Des dividendes records pour l’année 2018

Extrait de l’Humanité du Jeudi 10 janvier 2018

L’année 2018 aura été un bon cru pour les entreprises du CAC40. Les dividendes ont dépassé ceux de l’année 2007 alors que la crise se profilait. Le fameux CICE qui a été pérennisé sert en premier lieu aux actionnaires comme nous le voyons ci-dessus.

Emmanuel Macron déclarait il y a peu que les Français n’ont pas le goût de l’effort. On se demande bien de quels Français il parlait. Est-ce les actionnaires qui empochent toujours plus de dividendes avec des « licenciements boursiers » que pratiquent tous les groupes industriels, financiers ou commerciaux ou bien les « salariés » qui triment toute la journée pour pouvoir survivre à défaut d’avoir un salaire décent. Au-delà de cette entourloupe, la « politique de l’offre », on constate que la part de la redistribution vers les salariés atteint environ 5% du bénéfice net comme c’est le cas pour le groupe Total.

Ce tel écart témoigne que malgré la crise passée de 2007, les entreprises du CAC40 sont en « bonne santé », mais cette santé se fait par la destruction de la main d’œuvre pour pouvoir toujours plus augmenter leur plus-value. On nous retorquera qu’il s’agit de l’investissement basé sur la « prise de risque », mais dans ces grands groupes, il n’y a pas véritablement de prise de risque puisque ces derniers sont à coup sur de dégager des bénéfices.

Des groupes comme Airbus, Carrefour, la Société Générale, BNP Paribas, Schneider Electric, etc., licencient massivement. La perle provient à Carrefour qui a décidé de mettre à la porte près de 4 500 salariés. Au total, les entreprises du CAC40 auront procédé à la suppression de près de 15 000 emplois. Nous ne sommes pas en période de crise. Mais, les licenciements continuent à être accentués par les « ordonnances Macron ». Ces dernières devaient justement permettre de créer un système de « flexibilité à la Française » pour reprendre les termes de Muriel Pénicaud. Ces dernières ordonnances devaient stimuler le marché de l’emploi. Or, nous avons assisté à des opérations opportunistes avec la « rupture conventionnelle collective », mais aussi à la mise sous pression sur « les plans de départ volontaire » comme c’était le cas pour le groupe SFR. Derrière ce verbiage technocratique, se cache une politique forcenée contre le travailleur qui se retrouve à n’être qu’un « kleenex » pour satisfaire les besoins des entreprises à un moment donné. Nous assistons à la phase où les capitalistes sont en train de remporter « la lutte des classes » grace à un gouvernement qui bichonne particulièrement les capitalistes.

Cela correspond à tout même près de 0,1% du taux de chômage supplémentaire sans compter les effets indirects sur l’emploi. La potion de Muriel Pénicaud risque d’être particulièrement amer pour les salariés qui se retrouvent jeter à la porte comme « moins-que-rien ». Pendant ce temps-là, Emmanuel Macron tente de faire croire que le « sacro-saint-business » permet de créer des emplois. Pour l’instant, nous assistons au contraire. Ce n’est pas pour rien que le chômage stagne entre 9,1 et 9,2%. Comme prévues, les réformes structurelles ne permettent pas de créer de l’emploi, mais enlisent davantage le chômage.

Le business est avare et boulimique. Il demande toujours plus de dividendes. Le niveau record atteint ne satisfont jamais les actionnaires. Au contraire, ils demandent « toujours plus ». Cela se répercute sur les salaires et la qualité des services proposée par les capitalistes. De même, le chômage fait figure de « grande armée du prolériat » pour les capitalistes afin que ces derniers puissent maintenir au niveau le plus bas des salaires étant donné la conjoncture défavorable aux chômeurs.

Pourtant, on pourrait penser que malgré les 57,4 Mds d’euros distribués, l’investissement repartirait. Rien du tout. L’investissement stagne. Or, la politique de l’offre est censée stimulée les investissements afin que ces derniers dynamisent à court et moyen terme l’économie à travers la création d’emplois. La différence où nous ne sommes pas d’accord avec les capitalistes et les actionnaires, c’est justement la question de la supériorité du dividende sur l’investissement. Une entreprise qui n’investit pas d’avantage est une entreprise qui ne peut rester compétitive à long terme sur les différents marchés.

Il semble logique de prendre des mesures qui favorisent l’investissement et la recherche et développement au lieu de satisfaire les gloutons d’actionnaires.

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