Les animaux méritent les mêmes droits fondamentaux que les êtres humains

Les droits constitutionnel et international fondent les libertés fondamentales pour les êtres humains. Des progrès ont été réalisés dans ce domaine, mais une partie des êtres vivants a été oubliée par ceux qui rédigent les lois. Les animaux ne possèdent aucun droit et sont relégués à l’état d’objets mercantiles pour le capitalisme. La boucherie, la charcuterie et la fromagerie exploitent des animaux pour générer des profits. Des entreprises comme Charal ou Lactalis font leur beurre sur le dos des animaux puisque ceux-ci n’ont aucun droit si ce n’est celui d’être exploités. Il est temps que le monde animal entre dans le droit fondamental avec un droit à la vie.

L’article 1er de la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen de 1789 affirme que « Les hommes naissent et demeurent libres et égaux en droits ». Dans un premier temps, cela ne choque pas. C’est même plutôt bien. Tous les êtres humains sont égaux devant la loi. Pourtant, les zoonimaux sont les grands oubliés de cette déclaration, ce qui ouvre la voie à un spécisme d’ordre constitutionnel.

Les débats sur la réforme de la constitution engagés par le gouvernement n’ont bien évidemment pas pris en compte l’importance de la lutte contre le spécisme. Pire, cette oppression a même été renforcée au cours des discussions autour des États Généraux de l’alimentation (ÉGalim — 20 juillet 2017 – 21 décembre 2017) qui ont débouché sur la Loi Agriculture et Alimentation promulguée le 1er novembre 20181)https://www.legifrance.gouv.fr/affichTexte.do;jsessionid=702D1C4C41DBFB79B23245B3C2C59A06.tplgfr31s_2?cidTexte=JORFTEXT000037547946&dateTexte=&oldAction=rechJO&categorieLien=id&idJO=JORFCONT000037547943

Le pouvoir législatif aux mains des capitalistes repousse l’idée d’une législation en faveur des zoonimaux. La lutte parviendra pourtant à renverser cette tendance. Le légalisme a ses propres limites puisque ce sont les possédants qui rédigent les lois auxquelles nous sommes soumis. Dès lors, la désobéissance civile pourrait répondre à l’article 2 qui affirme que « Le but de toute association politique est la conservation des droits naturels et imprescriptibles de l’Homme. Ces droits sont la liberté, la propriété, la sûreté, et la résistance à l’oppression ». Or, les zoonimaux sont opprimés dans les élevages, les trayeuses ou encore dans les abattoirs. Nous sommes sur la bonne voie. Sauf que la « résistance à l’oppression » n’est jamais utilisée puisque l’État est garant du droit et qu’a fortiori l’État n’opprime pas. Foutaises que tout cela ? Vous avez raison, c’est l’État qui a le monopole de la violence et de l’oppression.

Dans une tribune du Figaro 2) Tribune Collective,« Les végans n’ont pas le droit de faire régner la peur !»Le Figaro, le 9 octobre 2018, consulté le 22 février 2019, [En Ligne], URL : http://www.lefigaro.fr/vox/societe/2018/10/06/31003-20181006ARTFIG00115–les-vegans-n-ont-pas-le-droit-de-faire-regner-la-peur.php

« Ces actions « coup de poing », violentes (marquage au fer rouge, abattoirs envahis et représentés en feu, faux sang déversé par litres, vandalisme de boucheries, d’abattoirs, dessins suggestifs, menaces aux personnes), dont les auteurs revendiquent une confrontation ouverte et violente notamment avec l’industrie de la viande et les forces de police, doivent être punis sévèrement par l’État.

Les spécistes et l’industrie spéciste appellent à la répression contre les véganes.

