Aux Etats-Unis d’Amérique : une GPA éthique ?

De l’autre côté de l’océan atlantique, une grand-mère a mis au monde son petit-fils pour son enfant et son ami. La Gestation Pour Autrui (GPA) est légalisée dans certains Etats, mais elle ouvre un débat éthique, pose la question de la marchandisation du corps de la femme et le rôle de la société vis-à-vis de l’inceste.

La GPA dans le milieu féministe est largement mise en cause au nom de la marchandisation du corps de la femme. Dans le cadre de la législation française, cette dernière est strictement interdite par le Code Civil. Toutefois, les enfants nés de GPA à l’étranger sont enregistrés dans les actes d’état-civil selon une décision du Conseil d’Etat. Cette position de la Justice est totalement indépendante de la garde des Sceaux. Il faut souligner que les opposants à la Procréation Médicale Assistée (PMA) pour les couples lesbiens considèrent que son ouverture engendrerait de facto la légalisation de la GPA. Le mécontentement des conservateurs s’est largement amplifié puisqu’ils y ont vu une faille juridique ouvrant la voie à la GPA. Il s’agissait dans le fond uniquement de donner des droits à ses enfants vivant sur le sol français leur donnant la nationalité française. Si la législation à travers l’article 16-7 du Code Civil rend nulles les conventions comme les contrats, le législateur n’a pas pris les mesures pour créer un délit afin de sanctionner les parents qui contournent les Lois de la République.

Lorsque j’étais plus jeune, j’ai vu un film qui m’a profondément marqué concernant la GPA. Le film Juno met en scène une jeune femme ayant une relation sexuelle non protégée. Elle tombe enceinte. L’un des problèmes réside dans le fait que Juno est étudiante et ne peut se permettre d’endosser le rôle de mère au vu de son jeune âge. En se rendant au planning familiale, elle se rend compte de l’état insalubre de ces associations, dont l’accueil ne donne pas forcément envie de pousser la porte. Il y a en filigrane un message clairement opposé à l’avortement. Suite à de nombreux raisonnements, elle décide de garder le fœtus. Toutefois, l’une des questions qui la taraude le plus sera quel avenir pour l’enfant qu’elle mettra au monde. Dès lors, elle cherche une famille dans les différentes listes d’annuaires et potins pour l’adoption de bébé. Juno trouve une famille pour adopter le bébé qu’elle va mettre au monde. Cette famille apparaît comme fonctionnelle au premier abord. Pourtant, le couple semble être au bord du divorce. Alors que la grossesse arrive presque à terme, le mari décide de rompre la relation laissant la femme comme seule. Dès lors, un ensemble de questions envahi l’esprit de Juno afin de savoir si elle peut toujours fait confiance à la femme. Mais une amitié entre les deux se fera au fur et à mesure. Ainsi, le bébé que Juno aura mis au monde sera élevé dans une famille monoparentale. L’histoire se termine également par le fait qu’elle décide de former un couple avec le partenaire sexuel à l’origine de l’histoire. Il existe également une satyre au propos du lycée où les “bad boys” s’interesseraient uniquement aux pin-ups alors que dans le cas du film, c’est l’inverse. Il se crée une certaine forme d’amertume. À la fin de l’histoire, tout le monde est heureux.

Pourtant, si le film s’il est particulièrement émouvant, captivant et très riche en émotion, il s’inscrit dans un certain militantisme en faveur de la GPA. Il touche dès lors un sujet très sensible au sein des sociétés occidentales. Or loin de la fiction que procure Juno, la femme est utilisée comme une gestatrice pour un couple tiers. Ainsi, ses organes génitaux de la femme à travers l’utérus sont mis à contribution afin de mettre naissance à un nourrisson. De ce fait, le corps de la femme devient une chose et un objet. La marchandisation d’une partie du corps de la femme ne s’inscrit pas dans une vision égalitariste de la société, mais bien dans une société dystopique où l’égalité entre le mâle et la femelle n’existe pas. En ce qu’il concerne la République Française, la pensée libertarienne reste marginale voir quasiment inexistante. Ainsi, les mœurs défendues par les anarcho-capitalistes ont aucun impacte sur la vie politique française. De plus, il existe un certain nombre de tabous, dont certains doivent voler en éclats alors que d’autres sont nécessaires au bon fonctionnement de notre société.

Ensuite, un couple homosexuel masculin américain a utilisé une stratégie très fine pour ne pas adopter un nourrisson né sous X. La convention passée entre le conjoint et la mère ne prévoyait aucune somme d’argent. De ce fait, elle a donné son corps pour recevoir des spermatozoïdes du partenaire de son fils afin que son fils et son conjoint puisse élever un enfant dès la naissance. Or, pour femme, une grossesse à l’âge de 61 ans met clairement en danger la mère porteuse. Pourtant, la question majeure réside également dans la nature incestueuse de la naissance du nourrisson. En effet, le bébé mis au monde est à la fois son fils et son petit-fils. Ainsi, lorsque l’enfant sera en âge de développer son vocabulaire, il sera confronté à un dilemme de fond. Comment va-t-il appeler sa mère porteuse et différencier la grand-mère que représente la mère porteuse au regard de son fils. On peut supposer que ces questions peuvent troubler le développement psychique de l’enfant, mais aussi créer des troubles psychiques de fond comme la dépression ou une perte de repère dans son identité.

Enfin que l’on se rassure, la GPA n’est pas près d’arriver en France du fait de ses valeurs universalistes qu’elle défend et qu’elle promeut sur l’ensemble du globe. Le modèle de la GPA que l’on peut trouver en Inde également ne verra jamais le jour dans une société qui défend le droit des femmes et lutte contre toutes les formes de marchandisation du corps d’où qu’elle vienne.

0 0 vote
Article Rating
S’abonner
Notifier de
guest
0 Commentaires
Inline Feedbacks
View all comments
0
Would love your thoughts, please comment.x
()
x