Sauver les réfugiés pour sauver l’Union Européenne

La question des réfugiés semblent apparaître comme fondamental pour l’avenir de l’Union Européenne. En se retrouvant sans pavillon, l’Aquarius serait contraint de rester à qua laissant les différentes opérations de sauvetage au navire de sauvetage “SOS Méditerranée”.

L’Aquarius 2 est un des rares des navires à respecter les fondamentales maritimes. Le vaisseau se retrouve confronter face à la montée de l’intolérance au sein de l’Union Européenne. En effet, la question des réfugiés a pris une ampleur de plus en plus importante ces dernières années. Afin de contrer les droites et leurs revendications obsolètes, réactionnaires et populistes ; les politiques libérales (sur le plan philosophique) et les politiques progressistes en faveur des réfugiés deviennent nécessaires. Or, les gouvernements se succèdent les uns après les autres ne modifiant pas sur le fond la politique migratoire. En effet, les revendications du Rassemblement National portent en elles un réservoir électoral important pour l’ensemble des partis politiques. De plus, la montée des populistes europhobes ou eurosceptiques permet de maintenir une pression de fond sur les questions migratoires. Ainsi, les gouvernements s’affirment sur le devant la scène au sein du courant “progressiste” en opposition à leurs confrères ouvertement “réactionnaires” et “obscurantistes”. Sous l’étiquette de la “bien-pensence”, ils n‘hésitent pas à faire voter au travers du Parlement des mesures toujours plus restrictives concernant les réfugiés. Les signaux d’alerte sous la présidence actuelle d’Emmanuel Macron ne sont guère au progrès. Ainsi, en acceptant de donner un pavillon à l’Aquarius 2, un signal très fort serait envoyé au camp du progrès, loin de ceux qui s’autoproclament comme tel. Il s’agirait d’un appel de la France à travers son Histoire de terre d’accueil pour inciter les autres pays à suivre ce modèle. Enfin, l’établissement d’une rupture franche notamment sur la question migratoire avec les conservateurs de tout bord permettrait de renouer avec le clivage droite/gauche.

Ensuite, le “droit à la vie” va de paire avec le “droit au sauvetage”. L’Union Européenne fait rêver de nombreux réfugiés pour des raisons politiques, d’orientation sexuelle, des droits de la femme, de l’absence de guerre incluant une sécurité pour les citoyens qui y habitent. Le rêve européen attire des milliers de personnes prenant la route de l’exil. Ils abandonnent leur patrie dans un état de délabrement du fait des guerres civiles qui ont lieu au moment où j’écris ces lignes. Le déracinement de leur terre natale porte en eux un espoir où ils pourront reconstruire une nouvelle vie dans un des pays de l’Union Européenne. Pourtant, le voyage qui les conduit sur les rives du Vieux Continent n’est pas une simple croisière de luxe comme les conservateurs l’affirment par la propagande mensongère. Il existe différentes routes pour rejoindre deux pays principaux : le Royaume-Uni et l’Allemagne où la législation en faveur des réfugiés et des immigrés est la plus souple au sein de l’Europe. Depuis le départ de leur ville ou village, ils accomplissent un périple au péril de leur vie. Dans le cadre de la voie par la Méditerrannée, les réfugiés prennent des risques insensés. Ils se font extorquer par les passeurs prenant une partie de leurs économies. Quand, le réfugié n’a pas les moyens de payer la traversée de la Méditerrannée, il est réduit à l’état d’esclave comme c’est le cas en Libye.

Le voyage ultime pour rejoindre l’Union Européenne se réalise souvent à travers des bateaux pneumatiques ou destinés à la casse. La surpopulation présente sur ces derniers génèrent une forte instabilité. De plus, les réfugiés présents dessus ne savent pas pour la plus part nager. Il paraît que tous les chemins mènent à Rome. Or, sans boussole, sans équipements de base en matière de navigation ou même des émetteurs de détresse, l’embarcation sommaire prend un chemin aléatoire avec un espoir de tomber sur un navire marchand afin qu’ils soient secourus comme le prévoit le droit maritime. Ensuite, les réfugiés sont amenés au port le plus proche. Mais, la politique de l’Union Européenne s’est clairement endurcise à travers la mise en place de Frontex afin de refouler les réfugiés hors de la zone maritime de l’espace Schengen et des pays membres de l’Union Européenne. Nonobstant, ces fait, les différents fonds versés à la “police aux frontières européennes” auraient pu permettre de sauver des milliers de vies. De ce fait, les opérations de sauvetage par des associations humanitaires sont une épine dans le pied vis-à-vis de la stratégie adoptée par les garde côte. Lorsque l’une d’entre elles réalise des opérations de secours, un vent de panique se lève au sein des différents pays lorsqu’il s’agit de mettre en place une répartition équitable des réfugiés. Les néoconservateurs, les xénophobes et les chauvins souhaitent en terminer avec ses associations quitte à pratiquer des dissolutions stricto sensu ou encore enclencher des procédures pénales afin de bailloner les équipages. Ainsi, Pia Klemp risque près de vingt ans de réclusion criminelle au nom d’un trafic de réfugiés.

Dans le même temps, selon le TFUE renforcé, la fraternité est une des valeurs partagées au sein de l’Union Européenne. Pourtant dans la crise migratoire que traverse l’Union Européenne, la question de la solidarité demeure inexistante. Ce paradoxe paraît totalement incompréhensible d’un point de vue politique tout comme économique. Alors que l’Union Européenne vit au rythme des différentes crises et aspirent à une expansion croissante de l’économie afin de générer une stabilité de fond, le protocole de Dublin entrave sérieusement l’apport des connaissances et des différents savoirs des réfugiés aux différents Etats. Dans le même temps, une économie voyant sa démographie croître de façon conséquente aura certes des dépenses de fond afin d’intégrer le réfugié au mode de vie occidental, mais la valeur qui s’en dégage générera une plus-value conséquente dans le futur avec une croissance plus importante et une diminution plus rapide du taux de chômage.

Pour l’instant, les éléments de langage employés par le gouvernement s’inscrivent dans le champ sémantique de l’extrême-droite. La condition des réfugiés en France met en lumière un véritable scandale pour l’un des pays les plus riches de la planète. Au sein de la capitale, tout comme dans le Nord, les forces de l’ordre prennent le rôle des chasseurs et les déracinés celui du gibier. Alors que l’Etat est capable de subventionner les entreprises à hauteur de 270 Mds d’euros en aides directes et indirectes, il ne trouve aucun moyen pour résoudre une crise qui est devenue de l’ordre sanitaire et d’ordre public. Les solutions auraient pu être prises rapidement afin que le modèle français soit reconnu à l’internationale. Au lieu de cela, le monde nous regarde avec un certain effroi.

Enfin, lorsque le vote du projet de Loi Asile et Immigration s’est déroulé à l’Assemblée Nationale, l’extrême-droite de Marine Le Pen n’a pas hésité une seule seconde à voter le texte. Finalement, cela en dit long de la désintégration des législations internes, mais aussi de la mentalité de l’Union Européenne actuelle. Au fond, il s’agit de refuser les droits élémentaires et fondamentaux aux réfugiés afin d’appliquer l’ethno-différentialisme.