Le mythe du micro-entrepreneur

Le journal Les Échos titre dans sa une « l’étonnante révolution des autoentrepreneurs » datée du jeudi 3 janvier 2018. On sait que le journal est favorable au business et à l’économie de marché. En parlant d’une révolution depuis 2008, le journal sous-tend une rupture nette avec l’ancien modèle des indépendants.

La « Loi de Modernisation de l’Économie » a introduit en 2008 le statut d’auto-entrepreneur. Ce dernier est à différencier de celui de l’indépendant. La première année de sa création, 360 000 personnes se sont affiliées aux statuts du « micro-entrepreneur ». On peut voilà comme un « boom » en matière de création d’entreprises. C’est sûrement cette expansion que Les Échos traduit comme une révolution dans le monde de l’entreprenariat. Nul doute, qu’il s’agit d’une « révolution conservatrice et néolibérale », loin de la « révolution prolétarienne » que l’on attend dans « la lutte des classes ».

Si tout est fait pour mettre en valeur ce modèle d’entrepreneur où il existe déjà près 1,3 millions d’entreprises. Il y a un certain succès du fait de la simplicité administrative et d’une fiscalité allégée, notamment en terme de cotisations sociales. Ces dernières sont échelonnées dans le temps afin de ne pas pénaliser l’entreprise. Il y aura des changements pour 2019 allant avec toujours plus de simplicité comme l’ACCRE (Aide à la Création d’Entreprise) pour tout le monde. Autant dire que ce modèle sous-tend la liberté d’entreprendre avec une facilité déconcertante contrairement à d’autres formes d’entreprises. Mais, le chiffre d’affaires doit se situer en-dessous de 14 000 euros.

Ce n’est pas pour rien que « Pôle-Emploi » incite les chômeurs à se convertir dans cette voie afin qu’ils soient eux-mêmes leur propre patron et disparaitre des personnes au chômage. Les pressions se font souvent sous une certaine forme de harcèlement. Au moment où le travail salarié du fait de la crise économique n’arrive pas à creér des débouchés du fait de la rarification du CDI dû aux abus des entreprises à utiliser des CDD à la chaîne ou encore l’intervention d’intérimaire laisse les salariés voulant reprendre un travail à temps-plein dans un cul-de-sac. Les entreprises, même si elles sont gavées par l’état ne veulent plus investir dans le salariat, mais dans les travailleurs indépendants pour éviter à payer des cotisations sociales et faire des économies pour obtenir davantage de profit. C’est d’ailleurs ce qu’explique Alternative Economique dans un article intitulé « les mirages de l’auto-entrepreneur » :

En période de crise, le modèle salarial ne présenterait plus de vertus protectrices (freins à l’embauche, licenciements…), en particulier pour les travailleurs à faibles ressources.

Tout en continuant que selon

une récente étude de L’Insee confirme cet ordre de grandeur. et montre même qu’ils ne sont que trois inscrits sur dix à être encore actifs au bout de trois ans.

Dans le même temps sur la question des revenus, il est estimé

le revenu mensuel moyen était selon l’Insee de 440 euros par mois et le revenu médian de 240 euros. Seuls 10 % de ces auto-entrepreneurs actifs un revenu dépassant les 1150 euros ; à l’inverse, un quart d’entre eux touchait moins de 70 € par mois.

Au final, le micro-entreprenariat ne peut-être qu’une solution pour permettre d’arrondir les fins de mois difficile. Mais, il ne peut-être une solution durable à long terme puisque le salaire médian est de 240 euros par mois, très loin du SMIC qui se situe 1 202,92 €

 

Laisser un commentaire