L’alcool, cette drogue dure en libre-service

Karl Marx écrivait « la religion est l’opium du peuple« . Et si ce n’était finalement l’alcool, cette drogue dure est rentrée dans les mœurs de chaque pays, de chaque état, de chaque nation, de chaque commune, mais qui tue en masse.

Je ne veux pas faire de plaidoyer contre l’alcool, mais finalement contre toutes les drogues, puisqu’il appartient à chacun de choisir librement sa consommation, et en conséquence, sa propre dépendance. Dans cet article, il ne s’agit absolument pas de remettre en cause la vente ou non de l’alcool, il s’agit d’une liberté individuelle, mais simplement d’insister sur la question des moyens de prévention concernant « l’alcoolisme ».

Au XXIème siècle, on a réussi à venter les vertus d’une substance toxicologique qui pousse tous les jours de nombreuses personnes au suicide, à une mort certaine et graduelle. L’alcool a un effet euphorisant, mais aussi un effet à long terme dépressiogène. Il s’agit d’un cercle contradictoire et infernal. Boire pour mieux se sentir, mais au final, on tombe dans une dépression très rapidement. L’alcool est un faux-ami, l’alcool est un poison qui se dissémine lentement dans le corps.

Selon le DSM-IV (Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux), la « dépendance est un mode d’utilisation inapproprié d’une substance, entraînant une détresse ou un dysfonctionnement cliniquement significatif, comme en témoignent trois (ou plus) manifestations [selon une liste de sept items], survenant à n’importe quel moment sur la même période de douze mois ». Nous sommes évidemment dans le cadre d’une maladie psychosomatique (cela a des effets physiques sur l’organisme) ou juste psychique pour certain.

Des méthodes existent pour se sortir de cette dépendance, même si certaines sont manifestement critiquables. D’autres plus ou moins adaptés aux problèmes. Il est vrai que les milieux évangélistes américains ont mis en place des méthodes qui fonctionnent, mais s’adressent effectivement à ceux qui croient en un « Dieu » ou à une « Puissance supérieure », mais pas à ceux qui se sentent profondément athées, comme c’est mon cas.

L’alcool reste un problème majeur du fait de sa morbidité. Pour indication, le nombre de décès issus du tabac dépasse les 70 000 personnes. Autant dire que les chiffres entre le tabac peuvent paraître en un certain terme très proche. Plus de 40 000 personnes décèdent de pathologies liées à l’alcool. Est-ce raisonnable de continuer sur cette voie-là ?

La France est « le pays du vin », il en coule que les intérêts politico-économiques l’emportent sur la question de la prévention, mais aussi sur la question du rétablissement de chaque personne atteinte d’alcoolisme. Ne doutons pas que la dégustation d’un « Saint-Joseph » apparaît comme particulièrement important.

L’alcoolisme concerne tous les milieux, il faut sortir du cliché du « clochard » qui boit sa bouteille de vin sur le quai de la gare. L’alcoolisme ne connaît pas de différence sociale. La personne qui boit son verre de vin rouge, sa bière tous les soirs, ses liqueurs tous les week-end, ou même plusieurs fois par soir, si elle n’est pas capable de s’en passer, elle est dès lors un-e alcoolique. Il n’y a pas de honte à l’être. La question est de le reconnaître pour mieux traiter en amont comme en aval le problème, avant que celui-ci dégénère dans un alcoolisme morbide.

Il est vrai de dire que dans notre société « capitaliste », la question de l’ivresse intéresse beaucoup de jeunes voulant s’émanciper du carcan familial. Avec la question de la publicité, on peut dire que ça n’arrange vraiment rien. Cette ivresse a certes toujours existé depuis l’antiquité. Selon des recherches scientifiques, il apparaît que l’alcool a permis l’évolution de l’homme en développant des gènes spécifiques permettant à l’espèce humaine de mieux supporter l’alcool en comparaison aux autres animaux.

Le pire, ce n’est pas tellement les producteurs, mais ceux qui vendent leurs produits avec le marketing que l’on constate que dans les abribus, les quais des différents trains (RER, TER, Métro). Cette pollution apparaît comme particulièrement nocive. En effet, les annonciateurs ne prennent pas en compte les conséquences de leurs annonces sur des milliers de gens. La théorie de Malthus admet de faire décéder les plus faibles. En autre, l’industrie de l’alcool n’en a que faire des conséquences, puisque ceux qui développent des pathologies, dont certaines sont incurables ne sont que des résultantes indirectes, mais aussi une certaine forme d’élimination sélective de certains être humains. Seul les plus résistants restent en vie.

De ce fait, la prévention apparaît particulièrement faible. Ce n’est pas les quelques phrases sur les panneaux publicitaires qui vont changer la donne. L’idéal serait de supprimer la publicité comme sur la toile également comme il a été fait avec le tabac.

L’alcoolisme est une maladie (comme je l’ai cité ci-dessus), comme n’importe quelle dépendance à une autre substance que cela soit de la cocaïne, les opiacés, les psychotropes, et bien d’autres. À l’instar des autres maladies, il existe des traitements pour nous guérir, pas en ce qu’il concerne les dépendances. On aimerait dynamiter ces personnes, mais ce n’est pas possible. On ne peut ressentir de la colère, et elle apparaît totalement légitime.

Le gouvernement Philippe I ne fera strictement rien. C’est bien dommage, car au fond, ce sont les mêmes qui triment. L’alcool est une drogue dure en libre-service. Les conservateurs souhaitent revenir sur certaines publicités pour mieux nous assassiner.

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