Emmanuel Macron poursuit sa politique réactionnaire

Le président de la République s’est exprimé hier soir lors de son allocution pour présenter ses voeux au français·es. Il s’agit d’une certaine tradition auquel nul président de la République n’y échappe. Or, cette année, les voeux présidentielles se déroulent dans un contexte complexe du fait du mouvement des « gilets jaunes ».

Le gouvernement va poursuivre sa politique néolibérale en considérant que les chômeurs sont responsables du fait qu’ils sont au chômage. Cela se caractérise par le renforcement des contrôles vis-à-vis des chômeurs, mais aussi une refonte du calcul des indemnités chômage. Alors que le gouvernement a supprimé les cotisations sociales vers le chômage, on peut se douter que ces dernières risquent d’être dégressive comme le prévoit les différents programmes néolibéraux présentés lors de la campagne présidentielle. Le problème, c’est que cela fait baisser la productivité des entreprises, et par ailleurs la compétitivité des entreprises à l’international. En effet, cela coûte de l’argent à l’entreprise de former les nouveaux employés alors qu’il existe déjà des employés formés. De tel que les entreprises françaises produisent plus que les entreprises anglaises. Ainsi, Emmanuel Macron considère le chômeur comme responsable de son chômage, mais pas des entreprises qui licencient pour augmenter leur taux de profit afin de distribuer davantage de dividendes.

Le Gouvernement, dans les prochains mois, devra poursuivre ce travail pour ancrer nombre de ces réformes dans notre quotidien mais aussi pour changer en profondeur les règles de l’indemnisation du chômage afin d’inciter davantage à reprendre le travail,

Emmanuel Macron parle ici du régime de retraite par point. Il ne s’agit pas d’une mesure plus juste, puisqu’il s’agit sur le long terme de baisser les retraites et de faire des économies. On peut se douter que cette mesure risque de mettre les syndicats dans la rue. La lutte des classes est toujours d’actualité. Avec la réforme sur les cotisations sociales allant vers les caisses pour les retraites, ces derniers sont progressivement asséchés. La retraite par capitalisation comme veut le mettre en place est dangereuse, puisqu’en période de crise, ce n’est pas assuré que les retraites perçoivent leur retraite, puisque ces derniers ne sont que les dividendes du fond de pension. Autant dire qu’au nom de l’égalité de tous les régimes, Emmanuel Macron va transformer un modèle social relativement juste en un modèle ultracapitaliste et profondément injuste qui obligera les travailleurs à travailler plus longtemps sans que leur avenir ne soit assuré.

l’organisation du secteur public pour le rendre plus efficace et notre système de retraite pour le rendre plus juste.

Le président de la République tente de tempérer le « mouvement des gilets jaunes » en qualifiant de débordement les différentes manifestations alors que c’était le pouvoir exécutif qui débordait à travers les forces de l’ordre.

Cette colère a dit une chose à mes yeux, quels que soient ses excès et ses débordements : nous ne sommes pas résignés, notre pays veut bâtir un avenir meilleur reposant sur notre capacité à inventer de nouvelles manières de faire et d’être ensemble.

En Europe monte des partis extrémistes, il ne faut pas le nier. Mais, parfois, les extrémistes ne sont pas ceux que l’on croit. En effet, en Europe, les coalitions entre la droite et l’extrême-droite progressent progressivement que cela soit en Autriche, en Pologne, en Hongrie, etc. Les régimes illibéaux pilulent un peu partout adoptant une politique d’extrême-droite ultralibérale et ultraconservatrice. Il ne faut pas oublier que le Front National a voté la loi « Asile et Immigration » avec la majorité à l’Assemblée Nationale. Le Front National a également voté le projet de loi dit des « gilets jaunes ». Il existe dès lors une certaine convergence entre la droite que Macron représente et Marine Le Pen. Il faut aussi dire que nous assistons à une internationale brune dirigée par le Kremlin, dont l’objectif est la déstabilisation des pays européens en soutenant les partis d’extrême-droite.

Il faut aussi dire que nous assistons à une internationale brune dirigée par le Kremlin, dont l’objectif est la destabilisation des pays européens en soutenant les partis d’extrême-droite.

