Emmanuel Macron soutient la légitimité de Bachar Al-Assad en Syrie

Emmanuel Macron essaye de se montrer depuis son élection comme le représentant du « Monde Libre ». La liberté, les Syriens la cherchent désespérément depuis près de 6 ans de conflit et de guerre civile.

Dans une interview au journal Le Figaro (21/06/2017), Emmanuel Macron a déclaré que

Le vrai aggiornamento que j’ai fait sur ce sujet, c’est que je n’ai pas énoncé que la destitution de Bachar Al-Assad était un préalable à tout. Car personne ne m’a présenté son successeur légitime. Longtemps, nous avons été bloqués sur la personne de Bachar Al-Assad. Mais Bachar, ce n’est pas notre ennemi, c’est l’ennemi du peuple syrien.

Le conflit syrien pose une nécessité avant de débuter un dialogue pour arriver à une situation de stabilité et de paix relative : la destitution de Bachar Al-Assad, ainsi que son jugement pour l’ensemble de ses crimes, dont il est accusé par l’opposition. Ce « préalable » pour des discussions sérieuses porte sur le fait que la Syrie n’a jamais connu de démocratie, malgré le simulacre des différentes élections. La famille Assad tient la Syrie depuis près de 50 ans d’une main de plomb.

Aujourd’hui, la Syrie est divisée en quatre grandes zones : les forces loyalistes, l’opposition (elle est hétérogène et composite), le Rojava et Daesh. Autant dire qu’il s’agit d’un pays profondément divisé où la question de la chute du régime et celle de Daesh sont intiment liés.

La légitimité de l’opposition est remise en cause. De ce fait, le président de la République envoie un message très fort aux opposants du régime qui meurent sous les obus de Bachar Al-Assad, les balles des milices iraniennes, ou encore sous les enlèvements de la branche armée du Hezbollah libanais.

Le « va-t-en-guerre » de Bachar Al-Assad a aussi permis la progression très importante de Daesh en Syrie. Charles Beigbeder (proche de l’extrême-droite) titre son article dans Causeur : « Syrie : Macron a raison, notre ennemi c’est Daesh« . Il faut remettre les choses en place : défendre le régime syrien consiste à défendre Daesh. La RealPolitik n’est pas de défendre ceux qui ont permis la propagation de Daesh en Syrie. Ipso Facto, on peut dire que les proches d’Elisabeth Levy n’ont rien appris du Bataclan, puisqu’ils se rangent derrière les terroristes au nom de la lutte … contre le terrorisme. Le néoconservatisme ne doute de rien et reste une plaie ouverte promouvant les pires horreurs.

Le président de la République affirme que ce qui importe est « la stabilité de la Syrie car je ne veux pas d’un État failli ». Dans les faits, le régime de Damas porte en lui l’instabilité chronique, et celle d’un état en faillite total. De ce fait, entre « vouloir » et les « faits », il existe un espace important. Aujourd’hui, La Syrie est dans une situation de déséquilibre total. Le régime de Damas tient financièrement uniquement à travers l’aide financière et les crédits que Moscou et Téhéran lui octroient.

La chute d’Alep est devenue un « symbole » dans la « martyrologie », mais aussi dans la résistance face à l’obscurantisme de Damas. La ville est tenue par des « brigands », des « mercenaires » et des « terroristes » depuis la chute de l’opposition. Les Shabihahs nettoient la population : ils violent les femmes comme moyen de punition, procèdent à des arrestations et des exécutions arbitraires. La ville multi-millénaire s’était défaite de l’attaque de Daesh, mais elle a été massacrée par la barbarie et « l’obscurantiste » du Clan Assad et de ses alliés islamistes.

Le « Monde Libre » d’Emmanuel Macron se retrouve dès lors compatible avec les exécutions de masse de la prison de Saydnaya où près de 13 000 personnes ont été pendues. L’existence d’un « four crématoire » atteste de l’entreprise génocidaire du régime. Cela démontre la mise en place d’une méthodologie très sophistiquée pour « exterminer » les opposants au régime de Damas. Ces méthodes sont directement issues du régime « nazi ». Aloïs Brunner, ex-bras droit d’Adolf Eichmann, a fait partie du premier cercle du « clan Assad ». Ce dernier est l’un des théoriciens de la « solution finale ». Il s’agit d’un message très profond adressé aux démocrates et militants des « droits de l’homme » dans les pays abandonnés à l’autoritarisme et la sauvagerie.

La guerre civile syrienne a entraîné la mort de 300 000 à 400 000 personnes. Nous ne connaissons pas le chiffre, mais simplement l’estimation au sein de cette fourchette. Une vision terrifiante en soi règne sur la Syrie dans les décombres des immeubles, les cimetières à perte de vue ou les routes encombrées. Il aura fallu tous ces morts pour demander le départ du « boucher de Damas » et tenter d’imposer un « processus démocratique ».

Le « Monde Libre » tant vanté par Emmanuel Macron reste une illusion et une chimère. On peut résumer à la liberté des uns, la prison pour les autres, les exécutions de masse pour ceux qui sont encore en vie dans le cadre de la Syrie. Une dystopie commence à se mettre en forme alliant l’idée que l’autoritarisme, l’arbitraire et la répression s’inscrit dans le cadre des « libertés individuelles » et des « droits fondamentaux ». Tout cela apparaît comme l’un des plus grands reniements, mais aussi témoigne de la « faiblesse » du nouveau président en matière de politique étrangère et de ligne internationale. Les partisans de Macron affirment que « France Is Back » s’inspirant du slogan de Donald Trump « America Is Back ». Une dialectique très profonde qui permettra de faire comprendre la raison de l’invitation de Vladimir Poutine à … Versailles. La « Poutinophilie » macroniste s’inscrit également dans l’axe de François Fillon et Marine Le Pen. L’union des droites se renforce progressivement. Au moins, tous sont derrière Bachar Al-Assad.

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