L’incroyable « plus-value » du Muriel Pénicaud

Le macronisme porte toutes les stigmates du « hollandisme » associé au « fillonisme ». Le gouvernement vole au secours de l’ancien DRH de Danone. Cette dernière s’est enrichie de plus d’1 million d’euros sur le dos des salariés.

Les contradictions augmentent, être ministre du travail est compatible avec l’ancienne responsabilité de mettre au chômage des centaines de travailleurs, afin d’augmenter les profits de l’entreprise, mais aussi la valeur de l’action. Il s’agit tout simplement de « licenciement boursier ».

Le journal l’Humanité (27/07) affirme que

Selon les comptes officiels de Danone pour l’année 2013 que l’Humanité a consultés, Muriel Pénicaud a en effet perçu un gros paquet de stock-options pour ses états de service au comité exécutif du groupe alimentaire. Enregistrée par l’Autorité des marchés financiers à la date du 30 avril 2013, la transaction porte sur un lot de 55 120 actions acquises à une valeur de 34,85 euros l’unité, bien en dessous du cours de l’action ce jour-là, et revendues aussitôt pour l’essentiel (52 220 actions) à 58,41 euros l’unité, au cours du marché. Soit 1 920 932 euros à l’achat, et 3 049 966,54 euros à la revente. Bilan de l’opération : une plus-value immédiate de 1 129 034,54 euros, non comptées les 2 900 stock-options restant alors en sa possession.

Le journaliste Sébastien Crépel continue

Dans le cadre d’« économies de fonctionnement » de 200 millions d’euros décidées en 2012, la direction de Danone a, en effet, annoncé, le 19 février 2013, la « suppression d’environ 900 postes managériaux et administratifs répartis dans 26 pays européens ». […]

Quand il procède à cette restructuration, le groupe est pourtant loin d’être au bord de la faillite. Danone vient au contraire de battre le record de son chiffre d’affaires, passant pour la première fois en 2012 le cap des 20 milliards d’euros dans le monde, en hausse de 8 % en un an. Et les perspectives pour 2013 sont bonnes, avec une nouvelle progression escomptée d’au moins 5 %. […] L’Europe montre des signes de fléchissement, avec une baisse des ventes de 3 % et une marge de « seulement » 15,66 %, supérieure aux autres continents, mais en recul par rapport à 2011 (17,37 %).

Autrement dit, il s’agit d’un « licenciement boursier » afin d’augmenter les marges de l’entreprise sur le continent européen et pallier à une baisse des ventes de 3%. Dans le même temps, le groupe fait 20 Mds de chiffre d’affaires.

Dans le fond, une ministre censée défendre le droit des travailleurs, mais depuis des années ce ministère est devenu le « ministère du patronat et du chômage ».

Pour tenter d’étouffer le scandale, le porte-parole du gouvernement a déclaré qu’il y a

une polémique sur le moment où elle aurait vendu. Permettez-moi d’être un observateur attentif et vous dire que ce matin, le cours en Bourse de Danone était de 20% supérieur au moment où elle a vendu. Donc on pourrait se dire que finalement elle n’a pas fait une bonne affaire

Pour Christophe Castaner, la réalisation d’une « plus-value » supérieure à 1 millions d’euros reste une « mauvaise affaire ». Cela témoigne d’un décrochement entre le gouvernement et les travailleurs qui sont parfois à 5 euros près dans la gestion de leur foyer. Le populisme de la bourgeoisie témoigne aussi le mépris incroyable d’une bourgeoisie vis-à-vis des prolétaires, des travailleurs et des ouvriers (primaire, secondaire et tertiaire).

Dans ce cadre, le projet de loi d’habilitation de l’ordonnance concernant la « Loi Travail » visant à augmenter le « dialogue social », mais aussi à faciliter le licenciement des salariés montre qu’il s’agit d’un « monologue patronal » afin d’augmenter les marges des entreprises, la baisse des effectifs, mais surtout baisser les salaires.

Évidemment, la « paix sociale » que veut garder notre « Jupiter » national ne va durer longtemps, puisque le projet de « loi antierroriste » a pour vocation également d’éviter tout débordement dans les manifestations qui s’opposeront à cette régression d’un siècle. L’anticipation nous rappelle déjà l’odeur qui rôdera dans ces manifestations comme le souligne La chanson du CMDO :

Ils nous lancent comme grêle

Grenades et gaz chlorés

Et nous n’avons que des pelles

Et des pioches pour nous armer

Le « Monde libre » de Muriel Pénicaud n’est autre que celui d’une bourgeoisie rapace prête à tout pour s’enrichir quitte à détruire des familles entières. Le « Monde libre » des partisans de Macron n’existe pas. Le bruit des bottes raisonne pour « matter » les classes populaires afin qu’elles ne révoltent pas. Autant dire la fièvre autoritariste s’inscrit dans la logique des populistes comme Trump, Orban ou encore Andrzej Duda.

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