L’extrême-droite est apeurée par la « pacte de Marrakech »

Depuis quelques jours les pétitions se multiplient à propos du pacte de Marrakech. Il s’agit d’un texte permettant de mieux contrôler les « flux migratoires » entre les pays d’émigration, de transit et d’immigration.

Ce texte poursuit les travaux effectués sur la déclaration de New York. Il s’agit de mieux coordonner les parcours des réfugiés. L’extrême-droite y voit un moyen de mettre en place un moyen de submersion des réfugiés dans leur propre pays. Il s’agit d’un « acte de trahison » pour Marine Le Pen. On comprend toute à fait la logique puisque la thématique de ‘l’immigration » fait partie de leur terrain idéologique. Or, l’extrême-droite a besoin de ce pacte pour renforcer son idéologie et diviser davantage la société. Dans le même temps, les gilets jaunes camouflent les vrais enjeux de ce texte. C’est dommage.

On peut dire tout de ce texte, mais de nombreuses personnes hurlent sans l’avoir lu dans les détails. Cela pose une question fondamentale de la manipulation politique vraiment basse. L’immigration est un business juteux pour acquérir des voix supplémentaires lors des élections. La question de la division est aussi portée par ce texte que l’extrême-droite entretient entre les nationaux et les réfugiés. L’alinéa 8 réaffirme qu’il « est crucial que nous ne nous laissions pas diviser et que nous restions unis face aux difficultés que posent les migrations internationales et aux occasions qu’elles offrent« . Certains pays ont refusé de signer le pacte comme l’Italie, la Suisse, Israël, les États-Unis d’Amérique ou encore la Hongrie.

Les conservateurs hurlent au « complot » alors que ce texte est non-contraignant et respecte les différentes lois nationales comme le souligne l’alinéa 15 c) « Souveraineté nationale. Le Pacte mondial réaffirme le droit souverain des États de définir leurs politiques migratoires nationales et leur droit de gérer les migrations relevant de leur compétence, dans le respect du droit international« . Le principe de souveraineté étant respecté comme le dit l’alinéa présent, la motivation de l’extrême-droite de voir imposer ce texte sur le droit national tombe à l’eau. Au contraire, c’est bien le droit national qui se pose au-dessus du « Pacte de Marrakech ». Dès lors, toutes les théories affirmant que le texte « défait la France » tombent à l’eau.

Les objectifs du « pacte de Marrakech » est justement de mieux endiguer l’immigration. C’est d’ailleurs à travers l’alinéa 12 qu’au « moyen du présent Pacte mondial, nous cherchons à répondre aux préoccupations légitimes des populations, tout en reconnaissant que les sociétés subissent des changements démographiques, économiques, sociaux et environnementaux à différentes échelles qui peuvent avoir des incidences sur les migrations ou en découler« .

Sur la question des médias, il est dit qu’une « information indépendante, objective et de qualité, y compris sur Internet, notamment en sensibilisant les professionnels des médias aux questions de migration et à la terminologie afférente, en instituant des normes déontologiques pour le journalisme et la publicité et en cessant d’allouer des fonds publics ou d’apporter un soutien matériel aux médias qui propagent systématiquement l’intolérance, la xénophobie, le racisme et les autres formes de discrimination envers les migrants, dans le plein respect de la liberté de la presse ». Cela équivaut à affirmer la création d’un conseil déontologique en matière de journalisme pour éviter que la « xénophobie », le « racisme ». Dans un pays de droit, ces comportements sont sanctionnés. Jusque-là, il y a rien de choquant. Ce qui est choquant, c’est que les néoconservateurs pensent que le racisme et de manière large : les discriminations ne doivent pas être condamnées par l’ensemble de la société. De ce fait, les conservateurs y voient une certaine manière de ballonner les idées opposées. Ceux qui s’opposent pensent y voir une certaine censure et la répression des opposants à l’immigration.

L’une des conséquences de ce pacte est d’assurer la sécurité des réfugiés durant l’ensemble de leur parcours comme le souligne l’alinéa 13 « Nous devons œuvrer de concert pour créer des conditions qui permettent aux communautés et aux individus de vivre en sécurité et dans la dignité dans leur propre pays. Nous devons sauver des vies et mettre les migrants à l’abri du danger« .


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