Le 1er Mai, la bourgeoisie a choisi le camp du Fascisme

Pierre Le Bec – Révolution Et Libertés ©

La journée internationale des droits des travailleurs est née dans le sang que cela soit sous les balles des forces de l’ordre ou sous les pendaisons arbitraires de la justice bourgeoise. À l’heure de la montée de l’extrême-droite, la bourgeoisie a clairement choisi son camp.

Des manifestations graduellement plus violentes

Des manifestations violentes, il en existe régulièrement. Pourtant, nous assistons ces derniers temps à une augmentation graduelle de la violence.

La bourgeoisie concèdera comme ses alliés social-démocrates que le problème vient d’une « minorité d’individus radicalisé » en marge des manifestations. On ne pourra pas définir ce que signifie « en marge », puisque le « cortège de tête » fait partie du cœur de la manifestation. Cela permet de diviser les prolétaires entre eux. Désolidariser « le cortège de tête » comme le fait le SO de la CGT, les CRS et les sociaux-démocrates revient à reprendre la propagande du patronat, ainsi que sa stratégie de division vis-à-vis de ceux qui luttent contre le capitalisme. Le front offensif fait trembler l’ordre ancien. Leurs actions déstabilisent les différents candidats à la présidence de la République qui souhaitent dissoudre tous ces groupuscules, sauf le Front National, et les différents groupuscules d’extrême-droite.

Alors que le fascisme progresse de manière intensive ces dernières années, le ministère de l’intérieur a pris des mesures pour combattre grenade à la main ceux qui combattent le fascisme. Dès lors, la Préfecture et le gouvernement ont choisi leur camp, celui du fascisme et de l’extrême-droite.

Si certains de mes camarades ont pu penser que la manifestation où a eu lieu le guet-apens de Necker organisé par les « poulets » était violente. Sur le moment, ils avaient raison. Mais, face à une répression empirique, le « dépassement de l’émeute » permet d’affirmer que la manifestation en question n’était pas si violente que ça. Il s’agissait simplement d’une préparation, voir d’une répétition pour les manifestations à venir. Les temps seront durs, le capitalisme n’a pas de pitié contre les antifascistes. Bientôt les douilles tomberont sur le sol, les balles perforeront la chaire, les morts traineront sur les boulevards ou les avenues. Il faut bien que la « riposte capitaliste » du patronat réprime le grand mouvement contre son autorité.

La République Française peut se transformer sous sa devise « Liberté, Égalité, Fraternité » en une doctrine fascisante. Le fascisme républicain peut-être un oxymore, mais pourtant on s’y rapproche doucement. Il faut dire que l’État d’Urgence suivi de la Loi Travail participe à ce processus. Le gouvernement dit « socialiste » a renforcé l’autorité de l’état pour réprimer les mouvements sociaux, tout en appliquant des lois liberticides à travers l’article 49-3 ou par ordonnance. Cela a créé une réponse adaptée face à la virulence capitaliste.

Réprimer toujours plus fort les prolétaires

Le 1er mai 2017 restera dans les annales de la répression et de la sauvagerie des forces de l’ordre. L’année dernière, des lignes et des papiers avaient été écrits dans la presse non pas sur la répression, mais sur la dangerosité des Black Blocs, et de la nécessité d’une répression toujours plus accrue contre le mouvement social. Le progrès chez la bourgeoisie se traduit par l’atomisation du mouvement ouvrier, ainsi que l’autoritarisme sous une forme sanguinaire et morbide.

Cette année, l’ensemble des armes utilisées par les Forces de l’Ordre n’était pas fait pour maintenir l’Ordre Public, mais pour faire avancer la manifestation. Ce changement de stratégie s’inscrit parfaitement dans la volonté d’aller plus loin dans la « répression ». Il s’agit pour les forces de l’ordre de soumettre le « Black Bloc », peu importe le prix à payer.

Pris dans une tenaille, lorsqu’on agite la bouteille de champagne, ça explose. Les forces de l’ordre voulaient se faire du prolétaire, tabasser les journalistes, défendre le fascisme (1 flic sur deux votent Front National). Ils ont pu faire les trois à la fois et en même temps.

