Le lacrymogène et le point de godwin

Des CRS en train de charger des journalistes lors de la manifestation du 1er Mai 2016 sous les lacrymogènes

Sur Révolution et Libertés, il est souvent question de « nuages de lacrymogène » sans arrière-pensée. Le Lacrymogène est un gaz utilisé dans le Maintien de l’Ordre et la répression de manière régulière.

L’article n’a pas pour vocation de défendre le leader de la « France Insoumise », mais de s’attaquer à décortiquer le fond d’une polémique stérile, dangereuse et surtout dont les conséquences sont particulièrement malsaines.

Dans une de ses conférences de presse, Jean-Luc Mélenchon a affirmé avoir dit

à Monsieur Cazeneuve, qui a beaucoup fait matraquer et gazer pendant la loi El Khomri, qui a inventé la nasse pour enfermer des manifestants et a déployé des consignes d’une brutalité inouïe, que ce sera le procès de ces mesures policières qui n’étaient pas bonnes. »

Le point de Godwin est utilisé par Frédéric Haziza dans l’un de ses tweets qui accuse Jean-Luc Mélenchon de vouloir volontairement souiller la mémoire des victimes de l’Holocauste.

De même son rival aux législatives, Patrick Menucci a affirmé ceci :

Pourtant, la sortie de point de Godwin témoigne une situation ubuesque et franchement pas drôle. Il s’agit d’une instrumentalisation sordide d’un génocide à propos de l’utilisation d’un verbe, en l’occurrence « gazer ». Ces méthodes sont sournoises et mettent en évidence une arrière-pensée plus ou moins dramatique des deux protagonistes. L’un est un journaliste reconnu et l’autre un homme politique. Au XXIème siècle comme à n’importe quelle époque, on peut dire que l’utilisation de la Shoah pour des finalités politiques ne peut plus être acceptée, surtout dans le cadre d’une montée très virulente de l’antisémitisme en France et en Europe. Il serait bon de cesser de mettre de l’huile sur le feu, puisque ce genre de polémique stérile ne fait qu’attiser la haine du « Juif » et débouche sur une propagation de l’antisémitisme inutile pour les faibles d’esprit.

De plus, l’Académie Française, très conservatrice qu’elle soit, définit le terme « gazer » comme : « Intoxiquer par un gaz asphyxiant« . En l’occurrence, le lacrymogène est la molécule « 2-chlorobenzylidène malonitrile », dont les effets l’irritation des yeux et des voies respiratoires. À aucun moment, il n’est absolument pas question de « Zyklon B ». La question fondamentale serait de savoir : qu’est-ce qui a poussé les deux hommes à de telle comparaison abjecte et sournoise ?

Pourquoi tenter de parler le « Point de Godwin » ? Ce dernier est utilisé lors d’un débat public ou privé par ceux qui n’ont plus d’arguments à mettre en évidence. De ce fait, il ne s’agit pas d’un dérapage public et politique, mais d’une faute politique portant sur des questions de fond. Frédéric Haziza devrait le savoir, il est animateur sur Radio J, il a fait plusieurs fois condamner Dieudonné justement pour des « injures », des « incitations à la haine », du « négationnisme ». Il connaît ce qui peut-être considéré comme de l’antisémitisme ou négationnisme, et ce qui ne l’est pas. De ce fait, je ne serais pas étonné que cela se termine au tribunal. Il est temps que dans un monde en pleine ébullition et de changement politique que chacun retrouve ses esprits et tente de retrouver la raison.

Pour ma part, je trouve que la polémique lancée par Frédéric Haziza est une insulte très claire aux victimes de la Shoah qui n’ont rien demandé à personne. Les victimes méritent qu’on les respecte, que l’on pense à eux, qu’on leur rende hommage de manière régulière.

Pour continuer, le lacrymogène est utilisé dans tous les pays que cela soit en France, et même au Vénézuela, ou dans les différents pays arabes comme au Yemen. Elle entre dans le cadre du maintien de l’ordre public et/ou politique, selon les régimes et les raisons des manifestations.

Concernant, la « Loi Travail », nous sommes en mesure de nous interroger si Frédéric Haziza a eu connaissance de ces manifestations de manière visuelle, ou encore à travers des articles de presse. Rappelons qu’il est journaliste. Il aurait dû constater que le terme « gazer » a été largement utilisé par ses confrères pour souligner le lacrymogène.

Dernièrement, Amnesty International – section France dans une de ses lettres ouvertes à Emmanuel Macron évoque ceci :

Des matraques, des balles en caoutchouc, des grenades de désencerclement et du gaz lacrymogène ont été utilisés contre des manifestants pacifiques qui ne semblaient pas menacer l’ordre public, faisant un grand nombre de blessés.

En effet, les nasses de cortège, les manifestations entièrement sous lacrymogène comme celle du 1er Mai 2016 (voir la photo ci-dessus) sont de la responsabilité du ministère de l’Intérieur, à savoir Bernard Cazeneuve. L’homme politique doit prendre son courage pour affronter la réalité : à savoir plus de 1000 à 2000 blessés rien qu’à Paris, puisque c’est cela le fond. Il s’agit de la sauvagerie policière.

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