Pourquoi le « référendum d’initiative citoyenne » est réactionnaire ?

L’une des revendications des gilets jaunes s’est progressivement cristallisée autour du « Référendum d’Initiative Citoyenne », ce qu’ils appellent communément « RIC ». Si sur le papier, de voir participer des personnes au débat politique semble nourrir le système capitaliste.

Les arguments viennent d’un personnage connu du visage de la politique. Il s’agit en l’occurrence d’Étienne Chouard. Ce dernier, depuis des années, trempe dans les différentes nébuleuses d’extrême-droite. N’est-ce pas ce dernier qui considérait Alain Soral comme un résistant ? Ce dernier souhaite mettre en place une démocratie où les élus sont tirés au hasard. Cela démontre bien son déni de démocratie. Puisque remplacer la démocratie par de simples probabilités se base avant tout sur une société apolitique.

Il s’agit de remettre en cause le principe de proportionnelle de manière stricte afin que chacun soit représenté et pas comme actuellement avec un scrutin uninominal à deux tours par circonscription. En effet, il est fort de constater que ce dernier n’est pas remis en cause. En effet, avec 33 % des suffrages sortant, La République en Marche s’accapare environ 75 % des sièges. Il existe dès lors un véritable déni de démocratie, puisqu’un parti n’ayant pas la majorité se retrouve dans les conditions de l’organisation actuelle. Or, à aucun moment, les gilets jaunes remettent en cause ce système peu représentatif du corps électoral et par ailleurs de la société civile.

Le référendum d’initiative citoyenne a tellement infusé la société qu’il est devenu une des principales revendications des Gilets Jaunes, afin de reprendre en main la question de la démocratie. Pourtant, il existe déjà le référendum d’initiative populaire prévu dans l’article 11 de la constitution : « Un référendum portant sur un objet mentionné au premier alinéa peut être organisé à l’initiative d’un cinquième des membres du Parlement, soutenue par un dixième des électeurs inscrits sur les listes électorales. Cette initiative prend la forme d’une proposition de loi et ne peut avoir pour objet l’abrogation d’une disposition législative promulguée depuis moins d’un an ». Mais, il est difficile à mettre en place du fait d’atteindre 10% du corps électoral ce qui représente 4,55 millions de Français et 116 députés. On pourrait alléger les contraintes avec un seuil d’un million de signataires pour que le pouvoir soit obligé de passer par un référendum.

Des modèles existent déjà comme en Suisse et ce n’est pas un progrès pour les citoyens. Si ces derniers ont la possibilité de voter concernant quelques projets de Lois émanent soit du Canton, soit de la confédération, ce n’est pas un modèle de progrès. Bien au contraire, la confédération a adopté une loi luttant officiellement contre « l’immigration de masse ».

Or, le référendum dans ce cas équivaut à une dictature de la majorité sur une minorité. Il y a la volonté de revenir au bonapartisme avec le Plébiscisme. Il s’agit de caresser le peuple dans le sens du poil afin que les référendums renforcent la majorité.

Avec une dose de populisme et démagogisme, on se rend bien compte que la tentative de créer une démocratie directe où le peuple participerait à la vie démocratique à travers le bulletin de vote apparaît comme une forfaiture. Sauf que la démocratie ne se résume pas à un bulletin de vote que cela soit pour une élection ou un référendum. D’ailleurs, il faut noter que les personnes qui votent le font souvent contre la majorité en place au lieu de répondre à la question.

Le fédéralisme ou confédéralisme permet de passer outre le référendum en laissant davantage de pouvoir aux assemblées locales. De plus, cela permet à ces dernières de pouvoir écrire le droit afin qu’il soit le plus proche des contraintes locales. Mais la France n’est pas une fédération, elle est un pays unitaire. Mais avec la décentralisation progressive,

Chacun est maître de son avenir au sein de l’assemblée locale pouvant discuter librement sans entrer dans un choix binaire qu’il fasse l’objet de loi ou de simple consultation. Les lois seraient adaptées en fonction de la région.