L’arrivée des blindés dans la capitale

Les blindés sont entrés dans la capitale. Une image choquante pour une démocratie libérale. Les voitures brûlent, les barricades se montent les unes après les autres, la situation se tend avec de nombreux affrontements avec les forces de l’ordre.

Nous vivons une époque prérévolutionnaire. La répression s’intensifie au sein de la capitale. Les blindés de la gendarmerie mobile apparaissent comme quelque chose de nouveau et d’inédit. L’objectif est de réprimer pour assurer l’ordre. Il s’agit d’une étape clef dans la « fascisation » du pouvoir. La démocratie libérale est à genoux et le fascisme s’enracine doucement sous un habit de démocratie. Le républicanisme se délite et semble compatible avec le fascisme. Au nom de l’ordre public, de nombreux républicains sûrement de bonne foi défendent les forces de l’ordre et la répression qui s’en suit.

Au nom du risque d’un putsch, il se mobilise pour défendre leur république, alors qu’il s’agit d’une république bananière qui échappe même à l’idéal républicain. Nous sommes face à la déliquescence de l’état. Tout peut basculer d’un jour à l’autre.

Ainsi, ils ne semblent guère choqués de voir des blindés en pleine action dans la capitale alors qu’ils devraient s’indigner. En effet, la capitale n’avait vu de blindés depuis la Seconde Guerre Mondiale. Ils ont pour objectif de détruire les barricades créées par les gilets jaunes et de protéger les zones où se situent le pouvoir. L’armée réprime les manifestants alors que l’un des objectifs étant de défendre la France et donc ses citoyens. Sous prétexte qu’il ait des casseurs, l’arsenal répressif s’intensifie et des lois sont déposés dans ce sens comme au Sénat. Au bout de la répression, il y a la possibilité que les forces de l’ordre tuent des personnes avec des armes létales ou décrit comme non-létales comme le flashball.

Le néo-fascisme représente ce que le néolibéralisme est. Avec le néo-corporatisme, la boucle semble être bloquée. Le néo-libéralisme n’accepte pas la contradiction avec un pouvoir sectariste qui refuse le fait qu’il existe une opposition dans ce pays. Dans le même temps, une majorité est opposée à cette politique. Macron a été élu par défaut. Au premier tour, il a fait près de 23%. Sa majorité présidentielle, qu’il a acquise au deuxième tour, est un coup de Trafalgar. Aujourd’hui, près de 20% de la population soutient sa politique à savoir le chiffre du premier tour. Il a acquis l’assemblée nationale sous la forme que représentent les élections législatives à savoir un scrutin uninominal à deux tours par circonscription, alors que sur le plan national, il est minoritaire si l’on applique la proportionnelle avec près de 30% qui ont voté Macron au premier tour.

Le système parlementaire pose question, quand un parti politique représente près de 30 % des électeurs, mais disposera d’environ de 75% des sièges à l’Assemblée Nationale. La proportionnelle reste une des bases de la démocratie « bourgeoise », mais permet chacun de se sentir représentées au sein du parlement. Dans le cadre actuelle, cela pousse de nombreuses personnes à ne pas se sentir représentées par les élus de l’Assemblée.

La crise que le gouvernement traverse est une crise des institutions. Sans une remise en question du fonctionnement de la démocratie, la démocratie se trouvera face à ses propres contradictions. La question de nouvelles élections à la proportionnelle à mi-mandat pourrait permettre de remettre en cause le système et d’être réellement représenté par des délégués avec un mandat révocatoire. Ce n’est pas des mesurettes qui feront plier le mouvement des « gilets jaunes ». La crise vient de plus loin.

Les revendications sont hétérogènes, mais on peut dire que jamais depuis les évènements de Maïden, la situation n’avait été aussi critique au sein d’un pays de l’Union Européenne. Après la « révolution orange », nous assistons à la « révolution jaune ». Cette révolution de couleur a pour principale revendication la démission du pouvoir exécutif et législatif.

Au départ, il est placé sur un mouvement poujadiste rejetant les taxes et en particulier la surtaxe sur le diesel. Au début, il portait les inspirations d’un mouvement populaire de droite et de l’extrême-droite. Progressivement, il est devenu un mouvement fourre-tout où les revendications étaient paradoxales. Cet antagonisme se fonde aussi sur un mouvement comprenant la petite-bourgeoisie et les classes populaires.


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