#44 Le Con Du Jour : Alain Finkielkraut insulté et hué par des antisémites

À Paris, le 16 janvier 2019, l’essayiste néoconservateur et réactionnaire Alain Finkielkraut s’est fait prendre à partie par certains Gilets jaunes. Des insultes fusent comme « sale sioniste » ou encore « retourne à Tel-Aviv ». Le membre de l’Académie française a été immédiatement encerclé par les forces de l’ordre afin de le protéger d’une foule prête à le lyncher. Il s’agit d’une suite d’actes antisémites parfaitement intolérables qui se déroulent la veille du grand rassemblement transpartisan contre l’antisémitisme.



Que signifie la terminologie qu’il « retourne à Tel-Aviv » ? C’est une façon de considérer que l’essayiste n’est pas français, mais israélien. On peut y voir la même chose quand à un  Africain on dit « retourne en Afrique ». C’est typiquement raciste et de surcroît antisémite. Ce raisonnement, de déposséder les juifs de leur nationalité constitue une résurgence de l’idéologie « néo-nazie ». En effet, il y a une volonté de considérer le juif comme étant apatride, dont le seul pays serait par conséquent Israël. Il s’agit de la même logique qui a poussé des auteurs inconnus et lâches à recouvrir de croix gammées une peinture à la mémoire de Simone Veil. Pourtant, Alain Finkielkraut n’a aucune intention de faire l’Alyah. C’est justement un signal aux Français juifs que, face à la menace antisémite qui se développe ces dernières années, il fait partie des juifs qui ne lâcheront pas le combat contre l’antisémitisme.



Georges Brassens chantait la chanson « la mauvaise réputation » se moquant des « cul-terreux » dans les années 1950. Ces actes isolés, de certains Gilets jaunes, font le bonheur des différents médias, mais aussi du gouvernement qui n’hésite pas à tacler l’ensemble du mouvement des Gilets jaunes. Les responsables en ont-ils conscience ? Par leurs actions, ils n’hésitent pas à saboter leur propre mouvement. Au moment où la mobilisation tend à céder le pas du fait des vacances d’hiver, il ne pouvait rien arriver de pire pour diviser le mouvement sur des questions futiles. On voit apparaître sur les groupes Facebook l’éternel débat entre antisémitisme et antisionisme. De nombreux Gilets jaunes déclarent que l’antisionisme n’est pas un antisémitisme comme si l’idéologie qui promeut la destruction d’Israël n’était pas antisémite. Autant dire qu’il s’agit d’un débat en vase clos d’où il ne sortira rien de bon. De plus, les Gilets jaunes font des jérémiades et voient un complot dans cette scène.

Dans le cas présent, on peut se demander si le groupe de Gilets jaunes qui a pris à partie le philosophe n’était pas fan de Dieudonné ou d’Alain Soral. En effet, ces derniers collectionnent les condamnations pour antisémitisme, mais aussi pour négationnisme. Les deux ont d’ailleurs soutenu le mouvement des Gilets jaunes. On a pu observer différentes « quenelles » qui simulent un salut-nazi inversé comme l’ont souligné de nombreux politologues, mais aussi les décisions de justice. Dans le même temps, naguère, des Gilets jaunes chantaient la chanson de la « quenelle » sur les marches du Sacré-Cœur.



L’antisionisme au XXIe siècle n’a pas le même sens que l’antisionisme d’avant la Shoah. Aujourd’hui, il existe différents courants sionistes : la gauche sioniste laïque et la droite religieuse colonialiste. Ce sont deux formes de sionisme entièrement antagonistes qui s’opposent avec virulence. Cela a d’ailleurs abouti à l’assassinat d’Yitzhak Rabin —  artisan de la paix et de l’accord d’Oslo avec les Palestiniens, dont l’OLP.



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