Partout en Europe montent les partis extrémistes tandis que les interventions de puissances étrangères étatiques et privées se multiplient.

Encore une fois, le gouvernement traite du problème d’immigration en essayant d’ouvrir le champ à l’extrême-droite.

Les grandes migrations nous inquiètent et sont instrumentalisées par les démagogues alors même qu’il nous faut bâtir de nouvelles réponses à ce phénomène qui ne cessera pas demain, compte tenu de la démographie mondiale.

Le plus ironique dans son discours est le procès de « l’ultralibéralisme » et « financier » alors qu’il s’agit exactement de la politique qu’Emmanuel Macron tente de mettre en place sur l’ensemble de l’Hexagone avec une vision court-termisme. Il affirme que ce modèle va faire « sa fin« , mais ce modèle s’enracine progressivement loi après loi au sein du pays. Les « ordonnances Macron » ont permis d’ajuster la demande et l’offre sur le marché du travail en considérant les travailleurs comme des « Kleenex ». Emmanuel Macron prend les Français pour des imbéciles.

Vous le voyez, nous sommes en train de vivre plusieurs bouleversements inédits : le capitalisme ultralibéral et financier trop souvent guidé par le court terme et l’avidité de quelques-uns, va vers sa fin ; notre malaise dans la civilisation occidentale et la crise de notre rêve européen sont là.

Emmanuel Macron remet en cause l’évolution historique du temps de travail. Or, quand on compare progressivement sur le nombre d’année, on constate que le temps de travail a tendance à diminuer. Remettre en cause ce processus vient à nier l’existence de cette tendance. La revendication de la semaine des 32 heures n’est pas une utopie. Nous allions progressivement grâce à la hausse progressive de la productivité des entreprises. Au lieu de cela, Emmanuel Macron reprend la théorie de Nicolas Sarkozy « travailler plus pour gagner plus ». Ces mesures sont néfastes pour l’emploi et les entreprises puisqu’elle perdre en compétivité du fait de la majoration des heures supplémentaires. Dans le même temps, il affirme que l’on ne peut pas « baisser les impôts et accroître nos dépenses ». Il suffit de mieux équilibrer la question de l’impôt. Mais dans sa théorie, la question de l’impôt plombe le « pouvoir d’achat ». Dans le même temps, il n’a pas laisiné à supprimer l’ISF.

Or, je dois bien dire que depuis des années, nous nous sommes installés dans un déni parfois fragrant de réalité. On ne peut pas travailler moins, gagner plus, baisser nos impôts et accroître nos dépenses, ne rien changer à nos habitudes et respirer un air plus pur ! Non, il faut tout de même sur ces sujets que nous nous regardions tels que nous sommes et que nous acceptions en face les réalités.

Quand Emmanuel Macron parle de « démocratie robuste », on le comprend tout à fait avec la vague de répression qui s’est abattue sur les gilets jaunes, notamment avec les « arrestations préventives ». La démocratie robuste s’apparente davantage à une « démocrature » qu’une démocratie. En voulant renforcer la démocratie, le président de la République n’a fait que le contraire, il l’a affaiblit au point de créer un régime autoritaire, très loin de l’idéal de la démocratie. Il n’a pas lésiné à matraquer l’opposition ou même de faire des perquisitions chez des partis d’opposition. Il ne faut pas l’oublier. Cela risque de mal se terminer.

Le vœu de vérité, c’est aussi celui qui doit nous conduire, afin de demeurer une démocratie robuste, à mieux nous protéger des fausses informations, des manipulations et des intoxications

La question du respect mutuel n’existe pas dans un régime bourgeois. En effet, il s’agit d’une posture de façade. Dans les faits, nous assistons surtout à un manque de respect qui se traduit par l’autoritarisme de son programme. La question du dialogue pour apaiser les tensions se résume à être du flan. Le programme est déjà dans les « starting-blocks ». Toute discussion ne sert uniquement à un verbiage sans fin. A quoi bon discuter si les mesures sont déjà prises d’avance. Ce sont des discussions inutiles. La classe dominante a toujours « un train d’avance » par rapport à celle des classes populaires. Autant dire que le grand débat prévu ne sera qu’une perte de temps pour tous le monde, puisque le gouvernement n’a pour objectif de changer la trajectoire de sa politique ultralibérale.