« Ces idéologues apparentent l’industrie de la viande à un « holocauste ». Ils comparent la fin de l’exploitation animale à l’abolition de l’esclavage et prônent purement et simplement la disparition de l’industrie de la viande au mépris des conséquences sur les emplois, les filières, l’agriculture et nos territoires. 3)Idem »

Pourtant, le législateur possède tous les outils pour légiférer et mettre fin aux abattoirs, à l’élevage et aux fermes. S’il faut sacrifier des ouvriers, des travailleurs agricoles ou des fermiers pour que les animaux puissent reprendre leurs droits, alors il le faudra bien. D’ailleurs, des milliers d’autres emplois seront créés en phase avec notre nouvelle façon de consommer

« Nous nous soucions de l’impact environnemental, du bien-être animal, mais aussi de la santé. 4)Id. »

Ils affirment se soucier du bien-être animal. Dans les faits, cela s’apparente davantage à de la propagande. Le réformisme du bien-être animal termine toujours de la même manière : à l’abattoir avec un coup de pistolet à tige perforante dans la tête avant que l’animal soit égorgé encore conscient ou non. Est-ce cela qu’on appelle la bien-traitance animale ? Je pense que non.

Les zoonimaux sont des êtres vivants tout comme les êtres humains. Pourquoi n’auraient-ils pas les mêmes droits ? Une question technique, mais avant tout éthique. Tant que la cruauté de l’être humain s’exercera à l’endroit des animaux, des scandales ne cesseront d’être dévoilés. Les êtres humains en seront scandalisés qu’on ait affaire à des zoonimaux dits domestiques ou des zoonimaux dits d’élevage. De cette émotion, il faudra qu’il en sorte un raisonnement constructif à l’endroit des animaux, sinon elle ne sera qu’une réaction  vaine et passagère qui ne fera pas progresser le combat pour la « libération animale ». Elle ne sera pas superflue. Souvent, nous assistons à de nombreuses pétitions réclamant que les personnes ayant maltraité des animaux soient reconnues responsables et purgent de véritables peines de prison, mais ces cas de sévices révélés au grand public ne sont que la partie émergée de l’iceberg… Pourtant ceux qui coupent les carotides des bœufs, des vaches, des moutons, etc., pour qu’ils servent de nourriture aux êtres humains, ne sont jamais inquiétés par la loi — ces sévices étant malheureusement légaux. La maltraitance animale pour de nombreuses personnes est à géométrie variable, nous l’aurons bien compris. De même dans les cirques comme Pinder ou Zavatta où les animaux sont torturés pour qu’ils réalisent des spectacles, la foule se presse pour regarder les shows sans se douter de ce qui se trame en coulisses. Dans l’ombre des abattoirs, des élevages, des hangars où traites, mutilations et inséminations artificielles se succèdent, la maltraitance est quotidienne et régulière, mais ironie du sort tant que cela n’est pas filmé et que cela ne passe pas dans les grands médias bourgeois, la population ne s’en soucie pas. Pire, elle continue à manger des muscles, des organes, des produits laitiers sans que cela l’inquiète ou perturbe sa bonne conscience.

Dans une tribune de Libération5)Paul Ariès, politologue , Frédéric Denhez, journaliste, chroniqueur (« CO2 mon amour » sur France Inter) et Jocelyne Porcher, sociologue, directrice de recherches à l’Inra, « Pourquoi les végans ont tout faux », Libération, le 18 mars 2018, consulté le 22 février 2019, [En Ligne], URL : https://www.liberation.fr/debats/2018/03/18/pourquoi-les-vegans-ont-tout-faux_1637109, il est dit que

« les théoriciens et militants végans ne sont pas des révolutionnaires, ils sont, au contraire, clairement les idiots utiles du capitalisme. »

Les spécistes voient dans le véganisme une forme d’ultra-capitalisme. Une ironie, puisque la majorité des véganes sont justement anticapitalistes. En reprenant l’expression « idiots utiles », les défenseurs du mode de vie carné se placent dans une logique stalinienne. Quelle sera la prochaine étape ? Le goulag pour les véganes puisqu’ils demandent les mêmes droits fondamentaux pour les animaux que les êtres humains ? Il s’agit d’un raisonnement typiquement binaire, soit vous défendez l’agriculture raisonnée tout en participant à un altercapitalisme qui reste un capitalisme puisque l’INRA fait des expériences sur les zoonimaux en les rendant captifs pour accroître leur rendement. Il s’agit d’une forme d’eugénisme. Une pensée très dangereuse qui a fait de nombreux dégâts sur les zoonimaux comme sur les êtres humains durant le XXe siècle.

