Le gouvernement lance la chasse aux chômeurs

Un décret est passé inaperçu, mais son impact pèsera lourdement sur l’économie. Le gouvernement au lieu de s’attaquer au chômage structurel qui gangrène la société depuis la crise financière en s’attaquant aux chômeurs en prétextant que ces derniers sont responsables de leur chômage.

Les sanctions contre les chômeurs sont alourdies, le dumping social progresse et fragilise toujours plus les chômeurs. Il s’agit d’une vieille théorie de droite et du patronat que le gouvernement souhaite mettre en place. Le chômeur est vu comme quelqu’un ayant un caractère oisif profitant du système. Il s’agit d’une « belle histoire » à endormir les conservateurs et les néolibéraux. Pourtant, ils ne sont que 7% a ne pas chercher d’emploi et 0,3% à frauder. La minorité sert d’argument pour la majorité afin de pénaliser le chômeur. Dans le même temps, sous prétexte d’augmenter les droits des salariés avec l’introduction de l’indemnisation des démissionnaires afin d’ouvrir de nouveaux droits, tout semble permis. Alors que la mesure concernerait entre 20 000 à 30 000 salariés ayant un projet solide. Une personne aurait le droit de démissionner tous les cinq ans de son travail. Autant dire que cela concerne simplement une minorité de salariés, mais pour le gouvernement cela nécessite une remise en cause générale du système de l’assurance-chômage.

Au lieu de sécuriser le parcours des travailleurs qu’ils aient ou non un emploi, le gouvernement organise une gigantesque traque pour amplifier les radiations et augmenter le nombre de sanctions. Il s’agit de faire baisser le chômage de manière artificielle grâce aux radiations qui ne seront plus comptées dans le nombre de demandeurs d’emploi. Ainsi, l’halo du chômage va progresser de manière durable, mais le taux de chômage baissera mécaniquement. Le gouvernement a besoin de ce stratagème pour démontrer que sa politique fonctionne alors qu’elle sera une catastrophe sur le plan social. La pauvreté risque d’augmenter alors que le but du gouvernement est justement de résorber les inégalités. On peut dire qu’il ne s’y prend pas de la bonne manière. Au contraire, ces dernières vont fortement augmenter paupérisant davantage les classes populaires. Le gouvernement s’en prend aux plus faibles.

De plus la notion « d’offre raisonnable » perd tout son sens, puisqu’avant ce décret, l’offre devait comprendre un salaire au minimum inférieur à 85% du salaire initial. Cela ouvre la voie à tous les abus et la notion « d’offre raisonnable » perd son sens. Il y aussi une perte de savoir-faire et de connaissance qui risque de disparaître n’allant pas dans la notion de « l’offre raisonnable ». Cela a un impact de fond sur la question de la productivité de l’entreprise qui est obligé de former le salarié nouvellement embauché malgré qu’il ait des connaissances. On peut dire que cela pénalise profondément les entreprises et la compétitivité de ces dernières, puisque le temps de formation est un investissement non-productif qui pourrait aller dans d’autres secteurs comme la recherche et le développement. Les formations doivent au contraire augmenter les compétences et le savoir-faire du salarié pour que lorsqu’il est embauché par l’entreprise, il en augmente la productivité, mais cela souligne un investissement de fond de la part de l’état.

Au contraire, nous sommes dans l’inspiration des « mini-job » à l’Allemande ou des contrats « zéro heure » chez nos voisins britanniques. Autrement dit, il s’agit de niveler la société vers le bas. De nombreux atouts des salariés se perdent. Les formations que proposent Pôle-Emploi ne vont pas dans le sens du salarié, mais dans le sens du patronat et de la main d’œuvre qu’il a besoin à un moment donné. Ainsi, le parcours du salarié est dicté par les intérêts de classe de la bourgeoisie. Il s’agit d’une forme d’autoritarisme de la part de la classe dominante pour imposer le parcours du chômeur. Ce dernier avec le décret a l’épée de Damoclès au-dessus de la tête. De plus, la moitié des offres d’annonce sur le site de Pôle Emploi sont des arnaques à 50%. Mais le gouvernement n’en parle pas. Il préfère parler de la fraude des chômeurs que de la fraude aux cotisations patronales des entreprises qui se chiffre à environ 20 Mds d’euros chaque année.

D’autant qu’avec la suppression des cotisations sociales pour l’assurance-chômage de la fiche de paye des salariés, les salariés ne cotisent plus l’assurance-chômage. Il y a effectivement une hausse net du salaire. Mais, cette hausse est l’arbre qui cache la forêt. En effet, la cotisation donnait le droit à l’assurance-chômage à travers un système d’indemnisation mutualisé. Vu que le travailleur ne cotise plus, il est possible que dans un futur proche, ce dernier ne puisse plus avoir accès à l’assurance-chômage ou que ce système tombe dans le privé. Pour que les caisses ne soient pas totalement asphyxiées, elles sont remplîtes en partie par la hausse de la CSG des retraités qui cotisent pour le chômage alors qu’ils sont à la retraite. Il s’agit d’un comble et d’une injustice de fond. Le gouvernement souhaite faire des économies à hauteur de 3 Mds d’euros.

Les discussions entre les « partenaires sociaux » risquent d’être houleuses. La CGT et FO risquent de ne pas apprécier la pilule alors que la CFDT et l’UNSA en tant que « syndicats jaunes » accepteront cette transformation sans brancher comme ils l’ont fait pour les « ordonnances Macron » et les différentes lois régressives qui se succèdent les unes après les autres au nom de l’adaptation du modèle social face à l’offensive néolibérale inédite.

Nous nous retrouvons sur une situation où le patronat est incité à licencier et n’est plus considéré comme responsable du chômage, alors que les travailleurs mis au chômage sont responsables de leur situation. Comment les entreprises sous perfusion de l’état à hauteur de 200 à 220 Mds d’euros, le tout pour une croissance qui stagne aux alentours de 1,7% où le chômage se situe entre 9,1 et 9,2% n’arrivent-elles pas à créer de l’emploi ? Le chômage stagne et on comprend bien que les ordonnances Macron n’avaient pas pour but de favoriser l’emploi, mais de favoriser les licenciements. Les entreprises profitent de la « rupture conventionnelle collective » pour maquiller les plans de licenciement massif. On constate que des groupes comme SFR n’hésitent pas utiliser de ce stratagème pour augmenter les marges et les profits. C’est pour cela que les résultats économiques de l’orthodoxie libérale ne donnent pas de résultat. Le marché est saturé du fait d’un manque cruel de demande que l’offre est vouée à l’échec. Sans demande, les carnets de commandes des entreprises sont en berne et ne leur permettent pas d’embaucher. Ce n’est pas les cacahuètes que représente la prime d’activité qui vont relancer l’activité et dynamiser le marché de l’emploi.

Les entreprises ne rendent aucun compte de l’argent dans la manière, dont l’argent est dépensé. C’est bien dommage, puisqu’avec l’argent qu’il leur ai donné, on pourrait créer un plein-emploi avec une réelle politique de relance et même faire des économies.

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