Dans le même temps, la question du « sens de l’effort et du travail » va de paire avec la « méritocratie » qu’il essaye de mettre en place progressivement. On le sait ces mesures ont tendance à tirer les salaires vers le bas. La méritocratie s’inspire du principe de « l’égalité des chances » formulée sous Pétain. En Angleterre, pays où la méritocratie est née, les salaires n’ont jamais été aussi bas et le taux de pauvreté également. Or, ce n’est pas une question d’effort qu’il faut, mais uniquement que le travail paye. En effet, aujourd’hui, les salariés réalisent des efforts considérables pour avoir des fiches de paie misérables.

Cela, nous avons commencé de le rétablir mais c’est notre responsabilité à tous et celà passe par le respect, le sens de l’effort et du travail.

On remarquera qu’il s’est longuement attardé sur la question des « gilets jaunes » et notamment des violences qui ont émaillé les différentes manifestations. Or, l’ordre républicain ne peut régner dans un pays où les injustices vont s’accroître, la répression toujours plus violente. Les violences contre l’état se sont matérialisée par des violences contre les forces de l’ordre qu’ils soient gendarmes ou policiers. Mais nous avons vu en même temps, des dispositifs de grande ampleur empêchant les manifestants de se rendre à une manifestation sous des prétextes falacieux. La République doit permettre à chacun d’exprimer son opinion librement sans être menacé d’être placé en garde en vue de manière préventive. Nous avons vu aussi des personnes ayant le visage totalement mutilé ou même perdre des yeux à cause du flashball. Le mouvement des gilets jaunes qu’on l’aime ou pas, a fait entre 2000 et 3000 blessés Un chiffre spectaclurèment élevé. Dans ce cas-là, nous sortons de la République et nous faisons face à un régime « tyrannique » où seul la défense de l’ordre bourgeois incombe à ces fonctionnaires.

Dans le même temps, il parle de souveraineté du peuple. Mais il la considère comme étant une action civique s’établissant tous les cinq ans. Or, ce que réclament les gilets jaunes, c’est une participation au plus proche de la démocratie pour reprendre la souveraineté qu’ils ont laissé trop longtemps à un despote et un tyran.

Mais la dignité, mes chers compatriotes, c’est aussi le respect de chacun. Et je dois le dire, j’ai vu ces derniers temps des choses impensables et entendu l’inacceptable. Nous ne vivons libres dans notre pays que parce que des générations qui nous ont précédé, se sont battues pour ne subir ni le despotisme, ni aucune tyrannie. Et cette liberté, elle requiert un ordre républicain ; elle exige le respect de chacun et de toutes les opinions ; que certains prennent pour prétexte de parler au nom du peuple – mais lequel, d’où ? Comment ? Et n’étant en fait que les porte-voix d’une foule haineuse, s’en prennent aux élus, aux forces de l’ordre, aux journalistes, aux juifs, aux étrangers, aux homosexuels, c’est tout simplement la négation de la France ! Le peuple est souverain. Il s’exprime lors des élections. Il y choisit des représentants qui font la loi précisément parce que nous sommes un Etat de droit.

La « Justice Ficale », dont nous parle Emmanuel Macron n’est pas une justice comme les autres, puisqu’il s’agit de retrouver un nouveau « consensus » sur l’impôt afin que cela ne soit plus les « classes moyennes » qui payent le lourd fardeau des prélèvements que cela soit les impôts ou les taxes en tout genre. La réalité d’une réforme profonde serait de remettre l’ISF comme nous l’avons dit plus haut, mais aussi d’augmenter les tranches d’impôt sur le revenu, tout en baissant la TVA sur les produits de première nécessité.

Retrouver la maîtrise de notre vie, c’est choisir notre alimentation, c’est assurer la justice fiscale, c’est nous protéger contre nos ennemis

Au final, le président de la République n’a pas annoncé de changement nouveau dans sa politique, il va poursuivre la mise en place progressive du néolibéralisme par la force grâce aux députés godillots qui votent en cadence les différentes réformes du gouvernement.

 

Laisser un commentaire