Le capitalisme de la Saint-Valentin

Aujourd’hui, c’est le jour de la Saint-Valentin. Dans la tradition populaire, il s’agit du jour des « amoureux ». Les publicités de ces derniers jours poussent les consommateurs à acheter des produits en faveur de leur ami·e. Pourtant, cette journée, placée sous le signe de l’amour, pose de sérieuses questions notamment pour la lutte des droits des femmes. La chosification de la femme a laissé place à l’amour réel comme si un objet pouvait représenter l’amour.



Son origine remonte à Valentin de Terni qui est fêté le 14 février et est désigné par l’Église catholique comme saint patron des amoureux. Le pape Alexandre VI lui donne le titre de « patron des amoureux » en 1496. Avant de devenir une « fête laïque », il s’agissait d’une « fête catholique » avec la rigueur et la réaction que cela impliquait.

Pour les commerçants, en pleine période des Gilets jaunes, qui commencent à calculer leurs pertes, il s’agit d’une aubaine pour relancer leur carnet de commandes et sauver leur fonds de commerce. Autant dire, qu’il s’agit avant tout d’une question capitaliste. L’amour génère une demande très importante dans les différents produits que les commerçants ou les grandes enseignes vendent pour que cela plaise à leur partenaire. Tout est orienté sur le côté charnel de la femme dont les bijoux, les MM’s, etc., pullulent dans les spots des différentes chaînes de télévision ou de radio.



La question fondamentale que pose la Saint-Valentin est la suivante : peut-on fêter une fois par an l’amour entre un couple et ignorer ce même couple tout le reste de l’année ? Il s’agit d’une vision particulièrement misogyne de la société. Fêter une fois par an l’amour dans un couple quelle que soit sa nature induit que durant les jours autres que ceux de la Saint-Valentin, l’amour n’existe pas. Cela laisse une porte ouverte à de nombreuses exactions contre les femmes. La violence contre les femmes ne s’arrête jamais. Depuis le début de l’année près de vingt femmes sont décédées sous les coups de leur conjoint. De plus, cette tradition « populaire » tend à effacer les violences faites aux femmes. Il s’agit de masquer la réalité de ce que subit la femme dans son quotidien : harcèlement physique ou en ligne (comme la ligue du LOL), violences sexuelles ou viols. Il faut rappeler que la majorité des exactions sexuelles sont commises dans le cercle proche et en particulier par le mari.

Repeindre un tableau en rose fait le bonheur des capitalistes, mais ne fait pas le bonheur de la femme. Pour cause, le capitalisme est profondément sexiste. Il distille tous les jours la chosification de la femme pour vendre ses produits. Le sexisme est une bataille à mener tous les jours y compris le jour « des amoureux ».



Soyez le premier à commenter

Laisser un commentaire