L’Assemblée Nationale de Macron n’est pas représentative de la Société Civile

Les élections législatives ont donné la majorité absolue au parti politique d’Emmanuel Macron. Le système présidentialiste semble fonctionner à merveille. Le label « En Marche » a permis d’élire près de 306 députés.

Les résultats au niveau des sièges sont les suivants :

FI-PCF PS MODEM LREM UDI LR FN + Autres
Nombre de députés 27 29 42 306 17 113 9

Ces résultats cache une réalité issue du processus uninominal à deux tours. En effet, ces résultats auraient été particulièrement différents si la proportionnelle stricte avait été appliquée.

FI-PCF PS MODEM LREM UDI LR FN + Autres
Nombre de députés à la proportionnelle 79 42 23 162 19 90 76
Variation proportionnelle stricte et le résultats des législatives en nombre de députés -52 -13 +19 +144 -2 +23 -69

Les résultats en pourcentages sont les suivants :

FI-PCF PS MODEM LREM UDI LR FN + Autres
Pourcentages des exprimés au premier tour 13,74% 7,44% 4,11% 28,21% 3.3% 15,77% 13,2%
Pourcentages des exprimés au second tour 5,06% 5,68% 6,06% 43,06% 3,04% 22,23% 8,75%

On peut dire que le scrutin uninominal favorise trois partis politiques : le MODEM, la LREM et le LR, et défavorise la coalition FI-PCF, le PS, l’UDI et le FN. De ce fait, la LREM possède 53 % en nombre de députés alors qu’au premier tour ils ont fait 28,21 % et au second tour 43,06 %. En d’autre terme, cela favorise le parti qui a gagné l’élection présidentielle au détriment des autres partis politiques, mais aussi de la démocratie.

Ainsi, il est juste d’affirmer que lors d’un scrutin à la proportionnelle, le parti d’Emmanuel Macron aurait été minoritaire, et nécessiterait une coalition. Dans l’annotation d’un des articles, j’affirmais :

Les élections Législatives ont lieu un mois après les élections présidentielles. En théorie, le parti politique ayant eu la présidence de la République a de fait une majorité à l’Assemblée Nationale. Sauf qu’avec cinq partis ou formations politiques, il est fort probable qu’aucune majorité absolue sorte des urnes. En conséquence, des alliances politiques devront avoir lieu pour pouvoir former le futur gouvernement.

Le parti « Les Républicains » et « l’Union des Démocrates Indépendants » vont d’ailleurs former deux groupes à l’Assemblée Nationale. Ces deux groupes se divisent entre ceux qui veulent défendre une position constructive et ceux qui veulent être dans l’opposition. On retrouve également la même motivation chez Manuel Valls et d’autres candidats comme Myriam El-Khomri, même si elle a échoué, ils souhaitent faire partie de la majorité présidentielle. Ainsi, il existe une certaine convergence du « Parti Socialiste » au « Front National ».

 

Au total, ce sont deux ministres « LR » qui rejoignent le gouvernement. Plus largement, nous assistons à la mise en place d’une coalition qui va du « Parti Socialiste » jusqu’à l’aile-droite du parti « Les Républicains ».

Cela fait d’ailleurs écho à cela :

Si bien que s’il est président élu avec une majorité à l’Assemblée Nationale ou une coalition avec l’ « UDI » et le parti « Les Républicains », il faudra le renvoyer sur ce texte qui signifie un engagement solennelle avec ceux qu’ils l’auront élus.

Ce scrutin ne peut cacher la réalité du terrain qui se traduit par une lutte des classes sans précédent, en laissant les travailleurs et les pauvres de côté. N’est-ce pas une ironie si l’Assemblée Nationale compte aucun ouvrier, alors que ces derniers représentent près de 21,5 % selon l’INSEE. Un déséquilibre en faveur d’une Assemblée Nationale largement plus élitiste qu’en 2012.

Les premiers concernés par les ordonnances de Macron, de L’UDI et LR n’auront aucune voix à mettre en avant. Face à une Assemblée Nationale plus bourgeoise qu’en 2012. Le nombre de patrons, CSP+ et professions libérales à littéralement explosé, il est difficile de trouver de trouver une opposition au sein  du parlement. De ce fait, l’opposition se trouvera en dehors du Parlement à défaut d’y être représentée.

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