Le fiasco est-il prévisible pour la privatisation d’ADP ?

Le gouvernement souhaite privatiser ADP (Aéroport De Paris). Mais cette privatisation ressemble étrangement à la privatisation qui s’est déroulée à Toulouse et qui s’est transformée en un véritable fiasco. En effet, les Chinois qui ont remporté le contrat ont largement arrosé de dividendes les nouveaux actionnaires au détriment des investissements dans l’aéroport. Vinci regarde avec de grands yeux ce projet de privatisation, car le trust possède déjà de nombreux aéroports à l’international.



La proposition présentée au Sénat après avoir été actée par l’Assemblée nationale a été refusée : en cause, le projet de privatisation. Les sénateurs considèrent qu’il s’agit d’une entreprise stratégique. Mais le gouvernement est déterminé à mettre en œuvre cette privatisation puisque le texte passera bientôt en seconde lecture à l’Assemblée nationale. En 2017, près de 101 569 083 voyageurs ont pris l’avion ou transité par les trois aéroports : Roissy – Charles-de-Gaulle, Orly et Le Bourget. L’État détient 50,6 % d’ADP ce qui représente quelque 9,5 milliards d’euros. Un pactole pour l’État de manière temporaire. Dans le même temps, la construction du terminal 4 de l’aéroport Roissy – Charles-de-Gaulle en ferait le premier aéroport européen. Autant dire que des entreprises comme Vinci lorgnent sur cette privatisation. En Europe, Vinci a été le champion de la privatisation des aéroports au point d’être sûrement le premier opérateur d’aéroports en matière de gestion. Si l’investissement initial peut apparaître important, les dividendes qui s’ensuivent peuvent être extravagants. Une source importante pour les actionnaires.



Si les futurs propriétaires prévoient souvent des investissements, dans les faits, ces investissements sont toujours revus à la baisse, ce sont les dividendes qui prévalent. Dans les entreprises du CAC40 environ 20 % des profits sont destinés à l’investissement, le reste sert à rétribuer les actionnaires sous forme de dividendes et de rachats d’actions. Le dépeçage semble annoncé à nouveau, on sait bien que les privatisations ne servent jamais les intérêts des citoyens. La privatisation des autoroutes — dont les profits explosent d’année en année — tant vantée sous le gouvernement Villepin s’est transformée en un véritable « racket » des usagers. Dans le cadre du projet de la privatisation d’ADP, ce seront les entreprises qui seront rackettées et le prix des billets risque d’augmenter au détriment du pouvoir d’achat. Le gouvernement souhaite que la privatisation serve l’investissement public. Mais les dividendes d’ADP auraient aussi pu servir l’investissement public, tout autant que permettre  la résorption de la dette et du déficit public.



Pour les citoyens, il convient de se mobiliser contre ces privatisations. En effet, ADP appartient à l’État et donc aux citoyens. Les citoyens doivent avoir le dernier mot. Le gouvernement voulait faire un référendum, la question des privatisations pourrait entrer dans ce cadre et permettre au peuple de s’exprimer librement. Au moment où Emmanuel Macron est crédité de 22 % dans les sondages pour les élections européennes, il n’a pas la majorité et la légitimité de poursuivre sur cette voie-là.



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