« Le véganisme est dangereux. Il participe à la rupture programmée de nos liens avec les animaux domestiques. Il menace de nous condamner à la disette en nous ramenant à l’agriculture prédatrice des temps anciens. 6)Idem »

L’agriculture du futur ne nous ramènera pas au temps des disettes, bien au contraire, nous réapprenons à cultiver de façon biologique sans produits animaux. Dans le même temps, les technologies de l’intelligence artificielle permettent de mieux contrôler les cultures en temps réel. La question de la peur de la « disette » est une manœuvre politique pour faire peur à ceux qui soutiendraient le véganisme et les rendrait responsables des différentes famines. Notre pays n’en connaît pas. Bien au contraire, nous produisons beaucoup trop et une grande partie de nos récoltes est jetée à la benne pour éviter l’effondrement des prix. Rien n’est dit sur le fait qu’un animal sur trois termine à la poubelle. Est-ce comme ça que ça se passait avant ? Au contraire, nos anciens ne jetaient pas de nourriture puisqu’elle était sacrée et le fruit d’un dur labeur. Avec un monde végane, nous pourrions nourrir l’ensemble de l’humanité en supprimant toutes les famines sur l’ensemble du globe.

Pour conclure la Tribune affirme que

« Un monde terrifiant. La consommation de la viande a introduit, dès la préhistoire, l’obligation du partage, l’invention de la logique du don et du contre-don, car un chasseur ne consomme jamais son propre gibier. 7)id. »

Or, le monde terrifiant qu’ils voient prendre racine remettrait le commerce primitif que Karl Marx décrit à travers le troc qu’il note : M — M’. C’est une réduction inepte comme si les échanges préhistoriques se résumaient à celui de la viande. Les tribus s’échangent tous les produits pour permettre de survivre. En Amazonie, ce système d’échanges continue de perdurer. La valeur du produit a fonction de monnaie. De même, il n’y a pas de remise en cause de l’origine du passage de la cueillette à la chasse. En effet, il s’agissait avant tout d’une question de survie. Cet instinct est propre à l’ensemble des animaux lorsqu’ils sont menacés. L’exemple du vol 571 Fuerza Aérea Uruguaya où les survivants ont dû se résoudre au cannibalisme décrit bien la pulsion de survie qui anime tous les animaux.

La lutte sera longue et parsemée d’embûches, mais on reconnaîtra un jour que le véganisme reste la seule porte de sortie au consumérisme et au capitalisme. Pour cela, il faudra bien admettre que les droits fondamentaux dont jouissent les êtres humains soient appliqués aux zoonimaux.

Notes   [ + ]

1. https://www.legifrance.gouv.fr/affichTexte.do;jsessionid=702D1C4C41DBFB79B23245B3C2C59A06.tplgfr31s_2?cidTexte=JORFTEXT000037547946&dateTexte=&oldAction=rechJO&categorieLien=id&idJO=JORFCONT000037547943
2.  Tribune Collective,« Les végans n’ont pas le droit de faire régner la peur !»Le Figaro, le 9 octobre 2018, consulté le 22 février 2019, [En Ligne], URL : http://www.lefigaro.fr/vox/societe/2018/10/06/31003-20181006ARTFIG00115–les-vegans-n-ont-pas-le-droit-de-faire-regner-la-peur.php
3, 6. Idem
4. Id.
5. Paul Ariès, politologue , Frédéric Denhez, journaliste, chroniqueur (« CO2 mon amour » sur France Inter) et Jocelyne Porcher, sociologue, directrice de recherches à l’Inra, « Pourquoi les végans ont tout faux », Libération, le 18 mars 2018, consulté le 22 février 2019, [En Ligne], URL : https://www.liberation.fr/debats/2018/03/18/pourquoi-les-vegans-ont-tout-faux_1637109
7. id.

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