Macron tend la main à la droite dure

Macron a beau se réclamer du slogan nationaliste « ni de droite, ni gauche » ou qu’il faut passer au-dessus des vieilles divisions pour la France, puisque ces dernières seraient obsolètes.

Edouard Philippe apparaît comme la relève au sein de l’état-major macroniste. Il s’inscrit pleinement dans la poursuite d’une carrière politicienne. Le renouvellement tant voulu restera lettre morte. Une promesse de plus qui ne sera pas tenue, qui pose la question éthique du programme d’Emmanuel Macron. Il ne s’agit pas du flou de son programme, mais de son attitude vis-à-vis de ses électeurs, à savoir près de 24% des suffrages exprimés. La main tendue vers un ancien député « LR » ayant voté pour François Fillon au premier tour ne semble pas le choquer. L’alliance idéologique entre François Fillon et Emmanuel Macron n’est certes pas d’aujourd’hui, mais force est de constater qu’il existe une vase communiquant entre les deux partis politiques que cela soit au niveau des représentants ou des électeurs.

Cela n’est pas une surprise, mais s’inscrit dans la continuité du projet idéologique et philosophique d’Emmanuel Macron : plus de liberté pour les exploitants, moins de droits pour les exploités. Cette conséquence s’inscrit pleinement dans la lutte des classes du point de vue de la bourgeoisie. Ainsi, en tentant de brouiller les lignes à travers le slogan traditionnel « ni de droite, ni de gauche », il confirme son positionnement clairement à droite, mais aussi de l’influence de l’extrême-droite. De ce fait, le mouvement « La République En Marche » ne peut que déboucher sur le « patriotisme » libéral ou le « nationalisme libéral ». Dans les deux cas, il s’agit pleinement de l’influence de l’extrême-droite dans le fond du projet d’Emmanuel Macron. Cela ne peut que déboucher sur « le fascisme du XXIème siècle ».

Le mouvement d’Emmanuel Macron se nomme depuis le premier tour : « La République En Marche » (LREM). Le nouveau président et ses proches agitent régulièrement « le drapeau du populisme » en majorant le résultant sur la thèse que « les élus politiques sont tous pourris » et que « la droite et la gauche appartiennent au passé ». Ces deux positions démontrent pleinement le populisme de la bourgeoisie pour tenter de mettre en avant un renouvellement de l’appareil politique, tout en continuant les idées les plus rances.

La base électorale d’Emmanuel Macron refuse le concept même de la trahison souhaitant une synthèse entre les deux courants politiques. L’eau ne se mélangeant pas avec l’huile, cette synthèse ne peut que basculer vers un côté. La balance penche clairement vers la droite dure et homophobe [1]. De nombreux élus d’extrême-droite libérale du parti « Les Républicains » appellent à répondre favorablement à « la main tendue » d’Emmanuel Macron. Le vent commence à tourner progressivement dans le camp des libéraux. De ce fait, LREM semble doucement aller vers une coalition avec LR, mais aussi le MODEM. On peut dire que le « Front Républicain » contre l’extrême-droite entre les deux tours est tombé très rapidement avec les discussions avec l’extrême-droite libérale.

Dans la nomination du gouvernement, nous avons François Bayrou comme Garde des Sceaux, le maire de Lyon, Gérard Collomb prend le ministère de l’intérieur (pour mieux protéger les fascistes comme dans sa ville). On trouve aussi Bruno Le Maire en tant que ministre de l’Économie, et même Jean-Yves Le Drian au Ministère de l’Europe et des Affaires étrangères. Gérald Darmanin, est devenu ministre de l’Action et des Comptes publics. Il était député du Nord et maire de Tourcoing. Au total, ce sont deux ministres « LR » qui rejoignent le gouvernement. Plus largement, nous assistons à la mise en place d’une coalition qui va du « Parti Socialiste » jusqu’à l’aile-droite du parti « Les Républicains ».

Emmanuel Macron et son premier ministre ont tout de même réalisé des prouesses en matière de lutte contre de l’homophobie, en nommant des ministres homophobes, durant la journée de lutte contre l’homophobie. Un message clair est adressé à la communauté « LGBTi » : « l’Homophobie est le progrès ». Attention, il n’est pas dit que les droits qui ont été arrachés ne soient pas remis en cause par ces personnes à travers des projets ou propositions de Lois.

On notera également la présence de Nicolas Hulot à l’écologie. Cela ne semble pas vraiment le choquer sur le fait qu’il devra batailler pour mettre en place l’aéroport de « Notre-Dame-des-Landes » au nom du « béton écologique ». Ce « Greenwashing » ne peut que déboucher sur un refus de mettre en place la transition écologique au profit d’intérêt plus profond comme celui du nucléaire avec le « premier ministre ».

Les trois ministres « LR » ont été exclus manu militari par Bernard Accoyer.

Ainsi, la bourgeoisie se satisfait pleinement de cette dialectique affirmant que l’intérêt de la nation est supérieur à celle des partis politiques. Cette position permet de conclure que la politique « bourgeoise » doit faire converger l’ensemble des bourgeoisies. Le projet d’Emmanuel Macron se résume à une synthèse politique que propose le patronat depuis 70 ans, avec une attaque particulièrement dure contre les travailleurs. Bien évidemment les slogans d’approche patriotique débouchent sur le fait que le patronat est en osmose avec Emmanuel Macron. Sur la chaîne CNews, Pierre Gattaz a expliqué que « pour l’instant nous sommes sur un nuage, pour l’instant Emmanuel Macron fait un sans faute« . Le nuage peut se percer très vite. Cela résume parfaitement la pensée que Pierre Gattaz souhaite mettre en dynamique pour la start-up du nouveau président de la République. Ces dernières ne durent jamais plus de deux ans. L’échec est au bout du rêve idéal du patronat. La lutte des classes va reprendre.


[1] Le nouveau premier ministre s’est abstenu pendant le vote sur la loi sur le Mariage pour Tous.

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