On remarquera les mensonges nauséabonds de l’UNSA-Police : « On a des lanceurs de balle de défense de 40 mm qu’on nous a interdit d’utiliser« , avant qu’il rajoute « nous, on aurait été bien contents de les avoir. Les collègues sont très en colère là-dessus » dans l’article « l’un des CRS blessés le 1er mai dénonce les « tueurs de flics » » sur BFM TV. Dans sa rigueur comme le partisanisme de la chaîne capitaliste pour le fascisme, aucune contradiction n’est pas mise dans l’article. L’UNSA est un syndicat proche de l’extrême-droite et du milieu « jaune », alors il est évident qu’un « ictère » se pose comme les garants d’une victimisation des forces de l’ordre sur fond de fausse-information (on appelle cela des « fake news »).

On pourra se poser également la question sur l’origine de la violence. La réponse est simple. Il s’agit d’une « stratégie de la tension » organisée par la Préfecture de Police supervisé directement depuis le ministère de l’intérieur. Les Nasses, les séparations de manifestation en plusieurs blocs constituent la matérialisation de la part des capitalistes de vouloir diviser les travailleurs entre eux. Les premiers jets de bouteilles ou d’objets divers visent à rompre la nasse. Ainsi, la stratégie de la Préfecture de Police porte les responsabilités de la violence de la manifestation. Quand l’huile est chauffée à haute température, elle s’enflamme, pareil pour une nasse.

Il ne s’agissait absolument pas de contenir ou de disperser les manifestants, mais de les forcer à avancer vers Bastille, puis ensuite vers Nation. L’arrivée sur la place de la Bastille aura permis à chacun de reprendre ses esprits. Mais, cela a été de courte durée, puisque le « cortège de tête » a été violemment chassé de la place sous des tirs tendus. Cette chasse a abouti à la nasse au niveau du viaduc des arts. Cela démontre très bien cette volonté de d’en découdre et de punir par la torture. Les mouvements de foule le long du mur et des arcades sous les coups de tonfa, les grenades de désencerclement, comme le gazage à bout portant ne peut qu’aboutir à des dégâts importants sur le corps humain. Ce n’est pas pour rien que de nombreuses ambulances et camions de pompier ont dû être appelés pour prendre en charge les victimes.

Balancer des grenades de désencerclement dans une zone où les personnes ne peuvent fuir constitue une volonté de créer des dommages physiques et non-collatéraux. Ces types de pratiques sont directement inspirés du moyen-âge et s’inscrivent dans la question de la torture. La barbarie des forces de l’ordre n’a d’égale que l’imagination des capitalistes. Les flaques de sang correspondent aux conséquences que les prolétaires subissent de la part de ses derniers. Sous le son du « bruit des bottes », c’était ce que j’expliquais dans l’article du 29 avril dernier dans un de mes articles : le capitalisme en se radicalisant a toujours besoin de mater toujours plus fort l’opposition en la purgeant jusque dans le sang. Les mutilations physiques deviennent une sorte de routine habituelle. Ce sont les punitions « extra-judiciaires ». La « démocratie » libérale a besoin de se défendre d’elle-même face à la menace « anticapitaliste » et « antifasciste » pour mieux imposer le fascisme à sa propre sauce.

On dit qu’il n’y a pas de fumée sans feu. Les Black Blocs ne sont pas nés d’hier. Près de trente ans d’offensive capitaliste permettent de mettre en avant la construction d’un bloc radical homogène anticapitaliste. Au-delà de cela, il s’agit plus d’une méthode qu’autre chose.

Le Black Bloc s’est adapté à la transformation progressive des techniques de répression, dont la France est particulièrement bien classée au niveau mondial. Dans ce cadre, les cocktails Molotov ont laissé place à des cocktails d’acide permettant de créer un sentiment de peur chez les forces de l’ordre. En effet, ce ne sont plus des bouteilles de verre qui explosent, mais de simple bouteille en plastique qui sont lancés comme de nombreux projectiles. Il est nécessaire d’affirmer que brûler « vif », comme mourir « noyer » sont des peurs primaires voir ancestrales. De ce fait, les cocktails chimiques créent la terreur au sein de l’ordre. Cela peut vite les faire reculer, tout comme mettre en doute leur virilité. Les actions radicales s’adaptent progressivement face à la radicalité du capitalisme.

Quand le Cocktail touche sa cible, le poulet commence à rôtir. Le corps est pris dans l’explosion, les flammes lèchent la combinaison pendant quelques secondes, elle est ininflammable, mais subit les flammes, puis elles commencent à brûler la chaire. Le Force de l’ordre est pris d’une douleur insurmontable ou d’une certaine panique avec des mouvements anomiques allant dans tous les sens. Certains d’entre eux se roulent par terre. À ce jour, aucun CRS n’est décédé d’un Cocktail Molotov ou Chimique.

