Hôpital la Pitié-Salpêtrière : une #FakeNews d’état

Photo Karim Daher. Hans Lucas

Le 1er mai 2019, le gouvernement n’a pas dérogé à sa règle de conduite dans la répression contre les mouvements sociaux. Il se défend de lutter contre les casseurs, mais dans les faits le gouvernement se bat contre les syndiqués, les manifestants et les gilets jaunes. Dès le départ de la manifestation, les Forces de l’ordre ont attaqué le cortège de la CGT sous prétexte de « Black Bloc ».

Les différents éléments que nous avons à notre disposition montrent que la nouvelle stratégie en matière de maintien de l’ordre dérape de manière très féroce. Il faut dire que « la loi anti-casseur » se résumait à limiter le droit de manifestation au nom de l’ordre public et politique. Les castors peuvent se revendiquer de faire barrage à l’extrême-droite, mais dans les faits, ils ont voté pour une loi profondément fasciste venant de l’extrême-droite libérale à savoir le parti « Les Républicains ». Les effets commencent à se sentir et les droits fondamentaux sont en train de reculer les uns après les autres. Entre les contrôles renforcés aux abords de la manifestation, le fait que certains journalistes n’ont pas pu venir sur place sans les protections adéquates ou se sont faits confisquer leurs matériels sans motifs légitimes témoigne d’une longue dérive autoritaire. Le rempart contre l’extrême-droite est bien en train de s’effondrer pierre par pierre.



Le néolibéralisme ne supporte pas la contradiction notamment les manifestations dans les rues. Depuis près de cinq mois, il s’acharne à faire régner la terreur. Pour autant, cette stratégie de l’escalade ne date pas d’hier, on l’a vu dans les manifestations contre les ordonnances Macron et la loi El-Khomri pour donner qu’un exemple. Dans un lapsus révélatif, Emmanuel Macron affirmait qu’il voulait terminer avec l’état de droit avant de se reprendre sur l’état d’urgence. À travers la codification de cette dernière dans le droit commun, nous sommes dans un état d’urgence permanent. Le syndicat de la magistrature a affirmé que nous allions tout droit vers un état policier. C’est ce que l’on assiste doucement à travers cette longue dérive vers un pouvoir toujours plus autoritaire et déterminé à régner dans la violence.

Dans le cadre d’une répression acharnée, les forces de l’ordre ont créé des nasses où les manifestants étaient plongés dans un nuage de gaz lacrymogène très concentré. Ainsi, lors d’une charge à proximité de l’Hôpital de la Pitié-Salpêtrière, les manifestants se sont réfugiés dans un endroit où ils sont censés être en sécurité. Ce n’était pas de l’avis de la Préfecture de Police et du gouvernement. La véritable intrusion était celle des forces de l’ordre. Personne n’en parle. Pourtant, ils ont réussi à créer une scène de chaos au sein de l’Hôpital alors que la situation était parfaitement calme. En chargeant à l’intérieur et faisant circuler les voltigeurs, les forces de l’ordre ont mis sciemment en danger les soignants, les patients et les manifestants. Christophe Castaner en affirmant que l’Hôpital a été attaqué par les gilets jaunes et les Blacks Blocs s’est enterré dans un mensonge d’état soutenu par la directrice de l’Hôpital et un médecin formateur du Raid et du GIGN. Pourtant, toutes les preuves témoignent des faits suivants : les personnes ont tenté de rentrer dans la réanimation pour fuir à juste titre les charges des forces de l’ordre. Les soignants ont expliqué aux manifestants que cela n’était pas possible qu’ils entrent dans un tel service où le pronostic vital des patients est engagé. Les manifestants ont rapidement compris où ils étaient atterris.



Le lendemain, la presse néolibérale a tenté de forcer à dire ce que les manifestants n’ont pas dit. Mais les soignants ont clairement permis la désescalade de ce scandale monté de toute pièce par le ministère de l’Intérieur. Ils ont le courage de remettre en cause la version étatique et l’ensemble des fake-news tout comme le complotisme d’état. N’est-ce pas un hasard si le gouvernement se réapproprie une grande partie de la terminologie de l’extrême-droite au point de défendre les thèses les plus abjectes ? Enfin, ce n’est pas la première fois que nous assistons à ce genre d’événement. On se souvient des événements de l’Hôpital Necker où les forces de l’ordre avaient créé un « guet-apens » contre les manifestants.

De nombreux médias comme France-Info ont soutenu la thèse de l’attaque. On constate que l’ensemble des médias qui se sont placés dans cette théorie tout comme de l’ensemble des protagonistes tombent sous le coup de la loi des « fausses informations ». En effet, cette dernière est caractérisée puisque les différentes expressions ont créé des troubles à l’ordre public de manière assez manifeste. Pourtant, la Justice semble être particulièrement sourde quand il s’agit de faire des enquêtes sur les ministres. Si entre temps, le premier flic de Beauvau a fait un mea-culpa, les faits sont présents. La seule option qu’il dispose, c’est de remettre la démission au Premier ministre.



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