Macron à la Station F méprise les travailleurs

En inaugurant la Station F, le plus grand incubateur de start-up du monde, Macron faisait l’éloge de ces entreprises, dont la moitié est vouée à la faillite. Dans ce monde entrepreneurial, les railleries contre les travailleurs semblaient inévitables.

Il est fidèle à ses idées et met en avant une logique faisant de l’investissement une cause importante pour les entrepreneurs, mais aussi le principe du management à la « cool » et de la réussite des rares start-ups.

Dans une gare, on retrouve ceux qui voyagent en première classe, ceux qui prennent la seconde classe et ceux qui ne peuvent se permettre de prendre le train. Les plus pauvres se déplaceront en « car », symbole d’une troisième classe, mais aussi un projet d’Emmanuel Macron pour mettre en concurrence les cars et les TER, et faire fermer toutes les lignes qui ne sont pas rentables laissant moins de mobilité pour les travailleurs, un abandon progressif des campagnes au profit de la recherche des profits.

Les voyageurs subissent également la pression des « libéraux » et « conservateurs » pour privatiser les gares, afin de les réserver uniquement à ceux qui voyagent en première classe du fait de la hausse des tarifs. Cela va de paire avec une augmentation d’une nombre de retard, la baisse de l’entretien des lignes, et des trains. Dans ce cadre, il s’agit d’un retour avant 1936 avec la chute du modèle ferroviaire, et la fin d’un service public, donc un service privé.

Dans la gare, on retrouve les marchands de journaux. Ils se lèvent tôt le matin pour vous distribuer les informations aux passants qui filent vers leur destination ou leur travail. Bercé par les flots, ils sont présents été comme hiver, dans la fraîcheur du grand froid comme dans la chaleur des jours de canicule, il est debout et vend ses journaux. Ces salariés permettent de nombreuses entreprises de réaliser des profits. Pour nombre d’entre eux, ils possèdent des « contrats précaires ». Pourtant, s’il est l’unité la plus importante, de par son métier, il reste une personne considérée comme « rien », selon le président.

Le mot « rien » porte en lui une valeur « péjorative ». Affirmer que des personnes ne sont « rien » renvoie évidemment à une vision « négative » de ceux qui échouent. Opposer la réussite à l’échec soulève un problème majeur : l’échec fait parti de la réussite. De plus, cela relègue les travailleurs comme des personnes à leurs propres faillites. De ce fait, mettre en œuvre une politique en faveur de la réussite, tout en comprimant ceux qui échouent rappellent inlassablement les théories économiques de Malthus, et de l’épopée du libéralisme victorien. Ce mépris de classe passe de la théorie à une mise en application.

Pourtant, sur les réseaux sociaux, certains libéraux pestent contre l’opposition entre ceux qui échouent à savoir d’être des « travailleurs », et ceux qui réussissent à être un entrepreneur. Une ironie que certains députés de l’extrême-droite libérale restent favorables à toutes les politiques libérales, obscurantistes et patronales, pour ramener la France au XIXème siècle. Même si ces derniers se sont insurgés des propos d’Emmanuel Macron, ils méprisent tous les jours les travailleurs avec des projets de loi les atomisant sans cesse. Ils sont dans une ligne parfaitement « opportuniste » et assumée.

Warren Buffet déclarait dans une interview, le CNN « It’s class warfare, my class is winning, but they shouldn’t be » que l’on peut traduire « il y a une guerre de classe, ma classe est en train de gagner, mais elle ne devrait pas« . La « start-up nation » que souhaite mettre en avant le président de la République n’est pas fait pour ceux qui n’ont « rien » et ceux qui ne sont « rien ».

Continuant sur une logique opposant les « entrepreneurs » et les « salariés », les « patrons » aux « travailleurs », ceux qui « réussissent » à ceux qui « échouent ». Il s’agit d’un mépris de classe très important pour les « moins-que-rien » qui font les réussites.

Pour tenter de justifier et sortir de ce scandale, l’équipe de communication de Macron qui avait déjà justifier les propos de Gérard Collomb tente une référence à l’Internationale :

Cela démontre le nihilisme idéologique au sein de la LREM, mais aussi surtout son inculture, et tente de justifier ses propos contre les travailleurs sur l’Internationale. Une chanson qui fait référence à la commune de Paris, là où le Congrès de Versailles est l’œuvre des monarchistes et des responsables de la « semaine sanglante ».

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