L’allocution d’Emmanuel Macron est du pipeau

Le président de la République a fait une allocution à la suite du mouvement des gilets jaunes et des émeutes qui s’en sont suivis. Pourtant, les mesures qu’il a ordonnées poursuivent sa politique néolibérale.

La question de la défiscalisation des heures supplémentaires est un sujet de discorde. Pour les uns, elle empêche la création d’emplois. En effet, les heures supplémentaires empêchent la création d’emplois de manière massive. En période de crise profonde, les heures supplémentaires plombent le chômage. Il s’agit d’une entourloupe sur le fait qu’augmenter le salaire serait bon pour tout le monde alors que c’est faux. Le gouvernement s’enfonce dans la crise sociale et économique.

Je veux renouer avec une idée juste : que le surcroît de travail accepté constitue un surcroît de revenu ; les heures supplémentaires seront versées sans impôts ni charges dès 2019

Au lieu d’augmenter le SMIC, le gouvernement quémande une prime pour la fin de l’année. On sait très bien que les employeurs ne vont rien verser, car dans le modèle néolibéral, le travail est considéré comme un coût. La prime étant un coût, elle n’aura pas lieu. Il s’agit d’un mensonge pour calmer la population en colère. En effet, cette prime exceptionnelle n’aura pas lieu. Le calme après la tempête reste un mirage. Les travailleurs ne veulent pas de la charité, mais d’un salaire digne. Ce n’est pas une petite prime qui va faire baisser la pression fiscale que subissent les travailleurs au quotidien. Pour cause, il faut que les salaires augmentent en fonction de la productivité et de la valeur ajoutée. Ce sont les travailleurs qui font la richesse des entreprises et de l’Hexagone. La répartition des richesses est une des revendications principale du mouvement social. D’après les sondages, seul 2% des personnes pensent que cette dernière est juste. Il faut donc pousser le patronat par la force pour que les salaires augmentent dans le temps et cela se traduira par une hausse de l’activité et de la valeur ajouté pour les entreprises, mais aussi par une inflation juste.

Et je veux qu’une vraie amélioration soit tout de suite perceptible ; c’est pourquoi je demanderai à tous les employeurs qui le peuvent, de verser une prime de fin d’année à leurs employés et cette prime n’aura à acquitter ni impôt ni charge.

La question de l’augmentation du SMIC soulève de nombreux débats. Alors que Muriel Pénicaud affirmait qu’une « hausse du SMIC détruirait des travail », le gouvernement annonce une hausse de ce même SMIC. Or, il n’est pas question d’augmenter le SMIC brut qui selon elle pénaliserait les entreprises et l’attractivité du territoire. Il s’agit d’une entourloupe de la part du gouvernement, puisque maintenant, on parle de prime d’activité. Il ne s’agit plus alors d’un transfert du brut vers le net. On peut s’inquiéter de la baisse des cotisations sociales sur le budget de la sécurité sociale et pôle emploi (notamment via les Assédic). La stabilité fiscale se voit d’être mis en danger. Alors que le gouvernement s’acharne sans cesse à agiter le drapeau de la dette. Pourtant, c’est bien de la dette qui sera créée.

Le salaire d’un travailleur au SMIC augmentera de 100 euros par mois dès 2019 sans qu’il en coûte un euros de plus pour l’employeur

Le gouvernement n’a pas l’intention de remettre l’ISF au nom que cet impôt serait inefficace et qu’il n’a pas changé la situation sociale, le chômage de masse et l’investissement au sein des entreprises. Pire, la défiscalisation étant supprimée, les dons des plus riches vis-à-vis des associations et des fondations sont en chute libre. Autrement dit, il s’agit d’une somme d’argent n’allant pas vers « l’économie réelle » et l’investissement. Cette réaction va au contraire supprimer des emplois au sein de ses associations. Cela ne fonctionne pas. Et puisque cela ne marche pas, il faut sortir de cette impasse en rétablissant l’impôt en question. Pour autant, il semble nécessaire de pousser les plus riches à investir en défiscalisant les investissements dans les entreprises et les associations afin de créer de l’emploi. Les premiers de cordée peuvent participer à dynamiser à l’économie, encore faut-il les pousser dans un cul-de-sac : impôt ou investissement.

J’ai besoin que nos grandes entreprises, nos concitoyens les plus fortunés, aident la Nation à réussir ; je les réunirai et prendrai des décisions en ce sens dès cette semaine. Je sais que certains voudraient dans ce contexte que je revienne sur la réforme de l’impôt sur la fortune mais pendant près de 40 ans, il a existé ; vivions-nous mieux durant cette période ? Les plus riches partaient et notre pays s’affaiblissait

La question de « l’urgence sociale » ne semble guère comprise par le président de la République. Dans ces faits, il n’a pas compris de ce que veut dire le terme « urgence ». En effet, alors que le pays plonge avec les « gilets jaunes » dans un chaos total chaque samedi. Pourtant, le discours ne va pas dans le sens d’une sortie par le haut, mais bien dans un renforcement du conflit puisque « l’urgence » n’a pas été prise en compte.

Vous le voyez, nous répondrons à l’urgence économique et sociale par des mesures fortes, par des baisses d’impôts plus rapides, par une meilleure maîtrise des dépenses plutôt que par des reculs.

Enfin, Emmanuel Macron en approuvant le pacte de Marrakech souhaite ouvrir la « boite de Pandore ». Le risque est de donner davantage de voix pour l’extrême-droite. Alors que l’on sait que l’extrême-droite et Emmanuel Macron ont voté ensemble la « Loi Asile et Immigration« , comment peut-on se réclamer de la République et de marcher sur les plates-bandes du Rassemblement National ? Il s’agit d’une question de fond, dont les castors n’ont pas vraiment de réponse.

Je veux aussi que nous mettions d’accord la Nation avec elle-même sur ce qu’est son identité profonde, que nous abordions la question de l’immigration. Il nous faut l’affronter.

Enfin, on peut dire qu’Emmanuel Macron en affirmant que son discours n’a pas permis de faire baisser la pression. Il se peut que le mouvement social se radicalise davantage afin d’obtenir des victoires.


Vous pouvez utiliser, partager les articles et les traductions de Révolution et Libertés en précisant la source et en ajoutant un lien afin de respecter le travail. Pour toute information supplémentaire : revolutionetlibertes@gmail.com

Laisser un commentaire