Pendant ce temps-là, des images sont prises par des journalistes. Certaines sont spectaculaires. Ces clichés sont diffusés dans les journaux, sur différents médias, ainsi que sur les réseaux sociaux. L’intérêt de la société du spectacle s’articule sur le focus qu’elle choisit. Le spectaculaire permet aux réactionnaires et défenseurs de la bourgeoisie de déplacer le focus sur la dureté du travail des forces de l’ordre. Ainsi, on a vu des journalistes du journal Le Figaro défendre Marine Le Pen en affirmant que le fascisme était moins dangereux que l’antifascisme. Jean-Christophe Buisson, Directeur adjoint du Figaro Magazine affirme dans son Tweet du 1er Mai : « Pas sûr que pour ce #CRS en feu, ce soit le #FN qui soit le danger aujourd’hui ».

Dans l’inconscience bourgeoise, les forces de l’ordre sont la matérialisation du capitalisme. Toucher aux forces de l’ordre se résume par toucher au capitalisme, et donc ne peut que créer un trouble à l’ordre public et politique. Les populistes et les poujadistes hurlent au laxisme pour mieux atomiser le prolétariat et les classes populaires. Ainsi, quelques policiers blessés portent plus de poids que les 124 blessé-e-s compté-e-s par la « Street Medic Paris » (ce sont des chiffres minimales). La Préfecture de Police compte « 2 blessé-e-s ».

La voix de la bourgeoisie protège ses défenseurs d’une manière jusqu’auboutiste. Le travailleur peut tomber sous les grenades de désencerclement, voir sous le flash-ball, ou encore étouffer dans le lacrymogène, sa vie aura toujours moins de valeur que celle d’un flic.

À un moment donné, il faudra faire un choix précis entre « l’anticapitalisme ou la barbarie » pour plagier le chapitre de Rosa Luxembourg « Socialisme ou Barbarie ». Le capitalisme augmente sa pression constante, son envie de meurtre quotidien, protégé par les hordes de bourgeois sanguinaires. Les petits soldats se retrouvent sur le « front » opposant les travailleurs. Les « émeutes gigantesques » sèment le trouble.

Les journalistes sont un gibier comme un autre pour les forces de l’ordre !

À l’heure où des journalistes sont visés, matraqués, gazés, on peut dire qu’elle est loin cette France « Post-Charlie Hebdo » qui manifestait dans les rues de Paris, mais aussi de la France pour défendre la simple « liberté d’expression », mais aussi celle « des journalistes ». De nos jours, le combat pour la liberté de la presse s’inscrit également dans le cadre de lutte contre l’autoritarisme et le processus fasciste en cours.

Il apparaît très clairement que le slogan « Je Suis Charlie » a été vite mis à la poubelle par la quasi-totalité des personnes. Les raisons peuvent être multiples. La tension est retombée très vite. Entre temps, l’état d’urgence a été instauré.

Quand les journalistes sont aux forces de l’ordre, ce que le gibier est aux chasseurs, alors on peut clairement conclure que finalement la barbarie l’emporte progressivement.

La liberté d’informer objectivement, tout comme subjectivement devient un danger profond pour l’ordre établi, alors on peut clairement dire que finalement, un des contre-pouvoirs de la démocratie se meurent doucement. Il faut préciser que le scepticisme vis-à-vis des journalistes progresse ces derniers mois n’allant pas dans l’intérêt de la démocratie.

Il y a une Daeshisation très forte au sein des forces de l’ordre. Il faut dire que plus d’un policier sur deux vote pour l’extrême-droite. De ce fait, ils votent Front National et sont adeptes du « Daesho-Lepénisme« . Ce fantasme pour les méthodes de Daesh constitue une alliance claire et nette avec le djihadisme.

Aujourd’hui, ce sont tous les journalistes qui prennent des photographies sont menacés physiquement, voir de mort. Dans ce cadre, on comprend très bien que la grande manifestation qui a rassemblé près de quatre millions de personnes n’étaient qu’un leurre, une forme de réaction. La quasi-totalité de ces personnes souhaite en découdre avec la presse qu’il considère comme des ennemis.

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