La lutte des classes et la passation de pouvoir

Emmanuel Macron a été élu à la présidence de la République, avec une majorité confortable (loin d’être large). La lutte des classes n’a pas connu de trêve politique, et n’a pu se mettre en sourdine.

GM&S Industry est une entreprise sous-traitante de PSA et Renault, et se situe actuellement en redressement judiciaire. Elle fabrique des pièces dans le cadre d’un marché économique particulièrement dynamique. Depuis près de six mois, les travailleurs de l’entreprise sont « baladés » à droite et à gauche, sans trouver une issue claire à ce conflit. La reconversion de l’entreprise dans un autre domaine semble être la solution la plus logique et la plus sérieuse. Dans le cadre d’une exaspération plus ou moins totale, Yannick Augras, sécrétaire CGT du Comité d’Entreprise a affirmé à la presse que « je peux vous confirmer que le site est entièrement piégé« . On peut voir des bombonnes de gaz (méthane ou propane) accrochés à des cuves remplis d’Oxygène liquide, le tout sûrement accroché à des détonateurs. Le résultat peut produit une véritable explosion. Dans le même temps, certaines machine-outil onts commencé à être détruites. Cela provoque évidemment la stupeur dans le monde bourgeois. Les réactions que l’on peut lire dans les articles du Figaro, du Monde, ou autre tendent à criminaliser les travailleurs et les syndicalistes, pour mieux défendre le patronat, en l’occurrence le choix des directions de PSA et Renault. Sans un recul important, les conservateurs s’engouffrent dans un trou pour tenter de lyncher ceux qui défendent leur droit, mais aussi ne questionnent pas l’idée de détruire le moyen de production. En effet, ceux qu’ils ne comprennent pas et ne comprendront jamais, pour le prolétaire, le moyen de production apparaît comme quelque chose de sacré. Le détruire donne un signal très fort. La situation a également commencé depuis près de six mois.

Chez Révolution et Libertés, l’objectif est d’abolir le travail, et d’en finir avec l’exploitation entre exploités/exploitants.

Au moment où se fait la passation de pouvoir, entre une bourgeoisie à une autre, entre François Hollande et Emmanuel Macron, entre le Parti Socialiste et la « République En Marche », la situation ne changera pas vraiment. La lutte des classes étant un processus historique, rien ne changera pour le nouveau président s’inscrivant dans la ligne de 1983 tout parti confondu à savoir l’austérité et le libéralisme. Dans ce cadre rigide, les entreprises seront incitées à broyer leurs travailleurs de manière plus méticuleuse avec de nombreuses lois, mais surtout selon les dogmes et les doctrines de la « liberté d’entreprendre », la « propriété privée », la « libre-circulation des biens » (pas des personnes), ou encore que le « travailleur est un coût pour l’entreprise », etc.

Les salariés de GM&S Industry n’ont rien à attendre du nouveau président et de son futur gouvernement. Puisque ce dernier ne défendra en rien les travailleurs, mais bien la liquidation pure et simple de l’entreprise. Les conséquences concernent près de 270 personnes, mais plus largement en ricoché, plusieurs centaines de personnes qui perdront leurs emplois, avec la fermeture de nombreuses entreprises liées, ou perte d’emplois. En d’autres termes, il s’agit avant tout de poursuivre la politique qui a mené à autant de chômage. L’inversion de la courbe du chômage ne semble pas être une priorité, puisque la priorité de la bourgeoisie reste la défense de ses propres intérêts.

Les bourgeois passent, la lutte des classes se poursuit. Dans son investiture, Macron a eu une phrase importante pendant son investiture : « je ne céderai sur rien dans les engagements pris devant les Français ». Autrement dit, le « jusqu’auboutisme » sera appliqué pour défendre le contrat avec la « Nation », avec évidemment le « bruit des bottes », les « militaires dans les rues », les « blindés contre les opposants », etc. Les mesures liberticides, et le fameux blitzkrieg de Fillon seront mis en place. Les travailleurs seront cloués sur la « croix ».

Macron devra comprendre que les travailleurs au fur et à mesure que la crise économique progresse n’ont rien à perdre, la « guerre de classe » s’inscrit dès lors dans une ligne empirique, et ne connaît aucune trêve. Le nouveau « représentant » de la bourgeoisie devra faire face à des travailleurs plus déterminés que jamais. Le symbole de la lutte des salariés de GM&S Industry s’inscrit comme un signal fort pour le nouveau pouvoir à venir.

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