Pas de coup de pouce sur le SMIC pour l’année 2019

Le SMIC sera revalorisé à hauteur de 1,24% au 1er janvier 2019. Il s’agit du montant légal alors que l’inflation pour 2019 est de 1.7%. Autant dire que les salariés perdront du pouvoir d’achat.

Muriel Pénicaud a affirmé que « le coup de pouce au Smic on sait que ça détruit des emplois, donc ça n’est pas la bonne méthode« . Il s’agit d’une erreur majeur puisque l’augmentation du SMIC ne détruit pas des emplois comme le souligne Muriel Pénicaud ou encore pour le prix Nobel d’économie Jean Tirole, il affirme qu' »une hausse du SMIC n’est pas désirable« .

Il faut comprendre que chez les néolibéraux le salaire équivaut à un coût et qu’augmenter le salaire vient à augmenter le coût du travail. Or, pour les néolibéraux, le salaire est un point d’équilibre sur le marché du travail. Il vient également la question de la compétitivité des entreprises, si le salaire augmente avec les cotisations sociales dans le principe néolibéral alors cela impacte sur la maximisation des profits. Ces profits sont en baisse, tout comme l’investissement et cela se traduit par ailleurs par une augmentation du taux du chômage.

Pourtant, les entreprises ont eu comme cadeau : le CICE d’une valeur de près de 20 Mds par an. Autrement dit, lorsque cela impacte les comptes de l’économie public pour un résultat quasi-nul, les néolibéraux s’affairent, non pas à investir cette somme dans le « marché réel », mais dans des dividendes et la spéculation. C’est pour cette raison que ce crédit d’impôt a créé ou sauvegardé près de 100 000 emplois. Alors qu’il représente plus d’un million d’emplois. Ce n’est pas rien et cela ne permet pas d’augmenter la compétitivité des entreprises. Au contraire, cela permet d’enrichir les marchés financiers avec le risque d’alimenter une bulle spéculative.

Pourtant, le petit-poucet de l’Europe que représente est allé à l’encontre des recommandations de la Commission Européenne. Pour les néolibéraux, il s’agit d’un coup de massue dans le dos. En effet, le Portugal a remis en cause la politique de Bruxelles. Au lieu de compresser les salaires via une dévaluation interne, ils ont augmenter le salaire minimum de 530 à près de 600 euros pour l’année 2019, soit une augmentation de 12%. Loin du sectarisme ambiant du MEDEF, son équivalent le CIP (Confederação Empresarial de Portugal) a déclaré qu’avec « cette indexation, les salaires peuvent et devraient augmenter. Que le salaire minimum soit bas – nous le reconnaissons tous ; qu’il doive être amélioré – nous le désirons tous. Et, par conséquent, les syndicats patronaux vont surprendre la société portugaise dans les prochaines discussions ». Dans le même temps, la CGTP demande une augmentation du salaire à 650 euros.

Que s’est passé avec les augmentations successives du salaire minimum ? Tout simplement l’inverse des prédictions des néolibéraux. En 2016, il était de 6,1% alors qu’en 2018, il était de 0,7%. Le taux de chômage en 2014 était de 18% alors qu’en 2018, il se situait à 6,7%. Des chiffres qui ont quoi de faire rougir les autres nations, mais aussi crève l’abcès des politiques d’austérité. En effet, les politiques de relance en temps de crise économique sont plus efficaces que les politiques d’austérité. Ce n’est pas un miracle, il s’agit de la réalité du fonctionnement du modèle keynésien en période de crise alors que les politiques néolibérales ne font qu’amplifier la crise avec le creusement des inégalités sociales.

Autrement dit, le gouvernement fait le choix de voir le chômage s’enliser profondément et structurellement. Les ordonnances sur la « Loi Travail » vont plonger davantage le pays dans une crise sociale et financière.


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