en esclavage des noirs en Libye, tout comme le fait d’être responsable des milliers de naufragés qui perdent la vie dans la mer méditerranée. L’immigration est une souffrance, elle est rarement choisie, mais plutôt subie. Faut-il se mettre dans la tête que pour traverser des continents entiers au risque de leur vie et traverser des mers et des montagnes, il s’agit avant tout d’une question de survie ? Ensuite, Andra Kotorac est issu de l’immigration avec des origines serbo-iranniennes tout comme Jordan Bardella qui est originaire de l’Italie. Le devoir de mémoire impose de se souvenir de là d’où l’on vient. Enfin, dans le cadre d’une tentative d’un « remake » du second tour opéré par Emmanuel Macron, les électeurs les moins scrupuleux, dont certains gilets jaunes ont voté pour le Rassemblement National afin de faire barrage à sa politique.

Quant au Parti Socialiste, on peut considérer que ce dernier n’est pas encore au stade de cadavre ambulant. Il a réussi à faire un score supérieur à la France Insoumise. La Pasokisation prendra du temps avant de voir le Parti Socialiste disparaître entièrement du paysage politique. Il est plus facile de critiquer Emmanuel Macron lorsque le Parti Socialiste et Place Publique sont dans l’opposition que dans le gouvernement. En effet, le parti présidentialiste est une émanation entre autres du Parti Socialiste. On peut dire que Raphaël Gluksmann a réussi à sauver les miches au hollandisme.

Enfin, la dernière surprise vient du Parti Animaliste. Ce petit parti politique mono-thématique a fait plus de 2% des voix témoignant un intérêt pour la cause animale et le droit des animaux. Même s’il est dans une logique welfariste, près de 500 000 personnes souhaitent en finir avec l’exploitation actuelle des animaux. Toutefois, le parti animaliste ne va pas vers une logique abolitionniste, c’est regrettable. Sur le vote, on constate que le parti animaliste a été victime de nombreuses fraudes de la part de certaines mairies. Ils ont lancé un recours devant le Conseil d’État pour contester le fait que de nombreux bulletin de vote n’étaient pas présents alors que le parti animaliste en avait commandé près de 7 millions. Cela a un impacte important sur le nombre de votants. Ce dernier aurait pu dépasser les 3% et se faire rembourser la campagne. Nous en serions plus sur les jours qui vont venir.

Les prochaines élections municipales risquent de bouleverser la vie publique. Les enjeux locaux risquent d’avantage d’intéresser les Français.

A propos Caroline Fouchard 73 Articles
Fuck la Propriété Privée

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