Le fascisme progresse après l’élection d’Emmanuel Macron

Pierre Le Bec – Révolution Et Libertés ©

L’élection d’Emmanuel Macron n’aura rien changé à la donne, l’aspect liberticide de son programme se fait clairement dans les rues à travers la montée en puissance du fascisme au sein des Forces de l’ordre.

La nuit de l’élection présidentielle qui a porté Emmanuel Macron au pouvoir a largement été saluée par la presse, mais elle a aussi accru d’un cran supplémentaire « l’espace de non-droit » dont disposent les Forces de l’ordre. Dans le fond, on constate que les dix à onze millions d’électeurs en faveur du programme de Marine Le Pen ont largement redoré le blason des punitions extra-légales, et des châtiments corporels. L’ancien ordre semble être le dernier recoin de secours pour les partisans d’un fascisme d’un nouveau genre.

L’ère « post-fascisme » que les castors pensaient avoir rejetée en votant Emmanuel Macron semble être cloué au pilori, le soir même. À l’instar de ce que pouvait écrire Riss dans son édito de Charlie Hebdo (03/05/2017) qu’une « partie de la Gauche avoue ainsi qu’elle n’est pas autant attachée à la lutte contre le racisme et la xénophobie qu’elle prétendait« . Riss ne comprendra jamais que la lutte contre le racisme et la xénophobie est structurelle, et non-électorale. D’ailleurs, nous avons eu des gouvernements xénophobes sous la présidence de Hollande sans que cela ne le choque pas. Cette s’inscrit également dans la déresponsabilisation totale de ceux qui votent « Front National ». La question de l’élection ou non de Marine Le Pen fait que la dynastie « Le Pen » possède un atout considérable, ce dernier est de taille : un policier comme un gendarme sur deux vote pour le Front National. De ce fait, le vote pour ou contre Emmanuel Macron ne changera point le fait, que les forces de l’ordre interagissent avec la population comme une vaste milice ne défendant non pas les intérêts de la « Nation », mais bien ceux du fascisme. Les forces de l’ordre sont avant tout l’avant-garde du fascisme. Nul ne peut combattre le fascisme par les urnes, s’il ne combat les milices fascistes dans les rues, alors le fascisme s’enracinera progressivement dans le corps urbain, tout comme rural. Nous en sommes à ce stade, où le soir des élections, de nombreux électeurs pensaient que le moment de répit est terminé, alors qu’il n’est qu’en veille. L’enracinement durable de l’extrême-droite progresse de jour en jour par la reprise de différents journaux, différents partis de la base rhétorique de cette dernière.

La répression dans les quartiers populaires après les acclamations d’Emmanuel Macron n’a pas tardé. Certains groupes politiques se situant au-dessus de l’élection présidentielle sont descendus dans la rue pour revendiquer leurs positions radicales. Rien d’extraordinaire jusqu’ici, c’est le cas à chaque soirée des élections présidentielles. Mais, la montée en puissance de Marine Le Pen pousse ses milices à passer directement à l’attaque. De ce fait, les forces du fascisme ont tenté d’ouvrir, de saccager, d’arrêter tous les militants du bar antifasciste « le Saint-Sauveur ». Nul ne pourra dire qu’au vu des différents témoignages le soir de l’élection que le fascisme n’est plus d’actualité. Les méthodes de répression s’inscrivent pleinement dans cet arbitraire où règne la volonté d’atomiser toute critique radicale du capitalisme, et en ricoché celle du fascisme. On n’entend plus Riss s’indigner de ces évènements, et on comprend pourquoi.

Sous l’égide du ministère de l’Intérieur, le seul objectif est de faire régner la terreur capitaliste, l’arbitraire bourgeois, et en fin incorporer doucement et durablement l’idéologie fasciste dans le paysage français. Le fascisme du XXIème siècle ne peut-être comparer à ceux du XXème siècle, il s’agit d’un fascisme d’un nouveau genre.

La manifestation du « troisième tour social » ou du « front social » se déroulant le jour d’après les élections ne peut qu’interroger sur la nature même de la répression qui attend les travailleurs dans son ensemble pour les cinq années à venir. Si quelques pétards explosent en manifestation, la répression des forces de l’ordre concernant le cortège de tête est surdimensionnée. Les espérances fascistes des forces de l’ordre ont été galvanisées par le vote du second tour. De nombreux flashballs ont laissé place à des mitraillettes. Les forces de l’ordre expliquent que certains manifestants « veulent les tuer », alors il se protège plaçant les manifestants dans l’espace du « terrorisme ». Cette criminalisation des luttes s’inscrit pleinement dans l’idée même de défense du capitalisme par sa propre garde. D’ailleurs, dans cette manifestation de nombreux journalistes ont été volontairement attaqués par les forces de l’ordre. L’esprit dit « Charlie » appartient au passé. Vouloir saboter le matériel des journalistes indépendant s’inscrit pleinement dans la volonté du pouvoir de vouloir museler l’information et la presse.

La graduation perpétuelle fait que durant les mouvements que créeront la « Loi Macron III », certains manifestants pourraient y laisser la vie. Il faut conclure que le capitalisme est désormais armé jusqu’aux dents et prêt à tuer des manifestants, mais aussi des journalistes qui filment les révoltes pour se protéger. Pas d’images, pas de traces, comme on dirait dire. La sensation du journalisme de guerre n’est pas si loin, dans certaines manifestations. Les coups de matraque ne se font plus en réponse de riposte physique, mais uniquement face à des slogans. La liberté d’expression tant chérie est partie aux oubliettes. Une violence sans cesse empirique que nul ne semble être en mesure d’arrêter, mais que les fascistes semblent se satisfaire dedans.

La lutte des classes s’intensifie de jour en jour. Il faut dire que le programme sécuritaire d’Emmanuel Macron laisse vraiment à désirer, mais s’inscrit pleinement dans « le bruit des bottes », et « les frappes de la matraque contre les boucliers » que l’on a pu constater lundi dans les rues de Paris.

On concèdera qu’Emmanuel Macron n’a toujours pas pris son poste à la présidence de la République, qu’en conséquence, ses méthodes ne peuvent lui être attribué, mais ce sont les résidus des méthodes issu de la présidence de François Hollande pour réprimer qui sont en jeu. Matthias Fekl reproduit les schémas de ses prédécesseurs (Bruno Leroux et Manuel Valls) en attendant la passation du pouvoir au nouveau président, ainsi que sa nouvelle équipe ministérielle. Pendant ce temps-là, le mouvement de classe se prépare doucement à une violente attaque d’une ampleur jamais inégalée.

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