Luc Ferry propose d’ouvrir le feu contre les manifestants

Luc Ferry s’est fait remarquer cette semaine en affirmant qu’évidemment « qu’on est tous contre les violences mais ce que je ne comprends pas c’est qu’on ne donne pas les moyens aux policiers de mettre fin à ces violences […] Et alors ? Écoutez franchement, quand on voit des types qui tabassent à coups de pied un malheureux policier qui est par terre. Qu’ils se servent de leurs armes une bonne fois. Ça suffit !« .

Vous l’aurez bien compris, il s’agit d’un appel aux massacres. Dans une démocratie digne de ce nom, ce genre de propos n’ont pas leur place au sein de la République. Ces propos sont choquants et indignes d’un ancien représentant de l’état. En effet, nous sommes dans une République qui garantit le droit de manifester. Mais il en rajoute en affirmant qu’on « a la quatrième armée du monde, elle est capable de mettre fin à ces saloperies« . On sent qu’il s’inspire des régime où le droit de manifester est réprimé par les forces de l’ordre tirant dans la foule. Nous voyons cela dans les dictatures comme en Syrie, au Yemen.

D’ailleurs, peu de personnes ont relevé la violence de ses propos sur le moment donné. Finalement de nombreuses personnes ont saisi le CSA pour qu’il condamne « Radio Classique ». Ses propos ont choqué de nombreuses personnes de gauche, mais surtout des démocrates et républicains.

Les « saloperies » désignent les actes des manifestants. Luc Ferry soutient les policiers jusqu’au bout sans pointer la « bennalisation » des violences policières. Pour lui, les manifestants sont responsables des scènes chaotiques et les forces de l’ordre les seules victimes. Ainsi, il légitimise les tirs de flashball au niveau du visage étant donné la situation électrique. Ce qui sous-entend qu’il est favorable aux mutilations orchestrées volontairement par les forces de l’ordre. Mais, pour ceux qui s’y connaissent un temps soit peu en électricité savent qu’il faut un conducteur pour le courant passe entre deux bornes. Sans provocation policière, le mouvement de masse que représentent les gilets jaunes n’aurait jamais débordé. Pour qu’un mouvement déborde, il faut une stratégie qui électrise les manifestants à travers de multiples stratagèmes. Cela vient à aboutir que dans les affrontements, les forces de l’ordre possèdent une lourde responsabilité. Les violences que nous avons vues contre les manifestants ne viennent pas de nul part. Affirmer que « ces espèces de nervis, ces espèces de salopards d’extrême droite, d’extrême gauche et des quartiers qui viennent taper du policier, ça suffit« . C’est plutôt l’inverse, les nervis chez les CRS et les gendarmes mobiles viennent pour taper du manifestant comme nous l’ont démontré les nombreuses dérives qui ont eu lieu. Ironiquement, les forces de l’ordre votent en grande majorité pour l’extrême-droite. Dans le même temps, il y a une volonté de discriminer les quartiers populaires en disant « les quartiers ». Cette stigmatisation est insupportable.

Ensuite, il faut assumer que la lutte des classes et violente. Une grande partie des « gilets jaunes » vote à gauche, même s’il y a des rejetons de l’extrême-droite qui essaye tant bien que mal d’infiltrer ce mouvement comme les chouardistes avec le RIC. Nous l’avons vu dans des articles précédent qu’il s’agissait d’une revendication réactionnaire pour détourner la colère sociale vers un sujet qui neutralise l’ensemble des revendications.

Les revendications sociales d’augmentation du pouvoir d’achat ont laissé place aux barricades dans la capitale et aux affrontements violents entre manifestants et forces de l’ordre. Nous avons assisté à des scènes d’insurrection dans la capitale. Les séquences rappellent la « rue Gay Lussac » en Mai 68. Il faut dire que les libéraux et les conservateurs ne sont pas habitués à une telle escalade de la violence. Dans un vent de panique, ils ont amené les blindés dans la capitale pour maintenir ce qu’ils appellent « l’ordre républicain ». Le « spectre jaune » raisonne au-dessus de la « macronie ». Il ne manquait juste une grève générale et politique pour tenter de faire tomber le gouvernement. C’était l’idée de la CGT de faire converger les « gilets jaunes » et les « gilets rouges ». La bourgeoisie est en réalité terrifiée de voir « les travailleurs » tenter de reprendre le contrôle du pouvoir qui lui a été confisqué par le patronat. Pour y faire face, les forces de l’ordre possédaient du gaz lacrymogène hautement concentré en dernier recours. Est-ce la « guerre civile » tant souhaitée par Luc Ferry ? De nombreuses rumeurs se propagent d’ailleurs au sein du mouvement des gilets jaunes.

Au-delà de la violence des propos, la violence de classe dominante vis-à-vis de la classe dominée ne semble guère le choquer. Les propos témoignent de cette violence quotidienne que subissent les travailleurs. En effet, si le pouvoir ne cesse de faire un compromis au patronat et aux plus riches, ils ne cessent de tacler les plus démunis. Sa politique entraîne une paupérisation galopante des classes populaires. La colère bouillonne progressivement au point de se métamorphoser dans des « combats de rue ». Ils s’indignent, mais ne comprennent pas vraiment l’enjeux du débat.

 

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