Le score de Macron cache l’abstentionnisme lors des élections législatives

Les éditorialistes, les journaux, les magazines mettent en avant le « succès » du parti politique « La République En Marche » lors du premier tour, mais en oublie fondamentalement que près de 51 % de personnes ont rejeté le scrutin.

Une abstention massive plane autour des élections pour les places du Palais Bourbon. La fracture entre une société bourgeoise et le monde du travail augmente de manière très intensive. Ce crescendo progressif (l’abstention ne cesse de progresser lors des dernières élections législatives) se traduit également par un rejet fondamental de la politique « politicienne », mais plus largement par le fait qu’il existe des circonscriptions, et non un scrutin à la proportionnelle stricte.

Dans un régime présidentialiste, l’élection législative pèse beaucoup moins que l’élection présidentielle. Le mode de scrutin et la forme du « régime » en sont pour beaucoup. Puisque l’élection apparaît comme un « référendum » pour ou contre le nouveau « président » de la République. La Monarchie reprend doucement de sa puissance, le nouveau monarque semble avoir le parti pour lui permettre de diriger le pays comme bon lui donne. Il s’agit également d’une marque de « vieux monde ». Il semble s’écrouler doucement et progressivement semant la panique au sein de cette « vieille bourgeoisie ». Elle s’accroche au reste des miettes que dispersent le capitalisme.

La « monarchie présidentialiste » est un résidu de la monarchie absolue de Louis XVI (et de ses aïeux). Il faut dire que l’un des « créateurs » de la Constitution de la Vème République était un fervent penseur de l’école de Charles Maurras. Charles de Gaulle pour éviter que le « vieux monde » s’écroule de manière brutale et violente a mis en place un régime où les pouvoirs du président sont décuplés, mais aussi à travers un « présidentiallisme » fort, faisant du « premier ministre » et du « président », une seule et même personne dans la pratique. L’idée d’un président, une majorité absolue favorable au président renvoie directement à l’idée qu’un parti unique devra diriger la « France » à chaque nouvelle élection. L’opposition n’a plus véritablement de puissance au sein du parlement ne servant pratiquement à rien, puisque les dés sont pipés d’avance.

Le « raz-de-marée Macron » perd effectivement de sa force, 30 % de 51 %, lui donne une légitimité d’à peine moins de 15 % des électeurs. De ce fait, Emmanuel Macron ne fait pas l’unanimité au sein de la population. Cela promet une véritable confrontation au sein de la population française concernant les ordonnances de pilonnage des droits des travailleurs pour mettre en place le « code du patronat » à la place du « code du travail ». Cette guerre dépasse largement le spectre de la « lutte » des classes.

Une vision qui contraste particulièrement les articles de la presse qui tendent à affirmer que la majorité absolue des « candidats » résultent d’une campagne poussive, alors que « La République En Marche » reste prise dans de nombreuses affaires politico-financières. Ces affaires semblaient être proches de celle de François Fillon durant la campagne présidentielle. La moralisation de la politique sous les couleurs « en marche » s’inscrit dans le cadre hypocrite de la politique.

Le système parlementaire pose question, quand un parti politique représente près de 30 % des électeurs, mais disposera d’environ de 75% des sièges à l’Assemblée Nationale. La proportionnelle reste une des bases de la démocratie « bourgeoise », mais permet chacun de se sentir représentées au sein du parlement. Dans le cadre actuelle, cela pousse de nombreuses personnes à ne pas se sentir représentées par les élus de l’Assemblée.

Face à cela, une voix prend sa puissance refusant le système politique traditionnel, mais aussi en quelque sorte le parlementarisme. Ironiquement, l’absence de suffrage met en évidence une voix largement oubliée : l’abstention. À la différence d’un vote qui ne compte pas vraiment, l’abstention est comptabilisée et chiffrée par le ministère de l’Intérieur.

Dans tous les cas de figure, il apparaît évident que la nouvelle législature qui débutera lundi sera prête pour sacrifier l’ensemble des travailleurs sur l’hôtel du patronat. La misère, la paupérisation, la hausse du chômage ne peuvent que déboucher face à cette politique obscurantiste, réactionnaire et passéiste. On peut dire que nous sommes à l’aube du retour au XIXème siècle. Néanmoins, il est fort probable que les macronistes s’allient avec les fillonistes. Ils l’ont déjà fait avec les homophobes au nom du progrès.

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